l'impératrice Joséphine, de Madame Mère, des rois, des reines et
princesses, ses frères et sœurs, Napoléon avait déclaré solennellement
que le bien de l'État exigeait que des héritiers nés de lui pussent
monter un jour sur le trône, afin de consacrer une dynastie chère à ses
peuples et de garantir la paix du monde. Depuis trois ans, il pensait à
un sacrifice que la politique et le bien de l'État semblaient lui
commander impérieusement. Pour arriver au but de ses désirs, il lui
fallut briser le cœur d'une femme qui l'adorait, violer le statut de
1806, qui interdisait le divorce aux membres de la famille impériale,
méconnaître certaines dispositions formelles du Code, obtenir par ruse
et par menace d'une Officialité tremblante la rupture des liens
spirituels de son premier mariage en se passant de l'autorisation du
Pape, seul juge compétent pour les souverains, faire plier à ses
volontés le conseil ecclésiastique de France et jusqu'à l'archevêque de
Vienne, satisfaire surtout son orgueil en se décidant pour l'union avec
la Maison d'Autriche, qui devait lui être si funeste, et commencer avec
la Russie une inimitié qui allait aboutir aux désastres de 1812. Nulle
considération n'avait été capable de l'arrêter. Il lui fallait à tout
prix un fils. Il l'a eu le 20 mars, anniversaire du jour où, sur son
ordre, des mains criminelles avaient, dans le fossé de Vincennes, creusé
la tombe du duc d'Enghien, dix heures avant le simulacre d'un jugement.
Il eût pu, cependant, profiter de la naissance de son héritier pour
modifier sa politique. Pie VII, qu'il avait outragé et violenté,
consentait encore à lui pardonner, s'il reconnaissait les véritables
intérêts de l'Empire. «Il a dans les mains, disait-il le 16 mai 1810 au
comte de Lebzeltern, s'il se rapproche de l'Église, les moyens de faire
tout le bien de la religion, d'attirer à soi et à sa race la bénédiction
des peuples et de la postérité et de laisser un nom glorieux sous tous
les aspects.» Or, loin de se réconcilier avec la Papauté et l'Église,
l'Empereur leur porta de nouveaux et terribles coups. Mais le triomphe
de celui qui ne craignait même pas, comme les Germains superbes, que le
ciel s'écroulât sur sa tête, ce triomphe n'a point duré.
Avec le fils de Napoléon, qui n'a porté que quelques jours le nom de
Napoléon II, et qui est mort juste à l'âge où il aurait pu commencer un
règne, s'est éteint ce titre brillant et fastueux de roi de Rome qui ne
reparaîtra plus dans les annales des souverains. Le sénatus-consulte du
17 février 1810 disait, dans ses considérants, que la ville de Rome
avait craint un instant «de descendre du rang moral où elle se croyait
encore placée, mais qu'elle allait remonter plus haut qu'elle n'avait
été depuis le dernier des Césars...». Les courtisans de Napoléon
s'étaient, à cet égard, répandus en flatteries et en promesses. Quelques
années ont passé, et tout a été dit. Une petite île perdue dans l'Océan
est devenue le tombeau du grand Empereur. Les froids lambris d'un palais
étranger, qui avaient deux fois abrité sa gloire, ont reçu le dernier
soupir de son fils. Et cette Rome, dont l'enfant impérial avait pris le
nom, a vu rentrer dans ses murs la Papauté triomphante que le plus
orgueilleux des despotes croyait en avoir exilée pour jamais.
FIN.
NOTES
[1: Voir _Le duc d'Enghien_, librairie Plon, 1888.]
[2: _Mémoires de Metternich_, t. V, p. 266.]
[3: La Constitution impériale du 28 floréal an XII (18 mai 1804) disait
dans l'article IX que «le fils aîné de l'Empereur porte le titre de
prince impérial». À ce moment, Napoléon espérait encore avoir des
enfants de Joséphine. Mais quand il a divorcé, il se croit sûr d'avoir
un fils, et il substitue au titre de «prince impérial» celui de «Roi de
Rome». Cependant le sénatus-consulte du 5 février 1813, relatif à la
régence, parlait du «prince impérial, roi de Rome».]
[4: Le 25 février 1810, il avait décrété que l'édit de Louis XIV sur la
Déclaration du clergé de France, donné au mois de mars 1682, était loi
de l'Empire.]
[5: _Correspondance de Napoléon_, t. XX, p. 195.]
[6: Voir pour le détail mon ouvrage sur _Le Divorce de Napoléon_,
librairie Plon, 1889.]
[7: Il en sera de ce dessein comme des autres qui avaient pour but de
détruire l'autorité du Saint-Siège. La parole du Psalmiste deviendra une
prophétie: «_Cogitaverunt concilia quæ non potuerunt stabilire_»; et la
menace qu'elle contient produira ses terribles effets: «_Fructum eorum
de terra perdes et semen eorum a filiis hominum_.»]
[8: _Correspondance de Napoléon_, t. XX, page 198.]
[9: Voir l'entretien du comte de Lebzeltern avec Pie VII, le 16 mai
1810. Cf. _Le Divorce de Napoléon_, p. 231, note.]
[10: Voir _Pièces justificatives_ du tome III de l'ouvrage du comte
d'HAUSSONVILLE, _L'Église romaine et l'Empire_.]
[11: _Correspondance de Napoléon_, t. XX, p. 196 et 262.]
[12: Archives nationales. Fic 105.]
[13: _Ibid._]
[14: _Ibid._]
[15: _Ibid._]
[16: Elle se trouvait déjà dans le _Missel parisien_ édité par Mgr de
Vintimille en 1738, parmi les _Orationes ad diversa_. C'est la même
oraison que prescrivit à toutes les églises de son diocèse, pour
l'impératrice Eugénie, l'archevêque de Paris, Mgr Sibour, en 1855.]
[17: C'est l'oraison _Pro impetrando Delphino_.]
[18: _Carmen in proximum et auspicatissimum Augustæ Prægnantis partum,
scribebat N. E. Lemaire, Kalendariis januariis_ 1811.]
[19: _Napoléon et Alexandre_, t. II, p. 318.]
[20: _Mémoires_, t. III.]
[21: M. Amédée Lefèvre-Pontalis, ancien député, possède le voile de
dentelles qui couvrait le dessus du berceau. Il le tient de sa
grand'mère, Mme Soufflot, sous-gouvernante du Roi.]
[22: Voir sa lettre à Napoléon, en date du 18 février 1810.]
[23: Archives nationales, AFiv 1097.]
[24: Sur sa proposition, le Conseil d'administration du Sénat vota une
pension viagère de dix mille francs au page Berton de Sambuy qui était
venu apporter aux sénateurs la nouvelle de la naissance du roi de Rome.]
[25: Archives nationales, AFiv 1453.]
[26: Voir dans mon ouvrage _La Censure sous le premier Empire_ les pages
250 à 252, relatives à ce sujet.]
[27: Archives nationales, Fic 105.]
[28: L'un d'eux, un Allemand, Schmitz, avait dû se donner bien du mal
pour composer certaines _Réflexions musicales sur les douleurs de
l'enfantement_. (Archives nationales, AFiv 1453.)]
[29: Archives nationales, AFiv 1290.]
[30: _Ibid._, AFiv 1323.]
[31: _Ibid._, AFiv 1685.]
[32: Il s'agit de Frédéric de Schill, un des adversaires les plus
acharnés de Napoléon, qui donna en 1809 le signal de la révolte en
Prusse et fut tué au siège de Stralsund.]
[33: Archives nationales, AFiv 1690.]
[34: _Ibid._, AFiv 1453.--22 mars 1811.]
[35: Voir _Le Divorce de Napoléon_, ch. II.]
[36: Archives nationales, O2 41.--Pour ses dépenses du 27 mars au 30
avril 1810, Metternich avait reçu alors près de cent mille francs sur la
cassette impériale. (Voy. Bibliothèque nationale, _Fonds fr._, vol.
6594.)]
[37: Les fêtes des Tuileries et de Saint-Cloud coûtèrent plus de trois
cent cinquante mille francs. Après le baptême, quarante mille francs de
gratification furent distribués aux archevêques d'Aix et de Malines, aux
évêques de Versailles, de Montpellier, de Bruges et de Gand, aux maîtres
des cérémonies, chapelains et chanoines.]
[38: _Correspondance de Marie-Louise._ Vienne, 1887, in-12.--Des
courtisans avaient fait courir le bruit que l'archiduchesse était restée
reconnaissante à Napoléon de n'avoir pas fait bombarder, en 1809, le
palais où elle demeurait à Vienne. À ce moment, Marie-Louise était à
Bude.]
[39: _Correspondance de Marie-Louise._]
[40: _Ibid._]
[41: Lord Liverpool disait à lord Holland, à propos de Marie-Louise,
«que jamais femme ne fut courtisée d'une façon si bizarre, et que jamais
femme ne fut de cette façon obtenue». Il comparait la conduite de
Napoléon en cette circonstance «à un assaut donné, plutôt qu'à une cour
faite». (_Souvenirs diplomatiques de lord Holland._)]
[42: _Correspondance de Marie-Louise_, p. 1]
[43: _Ibid._, p. 96.]
[44: _Tagebuch_, 15 février 1810.]
[45: _Souvenirs de la générale Durand._]
[46: _Correspondance de Napoléon_, t. XXII.]
[47: La maison du roi de Rome était composée en 1812 d'une gouvernante,
de deux sous-gouvernantes, Mmes de Boubers et de Mesgrigny, d'un
secrétaire des commandements, d'un secrétaire de la gouvernante, d'un
médecin, d'un chirurgien, de trois femmes de chambre, d'une nourrice et
de deux nourrices retenues, d'une surveillante des nourrices, de trois
berceuses, de deux femmes et de deux filles de garde-robe, de deux
valets de chambre; d'un maître d'hôtel, d'un écuyer tranchant, de deux
garçons de garde-robe et de plusieurs pages. Mme Soufflot ne devint
sous-gouvernante qu'en 1814. Elle était première dame du Roi dès 1811.]
[48: _Souvenirs de la générale Durand._--Du jour où il put espérer un
héritier, Napoléon songea à construire pour lui un palais sur les
hauteurs de Chaillot. Il voulait y consacrer seize millions. «L'Élysée
ne me plaît point, disait-il, et les Tuileries sont inhabitables. Je
veux en quelque façon que ce soit un Sans-Souci renforcé, un palais
agréable, plutôt qu'un beau palais.» Les événements empêchèrent la
réalisation de ce projet. (Voy. _Mémoires de Bausset et de Méneval_.)]
[49: _Mémoires de Méneval_, t. III. (Édition de 1894, publiée par son
petit-fils.)]
[50: «L'Empereur d'Autriche allait la combler de bénédictions,
l'Impératrice lui prodiguerait des caresses un peu forcées, et
finalement, après beaucoup d'effusions, on se séparerait entre
belle-mère et belle-fille, plus fraîchement que l'on ne s'était
retrouvé.» (Albert VANDAL, _Napoléon et Alexandre_, t. III.)]
[51: _Mémoires de Bausset_, t. II.--Voy. aussi TOLSTOÏ, _La Guerre et la
Paix_, t. III, p.80.]
[52: _Mémoires_, t. II, p. 47.--Cependant il croyait bien que la France
était attachée au roi de Rome, car il dit au Conseil d'État: «Si le
peuple montre tant d'amour pour mon fils, c'est qu'il est convaincu, par
sentiment, des bienfaits de la monarchie.»]
[53: MÉNEVAL, t. III, pages 99 et 102.]
[54: _Correspondance de Marie-Louise._ Vienne, 1887.]
[55: _Histoire de la Restauration_, t. 1.]
[56: _Napoléon et les femmes_, 1 vol. in-8°, chez Ollendorff.]
[57: _Souvenirs du comte d'Haussonville._]
[58: _Dépêches inédites aux hospodars de Valachie._--Gentz définissait
ainsi sa politique: «Autant d'alliance avec Napoléon qu'il en fallait
pour ne pas se ranger en pure perte au nombre de ses ennemis, et juste
aussi peu qu'il en fallait pour ne pas se brouiller directement et sans
retour avec les puissances liguées contre lui.»]
[59: ONCKEN, _Œsterreichs und Preussen Befreiuns-Kriege_, t. I, Berlin,
1876-1879.]
[60: ONCKEN, t. I.]
[61: Le rapprochement entre la Suède, l'Angleterre et la Russie avait
été habilement opéré par M. de Neipperg, ambassadeur en Suède. (Voy.
_Mémoires d'un homme d'État_, t. II.)]
[62: ONCKEN, t. I, et _Œsterreichische Geschichte_, t. LXXVII.]
[63: Rapport du comte de Bubna sur l'entrevue de Prague, le 16 mai 1813.
Voy. ONCKEN, t. II, p. 650, et les _Essais d'histoire et de critique_,
par M. Albert SOREL. (_Metternich._)]
[64: Ce n'est pas ce que Metternich disait en 1809 et 1810. Il convient,
à ce propos, de relire ses lettres à Schwarzenberg et à Mme de
Metternich, où dominait l'orgueil de l'avoir emporté sur la Russie dans
une alliance alors si recherchée.--Voir les _Mémoires de Metternich_, t.
II, p. 302 à 332, et mon ouvrage, _le Divorce de Napoléon_, p. 148 à
192.]
[65: Voir le récit si vivant de cette entrevue dans les Annexes de
_Napoléon et ses détracteurs_, par le prince NAPOLÉON, pièce II, p.
306.]
[66: On verra un peu plus loin que Marie-Louise fit cette démarche
auprès de François II.]
[67: _Souvenirs de lord Holland._]
[68: Ils se conformaient ainsi habilement aux instructions secrètes
données depuis longtemps par Alexandre à Novossiltzof, ambassadeur de
Russie en Angleterre: «On déclarera à cette nation que ce n'est pas à
elle qu'on en veut, mais uniquement à son gouvernement.» (Voy. les
_Plans de la Coalition en 1804_, par M. Albert SOREL, dans le _Temps_ du
8 septembre 1895.)--Le 9 novembre 1813, M. de Metternich avait dit à M.
de Saint-Aignan, ministre de France à Weimar, que la France devait
conserver ses limites naturelles.]
[69: Du 17 janvier 1805 au 15 novembre 1814, le Sénat avait décrété la
levée de 2,173,000 hommes.]
[70: Dans un gracieux tableau, exposé au Salon des Champs-Élysées en
1896, M. Dawant a représenté Napoléon laissant sa main prise entre les
petites mains de son fils endormi. L'Empereur est assis dans un fauteuil
à côté du berceau, le front soucieux. Il est captif de ce petit être,
pendant que son esprit médite les combats suprêmes qu'il va falloir
livrer.]
[71: _Œsterreichs Theilnahme an der Befreiuns-Kriege_, von GENTZ, 29
janvier 1814.]
[72: MÉNEVAL, _Mémoires_.--D'autre part, le chancelier Pasquier
rappelle, dans ses _Mémoires_, que Metternich affirmait, le 18 mars, à
Caulaincourt «que les vœux de l'Autriche étaient en faveur d'une
dynastie intimement liée à la sienne». (T. II.)--Six semaines
auparavant, il avait écrit à Caulaincourt que le jour où François II
avait donné sa fille au prince qui gouvernait l'Europe, il avait cessé
de voir en lui un ennemi personnel. Le sort de la guerre avait seul
changé son attitude. Si Napoléon voulait écouter la voix de la raison,
François II reviendrait aux sentiments qu'il avait au moment où il lui
avait confié son enfant de prédilection. Sinon, «il déplorerait le sort
de sa fille, sans arrêter sa marche!»]
[73: _Œsterreichs Theilnahme an der Befreiuns-Kriege._]
[74: _Ibid._--Il ne faut pas croire que nos ennemis étaient toujours
aussi navrés. En effet, après la prise de Troyes, le grave Metternich
écrivait à Schwarzenberg: «Cette nouvelle Troie ne nous a pas arrêtés
dix ans comme l'ancienne avait arrêté les héros de la Grèce. Si j'étais
Lichnowsky, je vous dirais que vous ne faites ni une ni deux pour avoir
Troyes; que Napoléon vous a dispensé de vous mettre en quatre pour la
prendre.»
Metternich n'aura plus l'idée de faire de calembours, lorsque Napoléon
reprendra cette même Troyes et forcera Schwarzenberg à battre en
retraite, après la bataille de Nangis.]
[75: _Œsterreichs Theilnahme an der Befreiuns-Kriege_, 7 mars 1814.]
[76: _Ibid._]
[77: _Ibid._]
[78: Sa lettre du 3 mars à l'Empereur est un monument de fermeté et de
noblesse. Elle fait un singulier honneur à sa mémoire.]
[79: Voir, entre autres, sur cette abdication, les récits de Pelet,
Ségur, Fain, Marmont, Macdonald, Thiers, Pasquier, Henri Houssaye.]
[80: L'article 5 du traité de Fontainebleau était ainsi rédigé: «Les
duchés de Parme, de Plaisance et de Guastalla appartiendront en toute
propriété et souveraineté à Sa Majesté l'Impératrice Marie-Louise. Ils
passeront à son fils et à sa descendance en ligne directe. Le prince,
son fils, prendra, dès ce moment, le titre de prince de Parme, de
Plaisance et de Guastalla.»]
[81: Le traité de Fontainebleau, qui figure à la page 493 _bis_, numéro
du 5 mai 1814 du _Moniteur universel_, dit que «les puissances alliées
ne pouvaient ni ne voulaient oublier la place qui appartient à
l'empereur Napoléon dans l'histoire de son siècle». C'est Alexandre qui
avait tenu à cette généreuse déclaration.]
[82: _Mémoires de Metternich_, t. II.]
[83: Consulter à ce sujet les _Mémoires du chancelier Pasquier_, t. II.
On y voit, entre autres, que Pasquier était opposé au départ, comme le
duc de Massa. Il le fit avec tant de franchise que Talleyrand dit en
secret à Mme de Rémusat que M. Pasquier avait donné le conseil le plus
contraire aux Bourbons.]
[84: _Mémoires de Méneval_, t. III.]
[85: MÉNEVAL, t. III.]
[86: _Mémoires de Bausset_, t. II.--Quelques jours après, le même de
Bausset, qui paraissait si dévoué et si impartial, avouait
confidentiellement à un agent des Bourbons qu'il était attaché à la
monarchie légitime par les services de ses ancêtres, et qu'il lui
offrait une franche adhésion. Il appelait le règne de Napoléon «une
interpolation». Il désirait devenir un des maréchaux de la cour, car ce
ridicule «nom de préfet du palais, disait-il, ne saurait subsister». Il
avait conseillé à Marie-Louise de retourner en Autriche et de mettre fin
«à une niaiserie sentimentale», en déliant «les nœuds d'une conjugalité»
qu'il regardait comme expirée. Enfin, il s'exprimait ainsi sur Napoléon
qu'il avait servi à genoux: «Cet homme a eu un moment tout le bonheur de
Mahomet, ainsi que son audace et son charlatanisme!» Tant de platitude
et d'ingratitude ne suffit pas pour faire obtenir à M. de Bausset le
poste de maréchal de la Cour. (Voir le _Cabinet noir_, par M.
D'HÉRISSON.)]
[87: _Notice historique sur le général Caffarelli_, par Ul. TRÉLAT.]
[88: Cf. Thiers, Méneval, Bausset, Durand, Caffarelli, etc. Le duc de
Rovigo dit que l'ascendant de Mme de Montesquiou put seul le calmer.
«Encore fallut-il qu'elle lui promît bien de le ramener, pour le décider
à se laisser emporter.» (_Mémoires_, t. VII.)]
[89: BAUSSET, t. II.]
[90: M. Pasquier assure qu'il éclata même des murmures. (_Mémoires_, t.
II.)]
[91: «Le gouvernement d'une femme faible et ignorante ouvrait une belle
perspective à l'égoïsme de cette âme; ce qu'il désirait, c'était la
régence de Marie-Louise.» (Louis BLANC, _Histoire de dix ans_.)]
[92: Voy. Henri HOUSSAYE, _1814_, liv. VIII, § I.--Talleyrand avait
cependant laissé entendre à Méneval qu'il eût préféré la régence à la
Restauration.]
[93: _Mémoires de Talleyrand_, t. III, p. 155.]
[94: _Mémoires de Pasquier_, t. II.]
[95: D'après Gentz, ce n'est qu'à partir de la rupture des conférences
de Châtillon que Metternich se mit «nettement à la tête du système qui
devait rappeler les Bourbons». (_Dépêches inédites de Gentz._)--C'est ce
que dit aussi Prokesch-Osten (page 99).]
[96: Voy. Imbert DE SAINT-AMAND, _Marie-Louise et l'invasion en 1814_.]
[97: _Mémoires de Bausset_, t. II, et _Mémoires du colonel de Garbois_.]
[98: Le même jour, ce triste personnage écrivait à Talleyrand qu'il
adhérait à tous les actes faits par le Sénat depuis le 1er avril.]
[99: «Nous commençons à espérer, écrit Mme de Rémusat à son fils
Charles, qu'il n'y aura pas de bataille, et que, l'armée se débandant,
le sang français sera épargné.» (_Correspondance de Mme de Rémusat_, t.
I.)--Voy. cette même note dans la belle étude du comte d'HAUSSONVILLE
sur le _Congrès de Vienne_. (_Revue des Deux Mondes_, 1862.)]
[100: _Souvenirs du comte d'Haussonville._]
[101: Voir sur le séjour de Marie-Louise à Blois un intéressant écrit,
_La Régence à Blois_, Paris, 1814, 27 pages in-8°.]
[102: Qu'on se rappelle ses paroles à Caulaincourt, lorsqu'il regrette
que les alliés n'aient point donné la Toscane à sa femme: «Elle n'aurait
eu que le canal de Piombino à traverser pour me rendre visite. Ma prison
aurait été comme enclavée dans ses États. À ces conditions, j'aurais pu
espérer de la voir. J'aurais même pu aller la visiter; et quand on
aurait vu que j'avais renoncé au monde, que, nouveau Sancho, je ne
songeais plus qu'au bonheur de mon île, on m'aurait permis ces petits
voyages.» (Voy. THIERS, t. XVII.)]
[103: _Souvenirs du comte d'Haussonville._]
[104: MÉNEVAL, _Mémoires_, t. III.]
[105: La générale Durand cite aussi un fait de ce genre. (Voir ses
_Souvenirs_.)]
[106: MÉNEVAL, t. III.]
[107: On rapporte que le petit roi de Rome, s'amusant à distribuer des
bonbons à des enfants qui étaient venus le voir jouer, leur dit tout à
coup avec un triste sourire: «Je voudrais bien vous en donner davantage,
mais je n'en ai plus. Le roi de Prusse m'a tout pris!» Le comte de Suzor
affirme avoir entendu ce propos.]
[108: _Histoire de France_, par BIGNON, t. XIV.]
[109: _Souvenirs de la générale Durand._]
[110: MÉNEVAL, t. III.]
[111: _Ibid._]
[112: _Ibid._]
[113: Voir le _Divorce de Napoléon_ et les _Mémoires de Metternich_.]
[114: _Mémoires de Metternich_, t. II.]
[115: _Mémoires_, t. III, p. 161.--M. de Talleyrand avait dit à Méneval,
en paraissant regretter le départ de Marie-Louise, que toutes les
combinaisons avaient dû échouer devant le fait de l'existence de
l'Empereur; _que l'Empereur mort, tout eût été facile_; mais que tant
qu'il aurait vécu, son abstention eût été illusoire. (_Souvenirs de
Méneval_, t. III.)]
[116: Cité par I. DE SAINT-AMAND, dans _Marie-Louise et les
Cent-jours_.]
[117: _Mémoires de Bausset_, t. II.]
[118: _Ibid._]
[119: MÉNEVAL, t. III.]
[120: Voy. THIERS, _le Consulat et l'Empire_, t. XVII.]
[121: Une personne qui l'avait vue de près, lady Burghersh, femme de
l'attaché militaire à l'ambassade d'Angleterre, disait de son refus
déguisé de se rendre auprès de Napoléon: «Je pense que c'est un monstre,
car elle prétendait l'aimer, et il s'est toujours bien conduit envers
elle. C'est révoltant à elle de l'abandonner dans son malheur, après
avoir affecté de l'adorer dans sa prospérité...» (Voir le
_Correspondant_ du 10 juin 1894. Cité par Mme Marie Dronsart.)]
[122: MÉNEVAL, t. III.]
[123: _Vie de Napoléon II_, Paris, 1832, chez Ladvocat.]
[124: BAUSSET, t. III.]
[125: MÉNEVAL, t. III.]
[126: _Notice historique sur le général Caffarelli_, par Ul. TRÉLAT.]
[127: La maison de Neipperg est une ancienne maison féodale de Souabe
qui est présumée descendre de Conrad de Neipperg en 1261. Celui qui
devint le mari morganatique de Marie-Louise s'appelait Adam-Albert. Il
était le fils d'Adam-Adalbert, comte de Neipperg, et de la comtesse
Pola. L'_Almanach de Gotha_ relate officiellement son mariage avec
«Marie-Louise, duchesse de Parme, Plaisance et Guastalla, veuve de
Napoléon Ier, empereur des Français, née archiduchesse d'Autriche».]
[128: MÉNEVAL, t. III.]
[129: «Ce buste, dit M. de Bausset, suivit Napoléon à Sainte-Hélène, et
c'est sur les traits de l'enfant que se reposèrent les yeux du père
mourant.» (T. III.)]
[130: Voir la lettre de Talleyrand à Metternich, en date du 9 août
1814.--Il paraîtrait cependant que Marie-Louise a dû recevoir des
émissaires de Fouché aux eaux d'Aix. On a même prétendu qu'Isabey et que
Corvisart l'avaient pressentie sur la question de la régence. (Voir
Henri HOUSSAYE, _1815_.)]
[131: MÉNEVAL, t. III]
[132: _Souvenirs de la générale Durand._]
[133: BAUSSET, t. III.]
[134: Voy. _Mémoires de Talleyrand_, t. II.--Il est curieux de voir à ce
propos ce que disait une dépêche du comte de Bombelles, datée de Paris,
1er septembre 1814, et adressée à Metternich:
«... Quoi qu'en disent les feuilles françaises, la France est loin
d'être tranquille. L'armée, tout en se réorganisant, conserve un mauvais
esprit... Le peuple, en général, est assez paisible. Las de tant de
troubles et de malheurs, il ne se révoltera contre aucun gouvernement et
ne sera foncièrement attaché à aucun. Il fallait aux Romains du temps de
Suétone du pain et des spectacles. Cette devise est devenue entièrement
celle de la France... Tout ira tant bien que mal si la paix subsiste,
mais une guerre quelconque perdrait la France. Il n'est pas inutile que
Votre Altesse soit bien convaincue de cette vérité. Elle doit diminuer
de beaucoup l'influence que M. de Talleyrand cherchera à se donner au
Congrès. Il compte partir le 10 pour Vienne.»
_Ausgang der französichen Herrschafft in Ober Italien_, par le baron DE
HELFERT, _Archiv fur Œsterreichische Geschichte_, t. LXXVI, 1890.]
[135: BAUSSET, t. III.]
[136: Voy. _Mémoires de Talleyrand_, t. II--Talleyrand affirme que cette
substitution eut lieu sur l'invitation de l'empereur d'Autriche.]
[137: Voir la lettre de Louis XVIII à Talleyrand, du 21 octobre 1814.
(_Mémoires_, t. II.)]
[138: MÉNEVAL, t. III.]
[139: _Mémoires de Talleyrand_, t. III.]
[140: _Mémoires_, t. II, p. 474]
[141: _Ibid._, t. II.]
[142: _Ibid._]
[143: L'infante Marie-Louise, troisième fille de Charles IV, roi
d'Espagne, avait été régente du royaume d'Étrurie après la mort de son
époux, Louis Ier, en 1803. Elle ne sut pas gouverner son royaume et dut
le quitter en 1807, époque à laquelle il fut annexé à la France.
Marie-Louise obtint une compensation en Portugal. (Voir _Le royaume
d'Étrurie_, par P. MARMOTTAN, 1896.)]
[144: _Mémoires_, t. II.]
[145: Voir MÉNEVAL, t. III.]
[146: _Mémoires de Talleyrand_, t. II.]
[147: _Ibid._, t. III.]
[148: _Mémoires_, t. III.]
[149: Archives des Affaires étrangères, vol. 688.]
[150: _Mémoires_, t. III.]
[151: On n'en a d'ailleurs pas tenu à la date du 24 février.]
[152: Archives des affaires étrangères, vol. 688, p. 164 à 167.]
[153: _Souvenirs de Méneval_, t. III.]
[154: Il faut en excepter particulièrement M. Henri Houssaye. Voir son
_1815_, p. 158 à 165.]
[155: Voir _Mémoires de Talleyrand_, t. II.]
[156: Voir Henri HOUSSAYE, _1815_, p. 170.]
[157: Éduard WERTHEIMER, _Talleyrand in Wien zur Congresszeit_; Art. de
la _Neue Freie Presse_ du 11 avril 1896.--Cette lettre porte l'adresse
du prince de Talleyrand à Vienne.]
[158: Voy. _Fêtes et souvenirs du congrès de Vienne_, par le comte DE LA
GARDE, 1843, et _Mémoires de M. de Bausset_, t. III.]