Salut et respect.»

[Note 21: Setti-Nefi, dont il est ici question, longtemps

célèbre dans l'Orient par les charmes de sa beauté, est la

veuve d'Aly, et aujourd'hui de Mourat-bey: constamment chérie,

honorée, et consultée par ses deux illustres époux, c'est elle

qui leur inspira la justice, la libéralité, la clémence, qui

les distinguèrent de la foule des barbares, et placeront leurs

noms parmi ceux de grands hommes. (_Note ajoutée_.)]

Rapport adressé à la commission extraordinaire de salubrité publique (nº

617 de ma correspondance).

Au quartier-général du Kaire, le 16 pluviôse an IX.

«Nous nous sommes transportés ce matin au village de Tanby,

conformément à la délibération prise hier par la commission.

La mortalité ne correspond point, d'après les déclarations des

cheikhs, à ce qui avait été annoncé.

Les deux malades, au sujet desquels il a été fait un rapport, ont

effectivement des signes non équivoques de fièvre contagieuse;

ils sont isolés: nous leur avons conseillé des remèdes; l'un des

deux est très affaissé, et je crains que ces soins ne lui soient

inutiles. On sera informé de l'issue de la maladie et de sa

propagation si elle avait malheureusement lieu.

Les chefs du village ont promis de le tenir en réserve, et ils

ont paru sentir que leur intérêt particulier se confondait dans

cette circonstance avec le nôtre.[22]

_Signés_ le général de division BELLIARD, et

R. DESGENETTES.

[Note 22: L'un des malades mourut effectivement le

surlendemain: on n'a pas entendu parler depuis de nouveaux

accidents dans ce village. (_Note ajoutée_.)]

L'ordre du jour du 18 annonçait l'arrivée à Alexandrie de deux frégates

françaises, apportant des troupes, des armes, et d'excellentes

nouvelles, qui furent toutes rendues publiques.

J'adressai, le même jour, une note au président de la commission pour

l'informer que j'avais reçu une lettre de Ménouf, en date du 14, qui

contenait des détails rassurants sur la santé des troupes.

_Rapport adressé au général en chef relativement aux conscrits arrivés

de France_ (nº 619 de ma correspondance).

Au quartier-général du Kaire, le 20 pluviôse an IX.

«Les officiers de santé en chef de l'armée, consultés par le

général en chef sur les mesures à prendre pour l'acclimatement

des troupes qui viennent d'arriver de France, sont d'avis:

1º Que ces troupes soient vêtues comme le reste de l'armée,

soient tenues de porter la capote, et de s'en couvrir

soigneusement la nuit; il est surtout essentiel de se couvrir la

tête pour éviter l'ophtalmie, et les pieds pour éviter la

dysenterie.

2º Il faut répéter journellement aux nouveaux arrivés que l'abus

de l'eau-de-vie a sacrifié plus d'hommes que le fer de l'ennemi;

qu'il prédispose aux maladies contagieuses, et les rend

mortelles. Le café remplace avec avantage les liqueurs

spiritueuses; l'usage exclusif des viandes et du poisson salé est

très mauvais; les excès avec les femmes sont pernicieux; les

excès de la pipe sont nuisibles surtout aux jeunes gens dont la

poitrine n'est pas entièrement ou bien développée.

3º Il faut être très propre; porter du linge fréquemment lavé; se

laver souvent le corps. Une des choses qui favorise le plus la

propreté est de porter les cheveux courts.

4º Les exercices militaires doivent avoir régulièrement lieu vers

le lever ou le coucher du soleil; il en est de même de la

promenade, et particulièrement du bain dans la saison des

chaleurs.

5º Ces troupes, destinées à être encadrées dans différents corps,

doivent être envoyées de préférence dans les garnisons de

Belbéis, et de Ssalehhyéh, ou mieux encore dans celles de la

haute Égypte.

6º Il faut que les casernes destinées à loger ces troupes soient

spacieuses, bien aérées, et que les hommes y soient peu

rapprochés. Ce que l'on dit des casernes doit s'appliquer aux

baraques de branches de palmiers, qui sont souvent préférables.

Le logement des troupes, ainsi que leurs campements, doivent

toujours, autant que faire se peut, être établis sur un terrain

sec, exposé aux vents du nord, éloignés des lieux bas et

marécageux, et, pour des raisons physiques et morales, plus

volontiers écartés que rapprochés des grandes villes.

_Signés_ R. DESGENETTES, D. J. LARREY, et BOUDET.

_Rapport adressé au général en chef_ (nº 620 de ma correspondance).

Au quartier-général du Kaire, le 21 pluviôse an IX.

«GÉNÉRAL,

J'envoyai, d'après vos ordres, le 12 du courant, le citoyen

Barbès à Ménouf pour avoir un rapport exact sur le développement

des maladies qui pourraient vous inquiéter.

Ce médecin est de retour, et m'a rendu hier un compte, dont il

résulte que la contagion a cessé d'exercer ses ravages; que sa

cessation, indépendamment des changements de l'atmosphère, et

d'autres causes indéterminées, est due aux soins aussi actifs

qu'éclairés du chef de brigade de la vingt-cinquième le citoyen

Lefevre, commandant du huitième arrondissement.

Les détails de ce qu'il a fait pour un campement très bien

entendu, et des marches un peu forcées, vous seront sûrement déjà

parvenus par le général chef de l'état-major-général.

J'avais donné des ordres au citoyen Barbès pour qu'il se rendît à

Tentah et en examinât la salubrité. Cette place centrale du Delta

est très habitable quoique l'eau y soit saumâtre; elle a

d'ailleurs été un grand point de réunion par la superstition,

qui y attirait une multitude prodigieuse près des restes d'un

saint, et deux foires très fréquentées, tenues régulièrement

chaque année. Il est probable que le saint et les foires se

doivent de mutuelles obligations; mais le point qui vous

intéresse, c'est que les troupes seraient bien à Tentah.[23]

Salut et respect.

_Signé_ R. DESGENETTES.»

[Note 23: Le citoyen Girard, ingénieur en chef des ponts et

chaussées, qui s'est livré à une foule de recherches utiles

avec l'activité et le talent qui le distinguent, a publié

depuis, dans le nº 111 du _Courier d'Égypte_, un article fort

intéressant sous le titre suivant: _Sur la ville de Tentah et

les partis qui divisent les habitants de la basse Égypte._]

J'adressai, le 24, à la commission extraordinaire de salubrité publique

la note suivante (nº 623 de ma correspondance).

«J'ai l'honneur, citoyen président, d'informer la commission que

l'on a transféré ce matin au lazaret le cadavre d'un mamelouk

mort depuis vingt-quatre heures; cet abus fréquemment renouvelé

tend à jeter la plus grande confusion sur le résultat

administratif et médical.»

Les lazarets, particulièrement celui de Boulak, reçurent des malades

venant de Gizeh, du vieux et du grand Kaire, où l'épidémie se développa

graduellement. Nous perdîmes en pluviôse soixante-douze hommes,

ci....... 72 morts.

_Rapport au général en chef_ (nº 626 de ma correspondance).

Au quartier-général du Kaire, le 1er ventôse an IX.

«GÉNÉRAL,

J'ai reçu une lettre d'Alexandrie, du 21 pluviôse, qui m'annonce

qu'il est entré 150 conscrits dans les hôpitaux de cette place.

On m'informe cependant, et j'ai vu par les états de situation

qu'il y avait de l'amélioration dans leur état.

Il est utile pour la conservation de ces militaires de mettre

promptement en pratique les mesures que les officiers de santé en

chef de l'armée ont eu l'honneur de vous proposer le 20 du mois

passé.

Histoire Médicale de l'Armée d'Orient. Volume 1 · 第 55 / 73 题