Le 9, j'envoyai le citoyen Barbès dans le Delta, et je lui remis
l'instruction suivante (nº 612 de ma correspondance).
«Vous vous rendrez, citoyen, à Ménouf dans le Delta, où vous
prendrez des informations sur l'état actuel de la santé des
habitants et de la garnison française.
Dans le cas où il régnerait une maladie, vous chercherez à en
déterminer la nature et la cause: vous pourrez vous aider de la
topographie rédigée et publiée par le citoyen Carrié, que
j'aurais envoyé lui-même sur les lieux si sa santé l'eût permis.
Le général en chef étant sur le point d'envoyer de troupes à
Tentah, je serais bien aise que vous prissiez connaissance des
localités sous le point de vue de leur salubrité.
Les escortes nécessaires pour voyager avec sûreté vous seront
fournies, et je vous remets ci-joint pour cet effet un ordre
précis du général chef de l'état-major-général aux commandants
militaires.
Je ne vous prescris point le temps que doit durer votre mission,
subordonnant le tout aux besoins des circonstances, me reposant
d'ailleurs sur vous avec toute confiance.
Si vous le jugez convenable vous m'écrirez pendant votre tournée.
Dès que vous serez de retour vous m'adresserez un rapport
circonstancié.»
J'écrivis au général en chef (nº 614 de ma correspondance).
Au quartier-général du Kaire, le 12 pluviôse an IX.
«GÉNÉRAL,
J'ai l'honneur de vous prévenir que la seconde édition de mon
_Avis sur la petite vérole_, réimprimé en arabe par vos ordres,
est actuellement à ma disposition, et je vous en envoie ci-joints
trois cents exemplaires.
Je désirerais que cet opuscule fût répandu parmi les tribus
arabes du désert, et même par les caravanes dans l'intérieur de
l'Afrique.
J'en remettrai six cents exemplaires au général chef de
l'état-major-général, en l'invitant à les adresser aux généraux
commandant les arrondissements de l'Égypte pour les distribuer
aux cheikhs des villes et des villages.
J'en remettrai trois cents exemplaires au général-commandant du
Kaire et arrondissement.
Je ferai distribuer deux cents cinquante exemplaires au grand
divan du Kaire.
Enfin j'en offrirai cinquante exemplaires à Setti-Nefi, comme un
hommage rendu encore plus à ses vertus personnelles qu'au rang
élevé de son époux.[21]