J'écrivis, le 29, à l'ordonnateur en chef (nº 604 de ma correspondance).
«Citoyen, je vous prie de faire maintenir l'exécution très
importante de l'article suivant de l'ordre du jour du 12 nivôse
an VIII:
_Les corps n'enverront point aux lazarets les hommes suspectés de
maladie contagieuse, comme quelques-uns l'ont fait; ils devront
les envoyer directement dans les hôpitaux où il existe des salles
d'observation._
La deuxième demi-brigade d'infanterie légère a envoyé ce matin un
homme au lazaret sans se conformer à cet ordre, et cet envoi a
été accompagné de circonstances qui, si elles n'ont pas de suite,
peuvent au moins alarmer l'opinion publique.»
Les lazarets, surtout celui de Boulak, continuèrent à recevoir des
malades: nous perdîmes en nivôse soixante-dix hommes, ci... 70 morts.
Le 6 pluviôse, j'envoyai le citoyen Savaresi à Birket-êl-Hadjy pour
examiner la position et l'état de la santé de la garnison.
Je fis, le lendemain, au général en chef le rapport que voici (nº 611 de
ma correspondance).
Au quartier-général du Kaire, le 7 pluviôse an IX.
«GÉNÉRAL,
J'envoyai hier un médecin de l'armée à Birket-êl-Hadjy; il a
trouvé la garnison en bonne santé, ainsi que la compagnie de la
dix-huitième demi-brigade, campée en réserve à un demi-quart de
lieue au sud-ouest du fort.
Le soldat mort depuis quatre jours n'a présenté, pendant sa
maladie ni après sa mort, aucun signe de maladie contagieuse;
tout porte à croire qu'il est mort d'un excès d'eau-de-vie en
sortant de prendre un purgatif.
Il faut fermer l'oreille aux hommes qui manquent des
connaissances nécessaires pour décider de pareilles questions.