[159: _Mémoires_, t. III.--Il s'est ouvert, au mois de mars 1896, dans

la capitale de l'Autriche, sous la protection de l'Empereur et sous la

présidence du comte d'Abensperg-Traun, une exposition rétrospective du

congrès de Vienne dont j'ai fait l'étude dans le _Monde_ du 23 mars.

J'en détache quelques lignes qui se rattachent plus directement à cet

ouvrage: «... La rentrée de l'Empereur aux Tuileries a bouleversé

l'œuvre si habile de Louis XVIII et de Talleyrand. Le Congrès effrayé se

lève contre Napoléon. Il l'appelle un bandit; il le jette au ban des

nations, il met sa tête à prix. Il ne retrouve son calme qu'après le

désastre de Waterloo et la seconde abdication. Et le 9 juin, par un Acte

final qui laisse de côté toutes les considérations morales et se borne à

invoquer pour la ratification des dispositions votées: «l'intérêt majeur

et permanent», il complète les dispositions du traité du 30 mai 1814

avec une foule de dispositions contenues dans cent vingt et un articles.

Quant à la France, elle payera bientôt, même sous son Roi légitime et

par un autre traité draconien, la terreur nouvelle qu'elle a fait en

quelques mois ressentir aux nations. La faute en est, suivant Metternich

et les autres diplomates, à l'usurpateur qui a tout remis en question et

dont le souvenir doit être abhorré... Mais lorsqu'on visite l'Exposition

du congrès de Vienne, ce n'est pas «le brigand» qu'on revoit, ce n'est

pas «le Buonaparte» qu'il fallait «anéantir» et contre lequel étaient

dirigées les déclarations furibondes des 13 mars et 11 avril, c'est

l'empereur Napoléon, c'est le gendre de l'empereur François II. On le

trouve, on le rencontre partout, seul ou entre Marie-Louise et le roi de

Rome. Les vitrines sont pleines de présents faits par lui à sa femme ou

à la famille impériale.

«Ici c'est le trône qu'il a occupé à Venise; là c'est son bureau de la

Malmaison, là c'est celui du palais de Saint-Cloud. Son buste en marbre,

sa table de travail, sa miniature entourée de brillants, la reproduction

du tableau de David, _Bonaparte passant les Alpes_, une autre miniature

d'Isabey, son nécessaire de voyage, son épée offerte à Alexandre, son

carrosse nuptial, les _Adieux de Fontainebleau_, la _Sortie de l'île

d'Elbe_, son portrait par Gérard, son portrait en camée, on ne voit que

lui, et partout on le voit dans l'appareil de la grandeur et de la

puissance.»]

[160: _Talleyrand in Wien zur Congresszeit_, von Eduard

WERTHEIMER.--Pozzo di Borgo et Nesselrode étaient particulièrement

sévères pour Talleyrand.]

[161: M. Dumont, archiviste des Affaires étrangères, qui avait eu

connaissance de ce fait par le général anglais Alova, aide de camp de

Wellington, avait, dans un _mémorandum_ du 20 juin 1838 (Affaires

étrangères, vol. 680, _Vienne_), attesté que M. de Talleyrand s'était

bien gardé de joindre ce _Mémoire_ à sa correspondance pendant le

congrès de Vienne. Je l'ai retrouvé aux Archives des Affaires

étrangères, dans le vol. 681. Il porte le n° 139.]

[162: _Affaires étrangères_, _Vienne_, vol. 681.--Dans son _Journal_,

Gentz affirme, et cela n'est pas exact, qu'il est l'auteur de la

déclaration du 13 mars, préparée avec Metternich chez Talleyrand.--Il

nous apprend encore que Metternich n'avait pas alors perdu toute gaieté,

car le 1er avril il écrit ceci: «Metternich m'avait préparé un poisson

d'avril en faisant fabriquer une lettre de Bonaparte contre la

déclaration des puissances. J'y étais préparé. Aussi cela n'a pas

pris!»]

[163: Archives des Affaires étrangères, vol. 680. _Vienne_.--«Il faut

parfois en politique frapper trop fort pour frapper juste, disait un

jour Talleyrand, afin de se justifier de la violence de cette

déclaration. Ne voyez-vous pas que, pour empêcher l'Autriche de se

souvenir jamais qu'elle avait un gendre, il fallait lui faire mettre sa

signature au bas d'une sentence de mort civile et non d'une déclaration

de guerre? On peut toujours traiter avec un ennemi. On ne se remarie pas

avec un condamné.» (VILLEMAIN, _Souvenirs contemporains_, t. II.)]

[164: Il y a à cette mesure un précédent historique. La cour de Dresde,

lorsque Frédéric II eut envahi la Saxe sans déclaration de guerre,

l'avait déclaré «perturbateur de la paix publique», et la Diète l'avait

mis au ban de l'Empire.--Napoléon crut habile d'opposer Fouché à

Talleyrand et chargea le duc d'Otrante de la réponse. Le 29 mai, dans le

conseil des ministres, celui-ci, faisant allusion à la déclaration du 13

mars, la qualifia de libelle, de pièce apocryphe fabriquée par l'esprit

de parti, contraire à tout principe de morale et de religion,

attentatoire au caractère de loyauté des souverains dont les auteurs de

cet écrit avaient compromis tous les mandataires. Elle ne méritait qu'un

profond mépris. Elle n'avait fixé l'attention du ministère que lorsque

des courriers du prince de Bénévent l'avaient apportée en France. Elle

émanait visiblement de la légation du comte de Lille à Vienne, qui au

crime de provocation à l'assassinat avait ajouté celui de falsification

de la signature des ambassadeurs... Si l'on admet ce genre de réponse,

il faut convenir qu'il était difficile de trouver mieux. Le conseil

d'État, à qui l'on avait déféré cette déclaration, se servit des mêmes

motifs pour la repousser.]

[165: MÉNEVAL, t. III.]

[166: Lord Holland dit de François II: «C'était un homme de quelque

intelligence, de peu de cœur et sans aucune justice.» Il conteste

absolument qu'il fût, comme on l'a affirmé, doux et bienveillant. Dans

toutes les circonstances, il avait agi comme un homme d'un caractère

bien opposé. «Quant au mariage de sa fille, ajoute lord Holland, il faut

admettre cette alternative, ou qu'il ait consenti à sacrifier son enfant

à une politique couarde, ou bien qu'il ait lâchement abandonné et

détrôné un prince qu'il avait choisi pour son gendre. Il sépara sa fille

du mari qu'il lui avait donné et aida à déshériter son petit-fils, issu

d'un mariage qu'il avait approuvé et, à ce que je crois, sérieusement

recherché. Pour éloigner de l'esprit de cette même fille le souvenir de

son époux détrôné et exilé, mais dont la conduite envers elle était

irréprochable, on prétend qu'il encouragea et même combina lui-même les

moyens de la rendre infidèle...» (_Souvenirs diplomatiques de lord

Holland._)]

[167: «La chasteté, disait l'Empereur, est pour les femmes ce que la

bravoure est pour les hommes. Je méprise un lâche et une femme sans

pudeur.»]

[168: BAUSSET, t. III.]

[169: L'empereur d'Autriche devançait les désirs de Joseph de Maistre,

qui écrivait le 22 mars 1815, à propos du retour de Napoléon:

«L'archiduchesse Marie-Louise et son fils seront très embarrassants dans

cette occasion. Il faudrait que l'empereur d'Allemagne eût le courage de

les mettre (surtout le jeune prince) hors de la puissance de Napoléon.»

(_Lettres_, t. I.)]

[170: MÉNEVAL, t. III.--«Elle avait suivi, malgré les dégoûts dont elle

était entourée, le prince dont elle était la gouvernante. La meilleure

mère ne peut pas montrer un plus grand attachement que celui dont elle

fit preuve.» (_L'île d'Elbe et les Cent-jours._) Il n'y a rien à ajouter

à ce juste hommage rendu par l'empereur Napoléon à Mme de Montesquiou.]

[171: MÉNEVAL, t. III.]

[172: On a dit aussi que le lieutenant-colonel Monge, des grenadiers de

la garde, avait été chargé, par Napoléon, d'enlever Marie-Louise et son

fils. Je n'ai pu vérifier ce bruit.--Le prétendu enlèvement du roi de

Rome à cette même date par la comtesse de Mirepoix et Mme de Croy-Chanel

n'est qu'une fable.]

[173: MÉNEVAL, t. III, p. 429.]

[174: La comtesse de Montesquiou écrivait à M. de Talleyrand: «Je me

sens assez de forces physiques et morales pour soutenir une plus longue

captivité, et je vous avoue que, lorsque je souffrirai seule, je

souffrirai avec plus de constance. Mais de voir ce jeune malheureux

regrettant tout, excepté les marques d'amitié qu'il m'a données en

faisant tant de chemin pour venir me voir, se sentant appelé en France

par ses affaires, sa femme, son fils, sa fortune même--son absence

depuis quatre mois empêche de pouvoir rien terminer--toute la

contrariété qu'il éprouve, me désespère et me rend de plus en plus

pénible ma triste retraite.» Ce ne fut que dans les premiers jours de

juin que Talleyrand obtint les passeports demandés. (_France_, vol.

1801. Archives des Affaires étrangères.)]

[175: MÉNEVAL, t. III.]

[176: Mme Soufflot, la sous-gouvernante qui restait encore auprès du roi

de Rome, écrivait à ses enfants, à la date du 8 avril: «Votre pauvre

mère est malheureuse d'être séparée de vous dans des moments si

pénibles. Hélas! où l'amour de mon devoir et mon bon cœur m'ont-ils

conduite? Dans le chemin de l'honneur le plus sévère, mais aussi dans

celui de tous les chagrins. Après avoir déjà fait tant de sacrifices à

ce cher enfant, je n'ai pu me résoudre à l'abandonner dans une crise

aussi pénible que délicate, celle où on le séparait de celle qui lui

était si chère à tant de titres. Je continuerai, tant que cela me sera

permis, de veiller sur lui et de suppléer aux sages leçons qu'il a

toujours reçues...» (Collection Amédée Lefèvre-Pontalis.)]

[177: Voir la _Revue de Paris_ du 2 février 1895.]

[178: Talleyrand, qui avait adhéré à la quadruple Alliance le 27 mars,

croyait pouvoir affirmer au Roi, le 29, que le traité de Chaumont était

uniquement fait dans le but de soutenir la France, quoique, au fond, il

sût le contraire. Il avait, en effet, confidentiellement écrit à M. de

Jaucourt, le 16 mars: «Songez bien à ceci: c'est que cette même Europe

qui a été amenée à faire la déclaration que je vous ai envoyée, est en

pleine jalousie de la France, du Roi et de la maison de Bourbon.» Elle

le prouva bien, peu de temps après.]

[179: On verra le contraire au chapitre suivant, ce qui prouve combien

chacun était sincère.]

[180: _Mémoires de Talleyrand_, t. III.]

[181: D'après les _Mémoires de Napoléon_, Montrond devait fournir à

Talleyrand l'occasion d'écrire en France et au gouvernement français la

possibilité de découvrir le fil de ses trames, gagner l'ambassadeur de

Louis XVIII, porter une lettre à Marie-Louise et rapporter sa réponse.

Montrond n'obtint en réalité que des réponses évasives de Talleyrand et

ne l'intimida guère. Je ne crois pas, d'ailleurs, qu'il en eût

l'intention. Toujours est-il que les menaces de séquestre sur ses biens

et d'un grand procès qu'allait lui faire la Haute Cour n'aboutirent qu'à

éloigner Talleyrand de l'Empire. Une note de Napoléon définissait ainsi

la mission exacte de Montrond: «Voir M. de Talleyrand et le renseigner

sur la véritable disposition des esprits.» Suivant Bignon, la mission de

Montrond, qui jouait double rôle et était auprès de Talleyrand l'agent

confidentiel de Fouché aussi bien que celui de l'Empereur, fut plus

nuisible qu'utile à la cause française. (Voy. BIGNON, _Histoire de

France sous Napoléon_, t. XIV.)]

[182: _Mémoires_, t. III.]

[183: Archives des Affaires étrangères, vol. 1801,

_France_.--Marie-Louise avait reçu directement de Napoléon, et à la même

date, ce petit billet: «Ma bonne Louise, je suis maître de toute la

France. Tout le peuple et toute l'armée sont dans le plus grand

enthousiasme. Le soi-disant Roi est passé en Angleterre. Je t'attends

pour le mois d'avril ici avec mon fils. Adieu, mon amie.--NAPOLÉON.»

(Collection de M. Antonin Lefèvre-Pontalis.)]

[184: Le petit prince était représenté avec un gracieux costume rose que

traversait le grand cordon de Saint-Étienne. Sa figure souriante

rappelait les traits de Napoléon et de Marie-Louise.]

[185: Archives des Affaires étrangères, _France_, vol. 1801.]

[186: _Document inédit._]

[187: _Id._]

[188: Archives des Affaires étrangères, _France_, vol. 1801.]

[189: Archives des Affaires étrangères, _France_, vol. 1801, et

_Mémoires_, t. III.]

[190: «Telle était cette nature frêle, timide, rêveuse, née pour la vie

privée _et pour les tendresses du foyer allemand_.» (LAMARTINE,

_Histoire de la Restauration_, t. I.)]

[191: Pour prix d'obéissance à leurs volontés, les alliés stipulèrent,

dans un protocole séparé des conférences et daté du 28 mars, que les

duchés de Parme, Plaisance et Guastalla, à l'exception des parties

situées sur la rive gauche du Pô, seraient possédés en toute

souveraineté par elle, mais qu'ils retourneraient, après elle, à

l'infant, don Carlos, fils de S. M. Marie-Louise d'Espagne. L'empereur

d'Autriche renonçait pour sa fille à toute pension à laquelle elle et

les siens pourraient prétendre à la charge de la France. (Archives des

Affaires étrangères, _Vienne_, vol. 683.)

L'art. 99 de l'Acte final du Congrès de Vienne, en date du 9 juin 1815,

ne devait ratifier que la possession des duchés par Marie-Louise. Quant

à la réversion elle fut ajournée. Elle ne fut décidée en faveur de

l'infante d'Espagne, Marie-Louise, de son fils et de ses descendants,

que par le traité spécial du 10 juin 1817.]

[192: 13 avril 1815, _Mémoires_, t. III.]

[193: Il s'agissait du baron François d'Ottenfels-Gschwind, qui avait

pris le pseudonyme de Werner pour s'entendre à Bâle, au nom de

Metternich, avec un affidé de Fouché.]

[194: _Le Consulat et l'Empire_, t. XIX.]

[195: Pour en avoir une certitude complète, il suffit de lire les

lettres que M. de Jaucourt adressait de Paris à M. de Talleyrand pendant

son ambassade à Vienne. Ainsi, examinant un jour la manière dont les

affaires avaient été conduites depuis la rentrée du Roi en 1814, M. de

Jaucourt faisait cet aveu: «Grand Dieu! quel chemin nous avons parcouru

depuis ce temps-là!... _Il faut le dire en un seul mot: il conduisait à

l'île d'Elbe._» (Affaires étrangères, _Vienne_.)]

[196: Lettre du 28 septembre 1814 (Affaires étrangères, _Vienne_, vol.

681), publiée par M. PALLAIN, _Correspondance de Talleyrand et de Louis

XVIII_.]

[197: Il avouait en même temps qu'il correspondait avec M. de

Metternich. Ainsi il donnait au chancelier autrichien des détails sur la

France et l'Europe, en formant entre autres le vœu que la Belgique

revînt à l'Autriche comme «un hommage rendu à une possession séculaire

interrompue seulement depuis une vingtaine d'années».--M. de Méneval a

eu connaissance des lettres de Fouché à Metternich par le comte Aldini,

auquel le chancelier les avait communiquées.]

[198: On a dit qu'au lendemain de l'abdication de Napoléon, Marie-Louise

avait fait dresser un acte authentique par lequel elle protestait, au

nom de son fils, contre cette abdication et réservait ses droits au

trône. Une copie de cet acte aurait été communiquée à Regnaud de

Saint-Jean d'Angély.--Méneval, Bausset, et les contemporains à même de

connaître cet important détail, n'en disent rien. J'incline à croire que

cet acte a été composé, lui aussi, à Paris, par les derniers partisans

de Napoléon. Au commencement de 1815, deux mois avant le retour de l'île

d'Elbe, «on fit imprimer une quantité prodigieuse d'exemplaires de cette

protestation pour les distribuer avec profusion dans toutes les casernes

et tous les corps de garde de France, afin de connaître les sentiments

des soldats. Ils furent tels que les conjurés le désiraient.» (Voir

_Fouché de Nantes_, 1816, in-18.)]

[199: «Les journaux de Paris ont annoncé la prochaine arrivée de

l'archiduchesse Marie-Louise en France. Il serait bien désirable de

donner la plus grande publicité aux faits qui démentent cette

assertion.» (Blacas à Talleyrand, 16 avril.)]

[200: Napoléon à l'archichancelier: «13 août 1815. Nommez une commission

de magistrats sûrs pour lever le séquestre et faire l'inventaire des

papiers qu'on trouvera chez le prince de Bénévent et dans la maison des

autres individus exceptés de l'amnistie par un décret de Lyon. On

m'annonce qu'on trouvera des papiers importants. Nommez des hommes

sûrs.» (Archives nationales, AFiv 907. _Minutes des lettres de

Napoléon_.)]

[201: Voir dans les _Mémoires du chancelier Pasquier_, t. III, p. 170 à

173, ce très intéressant entretien.]

[202: _Mémoires de Metternich_, t. I; _Autobiographie_, p. 207.]

[203: _Mémoires du chancelier Pasquier_, t. III.]

[204: Napoléon a dû se dire qu'il ne trouverait pas plus de papiers en

1815 qu'il n'en trouva chez Fouché en 1810, lorsqu'il le remplaça par

Savary et qu'il ordonna des perquisitions en son hôtel.]

[205: _Minutes des lettres de Napoléon_. Archives nationales, AFiv 907.]

[206: _Mémoires pour servir à l'histoire de la vie privée, du retour et

du règne de Napoléon en_ 1815.]

[207: Archives nationales, AFiv 907.]

[208: _L'île d'Elbe et les Cent-jours._--M. de La Valette, dans ses

_Mémoires_, raconte une scène violente que Napoléon fit à Fouché à ce

sujet. Je veux bien y croire, mais avec quelques restrictions, car La

Valette, qui s'était caché pour l'entendre, reparaissait un peu trop tôt

pour recevoir les confidences de Fouché à ce sujet.]

[209: Cette déclaration est, je le répète, identique à celle

qu'Alexandre faisait en 1804 à Novossiltzof, ex-ambassadeur à Londres.

(Voy. le _Temps_ du 8 septembre 1895, _Les Plans de la coalition en

1804_, par M. Albert SOREL.) Ces déclarations sont aussi sincères l'une

que l'autre.]

[210: Voy. _Mémoires de Metternich_, t. II, p. 514 à 516.]

[211: _Mémoires de Metternich_, t. II.]

[212: Voir _Mémoires pour servir à l'histoire de Napoléon en_ 1815.--Et

voici comment Metternich en rend compte: «Les agents se rencontrèrent à

Bâle à l'heure fixée et se séparèrent après une courte entrevue, parce

qu'ils n'avaient rien à se dire.» Il semblerait, d'après le chancelier,

qu'ils ne s'étaient fait aucune communication importante, et que, sans

avoir dit autre chose que des banalités, chacun s'en était tenu là.]

[213: _Mémoires de Pasquier_, t. III, p. 196.--Fouché amena si bien le

dénouement, que deux mois après il siégeait dans le conseil du Roi

auprès de M. Pasquier.]

[214: «J'aurais dû le fusiller, a dit Napoléon à Sainte-Hélène; j'ai

fait une grande faute de ne pas le faire.» (MONTHOLON, t. II.)]

[215: _Mémoires pour servir à l'histoire de Napoléon en_ 1815, t. II, p.

32.]

[216: Comment cette proposition peut-elle cadrer avec cette parole de

l'empereur Alexandre à lord Clancarty: «Je me suis assuré que

l'Autriche, de son côté, ne songe plus à la régence et ne la veut plus.»

(Lettre de Talleyrand à Louis XVIII, 23 avril.)--Et, d'autre part,

comment cela s'arrange-t-il avec les déclarations de Gentz (_Dépêches

inédites_), qui assure que l'empereur d'Autriche n'avait aucun goût pour

la régence et Napoléon II?... Ce n'était donc que momentanément, pour

tromper les Français et arriver à se débarrasser de Napoléon, que les

alliés paraissaient favorables à la régence, car François II n'aurait

jamais osé, sans leur adhésion, présenter cette combinaison. Tout cela

montre bien que, de part et d'autre, on cherchait à se duper.]

[217: On voit que Montrond était aussi bien, en allant à Vienne, l'agent

de Fouché que celui de l'Empereur. Et c'est lui qui, sans aucun doute,

avait préparé la mission d'Ottenfels en demandant de vive voix à

Metternich si l'Autriche soutiendrait la régence succédant à

l'abdication, volontaire ou forcée, de Napoléon.]

[218: _Mémoires de Lavalette_, t. II.--Les _Mémoires de Fouché_

reproduisent un petit discours de Carnot pour dissuader l'Empereur de

faire fusiller Fouché. Cette générosité servit peu à Carnot, car, à la

seconde Restauration, Fouché s'empressa de le placer sur les listes de

proscription.]

[219: Il faut remarquer que c'était le thème de Fleury dans la première

entrevue avec Ottenfels.]

[220: _Mémoires de Pasquier_, t. III.]

[221: _Correspondance de Talleyrand et de Louis XVIII_, publiée par M.

PALLAIN, p. 380.]

[222: Napoléon disait plus tard à Montholon: «Je pouvais sauver ma

couronne en lâchant la bride aux ennemis du peuple contre les hommes de

la Restauration. Je ne l'ai pas voulu. Vous vous rappelez, lorsqu'à la

tête de vos faubouriens, vous vouliez faire justice de la trahison de

Fouché et proclamer une dictature. Je vous ai refusé, parce que tout mon

être se révolte à la pensée d'être le roi d'une Jacquerie.»]

[223: _Œsterreichs Theilnahme an der Befreiuns-Kriege_, von F. VON

GENTZ.]

[224: Qu'on se rappelle les platitudes et les génuflexions du même

Schwarzenberg lors du mariage en 1810 et de l'entrevue de Dresde en

1812, et que l'on compare avec les insultes qui précèdent!]

[226: Voir à ce sujet _Une lettre du Roi_, publiée par moi dans la

_Revue des études historiques_, année 1893.--Napoléon, s'étonnant à

Sainte-Hélène de voir qu'un esprit aussi supérieur que Louis XVIII eût

employé un traître comme Fouché, disait du duc de Richelieu: «À la bonne

heure! celui-là, je le comprends. Il ne sait rien de notre France, mais

c'est l'honneur personnifié, c'est un bon Français!» (_Mémoires de

Montholon_, t. I.)]

[227: _Supplementary Despatches_, t. X.]

[228: Voir _Mémoires de Bausset_, t. III, et ANGEBERG, _le Congrès de

Vienne_, t. II.]

[229: D'après une lettre de Caulaincourt à Napoléon, il paraîtrait que

le prince impérial fut rendu à sa mère, à Schœnbrunn, le 29 mai.

(Archives des affaires étrangères.)]

[230: MÉNEVAL, t. III.]

[231: Elles allaient être forcées de le quitter, elles aussi, quelques

mois après. En effet, le 11 octobre, Mme Soufflot informait ses enfants

de son retour. «Demain, écrivait-elle, doit arriver le gouverneur. Je

resterai deux ou trois jours pour habituer ce cher petit, et, malgré que

j'aie le cœur déchiré par cette cruelle séparation, vous devez penser

avec quel empressement j'irai vous rejoindre.» (Collection Amédée

Lefèvre-Pontalis.)]

[232: Lettre à Mme de Crenneville, 11 avril 1815.]

[233: Lettre du 28 mai 1815.]

[234: Voir ch. VII.]

[235: _Mémoires_, t. III, et Affaires étrangères, vol. 1802, _France_.

Voir plus haut.]

[236: _Mémoires_, t. III.]

[237: Archives des Affaires étrangères, _Vienne_, vol. 681, et

_Correspondance de Talleyrand avec Louis XVIII_, publiée par M.

PALLAIN.]

[238: Voir ANGEBERG, _le Congrès de Vienne_, t. II.]

[239: Archives des Affaires étrangères, _France_, vol. 1801.]

[240: _France_, vol. 1802. Archives des Affaires étrangères.]

[241: _Correspondance de Napoléon_, t. XXVIII, et Archives des Affaires

étrangères, vol. 1802, _France_.]

[242: Archives des Affaires étrangères, _France_, vol. 1802.]

[243: Voir mon ouvrage sur le _Maréchal Ney_, Plon, 1894, p. 73.]

[244: _Histoire des deux Chambres de Buonaparte_, par F. Th. DELBARE, et

_Archives parlementaires_, publiées par Mavidal et Laurent, 1re série.]

[245: _Histoire des deux Chambres_, par Th. DELBARE.]

[246: Plusieurs témoins de cette scène devaient s'en souvenir, lors du

procès de Labédoyère, et contribuer par haine à sa condamnation après

les Cent-jours.]

[247: _Archives parlementaires_, t. XIV.]

[248: _Mémoires de Pasquier_, t. III.--Les choses allaient plus vite que

Fouché ne l'avait cru. Son intérêt était de retarder le retour des

Bourbons, afin de mieux imposer ses conditions.]

[249: _Mémoires de Pasquier_, t. III.]

[250: _Mémoires_, t. III, p. 261.]

[251: Archives des Affaires étrangères, _France_, vol. 1801.]

[252: _Ibid._]

[253: Une caricature, qui faisait fureur à Vienne, le représentait avec

six têtes, dont la première criait: «Vive la République!» la seconde:

«Vive l'Égalité!» la troisième: «Vive le premier Consul!» la quatrième:

«Vive l'Empereur!» la cinquième: «Vivent les Bourbons!» la sixième:

«Vive...!» Talleyrand attendait pour ce dernier cri ce que la nation ou

le hasard décideraient.]

[254: Voy. le n° du 11 avril 1896 de la _Neue Freie Presse_, article de

M. Wertheimer sur _Talleyrand pendant le Congrès de Vienne_.--Voy. aussi

les _Mémoires de Méneval_, t. III, et POZZO DI BORGO, t. II.]

[255: _Mémoires de Talleyrand_, t. III.]

[256: Le 6 juillet, M. de Maleville protesta, par une lettre adressée au

président de la Chambre des représentants, et obtint la distribution

d'un écrit contenant sa défense.]

[257: _Supp. Despatches of Wellington_, tome X, p. 641.]

[258: Pour décider ses collègues, Fouché disait que c'était pour eux une

question de vie ou de mort. «Eh! qu'importent ta vie et la mienne,

s'écria Carnot, quand il s'agit du salut de la France! Tu n'es qu'un

lâche et qu'un traître!» (_Mémoires de Carnot_, p. 184.)]

[259: Voir mon ouvrage sur le _Maréchal Ney_, ch. IV.]

[260: François II connaissait les desseins des autres puissances à

l'égard de l'Empereur. Wellington était si pressé de s'en emparer qu'il

aurait voulu que le gouvernement provisoire livrât de ses propres mains

Napoléon aux alliés.]

[261: Il ignorait que Castlereagh, lors du traité de Fontainebleau,

s'était opposé à ce qu'on lui maintînt le titre d'Empereur et avait

préconisé une autre position que celle de l'île d'Elbe pour lui servir

de retraite.]

[262: Archives des Affaires étrangères, _France_, vol. 1803.]

Le Roi de Rome (1811-1832) · 第 42 / 45 段