GÉNÉRAL,

«J'ai lu, conformément à vos ordres, le procès-verbal rédigé à

Damiette le 19 du courant, relativement à la maladie et à la mort

du citoyen Lintring.

L'opinion du citoyen Savaresi et de M. Patriarcha, que la maladie

a été une fièvre pestilentielle ou contagieuse, est appuyée sur

des faits recueillis avec sagacité, et exposés avec précision;

ainsi il ne peut s'élever aucun doute sur leur assertion.

Il serait très utile que vous ordonnassiez que toutes les fois

que des officiers de santé du même grade, seront appelés pour

prononcer sur l'existence de la peste, il suffira que l'un d'eux

affirme le danger de la contagion, pour qu'il soit pris des

précautions en conséquence.»

Salut et respect.

Le général en chef se contenta de rappeler l'exécution de la mesure que

je proposais, parce qu'elle était déjà ordonnée par l'administration

sanitaire.

Le directeur de la poste militaire de Damiette avait couché avec le

garde-magasin, la même nuit où il se plaignit d'être malade; on prit des

précautions nécessaires, mais un peu brusques à son égard; ce citoyen,

d'un moral calme et d'une constitution forte, ne fut pas même indisposé.

Il entra successivement à l'hôpital militaire plusieurs soldats

gravement attaqués de la même maladie, et un très petit nombre guérit.

Des recherches exactes ont fait connaître qu'au début de l'épidémie, ces

militaires, qui étaient presque tous à la vérité du même corps, la 2e

demi-brigade d'infanterie légère, n'étaient ni de la même compagnie, ni

de la même caserne ou chambrée.

L'officier-général qui donne ces détails quitta Damiette à la fin de

vendémiaire, et il a observé que les grandes chaleurs avaient cessé

brusquement, qu'il avait plu abondamment au commencement et quelquefois

dans le courant du mois, et qu'enfin la température était devenue très

humide.

Si la gravité que m'impose la nature des matières dont j'ai à traiter ne

me l'interdisait pas, je pourrais produire ici une lettre extrêmement

originale, écrite au général en chef par un Provençal vieilli dans les

fonctions de marmiton à bord des vaisseaux, et qui proposait, pour une

légère rétribution par tête, de couper, comme avec le tranchant du fer,

toutes les dysenteries de l'armée.

Ce fut vers la fin de frimaire que l'épidémie commença à Alexandrie dans

l'hôpital de la marine. Le rapport qui le constate est du 24 de ce mois,

et on ne peut se dissimuler qu'il y eut au moins de la lenteur dans les

déclarations, et par conséquent dans les mesures de précaution et

d'isolement, ainsi que l'ordonnateur des lazarets le releva, cependant

avec beaucoup de modération.

Histoire Médicale de l'Armée d'Orient. Volume 1 · 第 31 / 73 题