Le 15 décembre 1809, deux mois après la paix de Vienne, en présence de

l'impératrice Joséphine, de Madame Mère, des rois, des reines et

princesses, ses frères et sœurs, Napoléon avait déclaré solennellement

que le bien de l'État exigeait que des héritiers nés de lui pussent

monter un jour sur le trône, afin de consacrer une dynastie chère à ses

peuples et de garantir la paix du monde. Depuis trois ans, il pensait à

un sacrifice que la politique et le bien de l'État semblaient lui

commander impérieusement. Pour arriver au but de ses désirs, il lui

fallut briser le cœur d'une femme qui l'adorait, violer le statut de

1806, qui interdisait le divorce aux membres de la famille impériale,

méconnaître certaines dispositions formelles du Code, obtenir par ruse

et par menace d'une Officialité tremblante la rupture des liens

spirituels de son premier mariage en se passant de l'autorisation du

Pape, seul juge compétent pour les souverains, faire plier à ses

volontés le conseil ecclésiastique de France et jusqu'à l'archevêque de

Vienne, satisfaire surtout son orgueil en se décidant pour l'union avec

la Maison d'Autriche, qui devait lui être si funeste, et commencer avec

la Russie une inimitié qui allait aboutir aux désastres de 1812. Nulle

considération n'avait été capable de l'arrêter. Il lui fallait à tout

prix un fils. Il l'a eu le 20 mars, anniversaire du jour où, sur son

ordre, des mains criminelles avaient, dans le fossé de Vincennes, creusé

la tombe du duc d'Enghien, dix heures avant le simulacre d'un jugement.

Il eût pu, cependant, profiter de la naissance de son héritier pour

modifier sa politique. Pie VII, qu'il avait outragé et violenté,

consentait encore à lui pardonner, s'il reconnaissait les véritables

intérêts de l'Empire. «Il a dans les mains, disait-il le 16 mai 1810 au

comte de Lebzeltern, s'il se rapproche de l'Église, les moyens de faire

tout le bien de la religion, d'attirer à soi et à sa race la bénédiction

des peuples et de la postérité et de laisser un nom glorieux sous tous

les aspects.» Or, loin de se réconcilier avec la Papauté et l'Église,

l'Empereur leur porta de nouveaux et terribles coups. Mais le triomphe

de celui qui ne craignait même pas, comme les Germains superbes, que le

ciel s'écroulât sur sa tête, ce triomphe n'a point duré.

Avec le fils de Napoléon, qui n'a porté que quelques jours le nom de

Napoléon II, et qui est mort juste à l'âge où il aurait pu commencer un

règne, s'est éteint ce titre brillant et fastueux de roi de Rome qui ne

reparaîtra plus dans les annales des souverains. Le sénatus-consulte du

17 février 1810 disait, dans ses considérants, que la ville de Rome

avait craint un instant «de descendre du rang moral où elle se croyait

encore placée, mais qu'elle allait remonter plus haut qu'elle n'avait

été depuis le dernier des Césars...». Les courtisans de Napoléon

s'étaient, à cet égard, répandus en flatteries et en promesses. Quelques

années ont passé, et tout a été dit. Une petite île perdue dans l'Océan

est devenue le tombeau du grand Empereur. Les froids lambris d'un palais

étranger, qui avaient deux fois abrité sa gloire, ont reçu le dernier

soupir de son fils. Et cette Rome, dont l'enfant impérial avait pris le

nom, a vu rentrer dans ses murs la Papauté triomphante que le plus

orgueilleux des despotes croyait en avoir exilée pour jamais.

FIN.

NOTES

[1: Voir _Le duc d'Enghien_, librairie Plon, 1888.]

[2: _Mémoires de Metternich_, t. V, p. 266.]

[3: La Constitution impériale du 28 floréal an XII (18 mai 1804) disait

dans l'article IX que «le fils aîné de l'Empereur porte le titre de

prince impérial». À ce moment, Napoléon espérait encore avoir des

enfants de Joséphine. Mais quand il a divorcé, il se croit sûr d'avoir

un fils, et il substitue au titre de «prince impérial» celui de «Roi de

Rome». Cependant le sénatus-consulte du 5 février 1813, relatif à la

régence, parlait du «prince impérial, roi de Rome».]

[4: Le 25 février 1810, il avait décrété que l'édit de Louis XIV sur la

Déclaration du clergé de France, donné au mois de mars 1682, était loi

de l'Empire.]

[5: _Correspondance de Napoléon_, t. XX, p. 195.]

[6: Voir pour le détail mon ouvrage sur _Le Divorce de Napoléon_,

librairie Plon, 1889.]

[7: Il en sera de ce dessein comme des autres qui avaient pour but de

détruire l'autorité du Saint-Siège. La parole du Psalmiste deviendra une

prophétie: «_Cogitaverunt concilia quæ non potuerunt stabilire_»; et la

menace qu'elle contient produira ses terribles effets: «_Fructum eorum

de terra perdes et semen eorum a filiis hominum_.»]

[8: _Correspondance de Napoléon_, t. XX, page 198.]

[9: Voir l'entretien du comte de Lebzeltern avec Pie VII, le 16 mai

1810. Cf. _Le Divorce de Napoléon_, p. 231, note.]

[10: Voir _Pièces justificatives_ du tome III de l'ouvrage du comte

d'HAUSSONVILLE, _L'Église romaine et l'Empire_.]

[11: _Correspondance de Napoléon_, t. XX, p. 196 et 262.]

[12: Archives nationales. Fic 105.]

[13: _Ibid._]

[14: _Ibid._]

[15: _Ibid._]

[16: Elle se trouvait déjà dans le _Missel parisien_ édité par Mgr de

Vintimille en 1738, parmi les _Orationes ad diversa_. C'est la même

oraison que prescrivit à toutes les églises de son diocèse, pour

l'impératrice Eugénie, l'archevêque de Paris, Mgr Sibour, en 1855.]

[17: C'est l'oraison _Pro impetrando Delphino_.]

[18: _Carmen in proximum et auspicatissimum Augustæ Prægnantis partum,

scribebat N. E. Lemaire, Kalendariis januariis_ 1811.]

[19: _Napoléon et Alexandre_, t. II, p. 318.]

[20: _Mémoires_, t. III.]

[21: M. Amédée Lefèvre-Pontalis, ancien député, possède le voile de

dentelles qui couvrait le dessus du berceau. Il le tient de sa

grand'mère, Mme Soufflot, sous-gouvernante du Roi.]

[22: Voir sa lettre à Napoléon, en date du 18 février 1810.]

[23: Archives nationales, AFiv 1097.]

[24: Sur sa proposition, le Conseil d'administration du Sénat vota une

pension viagère de dix mille francs au page Berton de Sambuy qui était

venu apporter aux sénateurs la nouvelle de la naissance du roi de Rome.]

[25: Archives nationales, AFiv 1453.]

[26: Voir dans mon ouvrage _La Censure sous le premier Empire_ les pages

250 à 252, relatives à ce sujet.]

[27: Archives nationales, Fic 105.]

[28: L'un d'eux, un Allemand, Schmitz, avait dû se donner bien du mal

pour composer certaines _Réflexions musicales sur les douleurs de

l'enfantement_. (Archives nationales, AFiv 1453.)]

[29: Archives nationales, AFiv 1290.]

[30: _Ibid._, AFiv 1323.]

[31: _Ibid._, AFiv 1685.]

[32: Il s'agit de Frédéric de Schill, un des adversaires les plus

acharnés de Napoléon, qui donna en 1809 le signal de la révolte en

Prusse et fut tué au siège de Stralsund.]

[33: Archives nationales, AFiv 1690.]

[34: _Ibid._, AFiv 1453.--22 mars 1811.]

[35: Voir _Le Divorce de Napoléon_, ch. II.]

[36: Archives nationales, O2 41.--Pour ses dépenses du 27 mars au 30

avril 1810, Metternich avait reçu alors près de cent mille francs sur la

cassette impériale. (Voy. Bibliothèque nationale, _Fonds fr._, vol.

6594.)]

[37: Les fêtes des Tuileries et de Saint-Cloud coûtèrent plus de trois

cent cinquante mille francs. Après le baptême, quarante mille francs de

gratification furent distribués aux archevêques d'Aix et de Malines, aux

évêques de Versailles, de Montpellier, de Bruges et de Gand, aux maîtres

des cérémonies, chapelains et chanoines.]

[38: _Correspondance de Marie-Louise._ Vienne, 1887, in-12.--Des

courtisans avaient fait courir le bruit que l'archiduchesse était restée

reconnaissante à Napoléon de n'avoir pas fait bombarder, en 1809, le

palais où elle demeurait à Vienne. À ce moment, Marie-Louise était à

Bude.]

[39: _Correspondance de Marie-Louise._]

[40: _Ibid._]

[41: Lord Liverpool disait à lord Holland, à propos de Marie-Louise,

«que jamais femme ne fut courtisée d'une façon si bizarre, et que jamais

femme ne fut de cette façon obtenue». Il comparait la conduite de

Napoléon en cette circonstance «à un assaut donné, plutôt qu'à une cour

faite». (_Souvenirs diplomatiques de lord Holland._)]

[42: _Correspondance de Marie-Louise_, p. 1]

[43: _Ibid._, p. 96.]

[44: _Tagebuch_, 15 février 1810.]

[45: _Souvenirs de la générale Durand._]

[46: _Correspondance de Napoléon_, t. XXII.]

[47: La maison du roi de Rome était composée en 1812 d'une gouvernante,

de deux sous-gouvernantes, Mmes de Boubers et de Mesgrigny, d'un

secrétaire des commandements, d'un secrétaire de la gouvernante, d'un

médecin, d'un chirurgien, de trois femmes de chambre, d'une nourrice et

de deux nourrices retenues, d'une surveillante des nourrices, de trois

berceuses, de deux femmes et de deux filles de garde-robe, de deux

valets de chambre; d'un maître d'hôtel, d'un écuyer tranchant, de deux

garçons de garde-robe et de plusieurs pages. Mme Soufflot ne devint

sous-gouvernante qu'en 1814. Elle était première dame du Roi dès 1811.]

[48: _Souvenirs de la générale Durand._--Du jour où il put espérer un

héritier, Napoléon songea à construire pour lui un palais sur les

hauteurs de Chaillot. Il voulait y consacrer seize millions. «L'Élysée

ne me plaît point, disait-il, et les Tuileries sont inhabitables. Je

veux en quelque façon que ce soit un Sans-Souci renforcé, un palais

agréable, plutôt qu'un beau palais.» Les événements empêchèrent la

réalisation de ce projet. (Voy. _Mémoires de Bausset et de Méneval_.)]

[49: _Mémoires de Méneval_, t. III. (Édition de 1894, publiée par son

petit-fils.)]

[50: «L'Empereur d'Autriche allait la combler de bénédictions,

l'Impératrice lui prodiguerait des caresses un peu forcées, et

finalement, après beaucoup d'effusions, on se séparerait entre

belle-mère et belle-fille, plus fraîchement que l'on ne s'était

retrouvé.» (Albert VANDAL, _Napoléon et Alexandre_, t. III.)]

[51: _Mémoires de Bausset_, t. II.--Voy. aussi TOLSTOÏ, _La Guerre et la

Paix_, t. III, p.80.]

[52: _Mémoires_, t. II, p. 47.--Cependant il croyait bien que la France

était attachée au roi de Rome, car il dit au Conseil d'État: «Si le

peuple montre tant d'amour pour mon fils, c'est qu'il est convaincu, par

sentiment, des bienfaits de la monarchie.»]

[53: MÉNEVAL, t. III, pages 99 et 102.]

[54: _Correspondance de Marie-Louise._ Vienne, 1887.]

[55: _Histoire de la Restauration_, t. 1.]

[56: _Napoléon et les femmes_, 1 vol. in-8°, chez Ollendorff.]

[57: _Souvenirs du comte d'Haussonville._]

[58: _Dépêches inédites aux hospodars de Valachie._--Gentz définissait

ainsi sa politique: «Autant d'alliance avec Napoléon qu'il en fallait

pour ne pas se ranger en pure perte au nombre de ses ennemis, et juste

aussi peu qu'il en fallait pour ne pas se brouiller directement et sans

retour avec les puissances liguées contre lui.»]

[59: ONCKEN, _Œsterreichs und Preussen Befreiuns-Kriege_, t. I, Berlin,

1876-1879.]

[60: ONCKEN, t. I.]

[61: Le rapprochement entre la Suède, l'Angleterre et la Russie avait

été habilement opéré par M. de Neipperg, ambassadeur en Suède. (Voy.

_Mémoires d'un homme d'État_, t. II.)]

[62: ONCKEN, t. I, et _Œsterreichische Geschichte_, t. LXXVII.]

[63: Rapport du comte de Bubna sur l'entrevue de Prague, le 16 mai 1813.

Voy. ONCKEN, t. II, p. 650, et les _Essais d'histoire et de critique_,

par M. Albert SOREL. (_Metternich._)]

[64: Ce n'est pas ce que Metternich disait en 1809 et 1810. Il convient,

à ce propos, de relire ses lettres à Schwarzenberg et à Mme de

Metternich, où dominait l'orgueil de l'avoir emporté sur la Russie dans

une alliance alors si recherchée.--Voir les _Mémoires de Metternich_, t.

II, p. 302 à 332, et mon ouvrage, _le Divorce de Napoléon_, p. 148 à

192.]

[65: Voir le récit si vivant de cette entrevue dans les Annexes de

_Napoléon et ses détracteurs_, par le prince NAPOLÉON, pièce II, p.

306.]

[66: On verra un peu plus loin que Marie-Louise fit cette démarche

auprès de François II.]

[67: _Souvenirs de lord Holland._]

[68: Ils se conformaient ainsi habilement aux instructions secrètes

données depuis longtemps par Alexandre à Novossiltzof, ambassadeur de

Russie en Angleterre: «On déclarera à cette nation que ce n'est pas à

elle qu'on en veut, mais uniquement à son gouvernement.» (Voy. les

_Plans de la Coalition en 1804_, par M. Albert SOREL, dans le _Temps_ du

8 septembre 1895.)--Le 9 novembre 1813, M. de Metternich avait dit à M.

de Saint-Aignan, ministre de France à Weimar, que la France devait

conserver ses limites naturelles.]

[69: Du 17 janvier 1805 au 15 novembre 1814, le Sénat avait décrété la

levée de 2,173,000 hommes.]

[70: Dans un gracieux tableau, exposé au Salon des Champs-Élysées en

1896, M. Dawant a représenté Napoléon laissant sa main prise entre les

petites mains de son fils endormi. L'Empereur est assis dans un fauteuil

à côté du berceau, le front soucieux. Il est captif de ce petit être,

pendant que son esprit médite les combats suprêmes qu'il va falloir

livrer.]

[71: _Œsterreichs Theilnahme an der Befreiuns-Kriege_, von GENTZ, 29

janvier 1814.]

[72: MÉNEVAL, _Mémoires_.--D'autre part, le chancelier Pasquier

rappelle, dans ses _Mémoires_, que Metternich affirmait, le 18 mars, à

Caulaincourt «que les vœux de l'Autriche étaient en faveur d'une

dynastie intimement liée à la sienne». (T. II.)--Six semaines

auparavant, il avait écrit à Caulaincourt que le jour où François II

avait donné sa fille au prince qui gouvernait l'Europe, il avait cessé

de voir en lui un ennemi personnel. Le sort de la guerre avait seul

changé son attitude. Si Napoléon voulait écouter la voix de la raison,

François II reviendrait aux sentiments qu'il avait au moment où il lui

avait confié son enfant de prédilection. Sinon, «il déplorerait le sort

de sa fille, sans arrêter sa marche!»]

[73: _Œsterreichs Theilnahme an der Befreiuns-Kriege._]

[74: _Ibid._--Il ne faut pas croire que nos ennemis étaient toujours

aussi navrés. En effet, après la prise de Troyes, le grave Metternich

écrivait à Schwarzenberg: «Cette nouvelle Troie ne nous a pas arrêtés

dix ans comme l'ancienne avait arrêté les héros de la Grèce. Si j'étais

Lichnowsky, je vous dirais que vous ne faites ni une ni deux pour avoir

Troyes; que Napoléon vous a dispensé de vous mettre en quatre pour la

prendre.»

Metternich n'aura plus l'idée de faire de calembours, lorsque Napoléon

reprendra cette même Troyes et forcera Schwarzenberg à battre en

retraite, après la bataille de Nangis.]

[75: _Œsterreichs Theilnahme an der Befreiuns-Kriege_, 7 mars 1814.]

[76: _Ibid._]

[77: _Ibid._]

[78: Sa lettre du 3 mars à l'Empereur est un monument de fermeté et de

noblesse. Elle fait un singulier honneur à sa mémoire.]

[79: Voir, entre autres, sur cette abdication, les récits de Pelet,

Ségur, Fain, Marmont, Macdonald, Thiers, Pasquier, Henri Houssaye.]

[80: L'article 5 du traité de Fontainebleau était ainsi rédigé: «Les

duchés de Parme, de Plaisance et de Guastalla appartiendront en toute

propriété et souveraineté à Sa Majesté l'Impératrice Marie-Louise. Ils

passeront à son fils et à sa descendance en ligne directe. Le prince,

son fils, prendra, dès ce moment, le titre de prince de Parme, de

Plaisance et de Guastalla.»]

[81: Le traité de Fontainebleau, qui figure à la page 493 _bis_, numéro

du 5 mai 1814 du _Moniteur universel_, dit que «les puissances alliées

ne pouvaient ni ne voulaient oublier la place qui appartient à

l'empereur Napoléon dans l'histoire de son siècle». C'est Alexandre qui

avait tenu à cette généreuse déclaration.]

[82: _Mémoires de Metternich_, t. II.]

[83: Consulter à ce sujet les _Mémoires du chancelier Pasquier_, t. II.

On y voit, entre autres, que Pasquier était opposé au départ, comme le

duc de Massa. Il le fit avec tant de franchise que Talleyrand dit en

secret à Mme de Rémusat que M. Pasquier avait donné le conseil le plus

contraire aux Bourbons.]

[84: _Mémoires de Méneval_, t. III.]

[85: MÉNEVAL, t. III.]

[86: _Mémoires de Bausset_, t. II.--Quelques jours après, le même de

Bausset, qui paraissait si dévoué et si impartial, avouait

confidentiellement à un agent des Bourbons qu'il était attaché à la

monarchie légitime par les services de ses ancêtres, et qu'il lui

offrait une franche adhésion. Il appelait le règne de Napoléon «une

interpolation». Il désirait devenir un des maréchaux de la cour, car ce

ridicule «nom de préfet du palais, disait-il, ne saurait subsister». Il

avait conseillé à Marie-Louise de retourner en Autriche et de mettre fin

«à une niaiserie sentimentale», en déliant «les nœuds d'une conjugalité»

qu'il regardait comme expirée. Enfin, il s'exprimait ainsi sur Napoléon

qu'il avait servi à genoux: «Cet homme a eu un moment tout le bonheur de

Mahomet, ainsi que son audace et son charlatanisme!» Tant de platitude

et d'ingratitude ne suffit pas pour faire obtenir à M. de Bausset le

poste de maréchal de la Cour. (Voir le _Cabinet noir_, par M.

D'HÉRISSON.)]

[87: _Notice historique sur le général Caffarelli_, par Ul. TRÉLAT.]

[88: Cf. Thiers, Méneval, Bausset, Durand, Caffarelli, etc. Le duc de

Rovigo dit que l'ascendant de Mme de Montesquiou put seul le calmer.

«Encore fallut-il qu'elle lui promît bien de le ramener, pour le décider

à se laisser emporter.» (_Mémoires_, t. VII.)]

[89: BAUSSET, t. II.]

[90: M. Pasquier assure qu'il éclata même des murmures. (_Mémoires_, t.

II.)]

[91: «Le gouvernement d'une femme faible et ignorante ouvrait une belle

perspective à l'égoïsme de cette âme; ce qu'il désirait, c'était la

régence de Marie-Louise.» (Louis BLANC, _Histoire de dix ans_.)]

[92: Voy. Henri HOUSSAYE, _1814_, liv. VIII, § I.--Talleyrand avait

cependant laissé entendre à Méneval qu'il eût préféré la régence à la

Restauration.]

[93: _Mémoires de Talleyrand_, t. III, p. 155.]

[94: _Mémoires de Pasquier_, t. II.]

[95: D'après Gentz, ce n'est qu'à partir de la rupture des conférences

de Châtillon que Metternich se mit «nettement à la tête du système qui

devait rappeler les Bourbons». (_Dépêches inédites de Gentz._)--C'est ce

que dit aussi Prokesch-Osten (page 99).]

[96: Voy. Imbert DE SAINT-AMAND, _Marie-Louise et l'invasion en 1814_.]

[97: _Mémoires de Bausset_, t. II, et _Mémoires du colonel de Garbois_.]

[98: Le même jour, ce triste personnage écrivait à Talleyrand qu'il

adhérait à tous les actes faits par le Sénat depuis le 1er avril.]

[99: «Nous commençons à espérer, écrit Mme de Rémusat à son fils

Charles, qu'il n'y aura pas de bataille, et que, l'armée se débandant,

le sang français sera épargné.» (_Correspondance de Mme de Rémusat_, t.

I.)--Voy. cette même note dans la belle étude du comte d'HAUSSONVILLE

sur le _Congrès de Vienne_. (_Revue des Deux Mondes_, 1862.)]

[100: _Souvenirs du comte d'Haussonville._]

[101: Voir sur le séjour de Marie-Louise à Blois un intéressant écrit,

_La Régence à Blois_, Paris, 1814, 27 pages in-8°.]

[102: Qu'on se rappelle ses paroles à Caulaincourt, lorsqu'il regrette

que les alliés n'aient point donné la Toscane à sa femme: «Elle n'aurait

eu que le canal de Piombino à traverser pour me rendre visite. Ma prison

aurait été comme enclavée dans ses États. À ces conditions, j'aurais pu

espérer de la voir. J'aurais même pu aller la visiter; et quand on

aurait vu que j'avais renoncé au monde, que, nouveau Sancho, je ne

songeais plus qu'au bonheur de mon île, on m'aurait permis ces petits

voyages.» (Voy. THIERS, t. XVII.)]

[103: _Souvenirs du comte d'Haussonville._]

[104: MÉNEVAL, _Mémoires_, t. III.]

[105: La générale Durand cite aussi un fait de ce genre. (Voir ses

_Souvenirs_.)]

[106: MÉNEVAL, t. III.]

[107: On rapporte que le petit roi de Rome, s'amusant à distribuer des

bonbons à des enfants qui étaient venus le voir jouer, leur dit tout à

coup avec un triste sourire: «Je voudrais bien vous en donner davantage,

mais je n'en ai plus. Le roi de Prusse m'a tout pris!» Le comte de Suzor

affirme avoir entendu ce propos.]

[108: _Histoire de France_, par BIGNON, t. XIV.]

[109: _Souvenirs de la générale Durand._]

[110: MÉNEVAL, t. III.]

[111: _Ibid._]

[112: _Ibid._]

[113: Voir le _Divorce de Napoléon_ et les _Mémoires de Metternich_.]

[114: _Mémoires de Metternich_, t. II.]

[115: _Mémoires_, t. III, p. 161.--M. de Talleyrand avait dit à Méneval,

en paraissant regretter le départ de Marie-Louise, que toutes les

combinaisons avaient dû échouer devant le fait de l'existence de

l'Empereur; _que l'Empereur mort, tout eût été facile_; mais que tant

qu'il aurait vécu, son abstention eût été illusoire. (_Souvenirs de

Méneval_, t. III.)]

[116: Cité par I. DE SAINT-AMAND, dans _Marie-Louise et les

Cent-jours_.]

[117: _Mémoires de Bausset_, t. II.]

[118: _Ibid._]

[119: MÉNEVAL, t. III.]

[120: Voy. THIERS, _le Consulat et l'Empire_, t. XVII.]

[121: Une personne qui l'avait vue de près, lady Burghersh, femme de

l'attaché militaire à l'ambassade d'Angleterre, disait de son refus

déguisé de se rendre auprès de Napoléon: «Je pense que c'est un monstre,

car elle prétendait l'aimer, et il s'est toujours bien conduit envers

elle. C'est révoltant à elle de l'abandonner dans son malheur, après

avoir affecté de l'adorer dans sa prospérité...» (Voir le

_Correspondant_ du 10 juin 1894. Cité par Mme Marie Dronsart.)]

[122: MÉNEVAL, t. III.]

[123: _Vie de Napoléon II_, Paris, 1832, chez Ladvocat.]

[124: BAUSSET, t. III.]

[125: MÉNEVAL, t. III.]

[126: _Notice historique sur le général Caffarelli_, par Ul. TRÉLAT.]

[127: La maison de Neipperg est une ancienne maison féodale de Souabe

qui est présumée descendre de Conrad de Neipperg en 1261. Celui qui

devint le mari morganatique de Marie-Louise s'appelait Adam-Albert. Il

était le fils d'Adam-Adalbert, comte de Neipperg, et de la comtesse

Pola. L'_Almanach de Gotha_ relate officiellement son mariage avec

«Marie-Louise, duchesse de Parme, Plaisance et Guastalla, veuve de

Napoléon Ier, empereur des Français, née archiduchesse d'Autriche».]

[128: MÉNEVAL, t. III.]

[129: «Ce buste, dit M. de Bausset, suivit Napoléon à Sainte-Hélène, et

c'est sur les traits de l'enfant que se reposèrent les yeux du père

mourant.» (T. III.)]

[130: Voir la lettre de Talleyrand à Metternich, en date du 9 août

1814.--Il paraîtrait cependant que Marie-Louise a dû recevoir des

émissaires de Fouché aux eaux d'Aix. On a même prétendu qu'Isabey et que

Corvisart l'avaient pressentie sur la question de la régence. (Voir

Henri HOUSSAYE, _1815_.)]

[131: MÉNEVAL, t. III]

[132: _Souvenirs de la générale Durand._]

[133: BAUSSET, t. III.]

[134: Voy. _Mémoires de Talleyrand_, t. II.--Il est curieux de voir à ce

propos ce que disait une dépêche du comte de Bombelles, datée de Paris,

1er septembre 1814, et adressée à Metternich:

«... Quoi qu'en disent les feuilles françaises, la France est loin

d'être tranquille. L'armée, tout en se réorganisant, conserve un mauvais

esprit... Le peuple, en général, est assez paisible. Las de tant de

troubles et de malheurs, il ne se révoltera contre aucun gouvernement et

ne sera foncièrement attaché à aucun. Il fallait aux Romains du temps de

Suétone du pain et des spectacles. Cette devise est devenue entièrement

celle de la France... Tout ira tant bien que mal si la paix subsiste,

mais une guerre quelconque perdrait la France. Il n'est pas inutile que

Votre Altesse soit bien convaincue de cette vérité. Elle doit diminuer

de beaucoup l'influence que M. de Talleyrand cherchera à se donner au

Congrès. Il compte partir le 10 pour Vienne.»

_Ausgang der französichen Herrschafft in Ober Italien_, par le baron DE

HELFERT, _Archiv fur Œsterreichische Geschichte_, t. LXXVI, 1890.]

[135: BAUSSET, t. III.]

[136: Voy. _Mémoires de Talleyrand_, t. II--Talleyrand affirme que cette

substitution eut lieu sur l'invitation de l'empereur d'Autriche.]

[137: Voir la lettre de Louis XVIII à Talleyrand, du 21 octobre 1814.

(_Mémoires_, t. II.)]

[138: MÉNEVAL, t. III.]

[139: _Mémoires de Talleyrand_, t. III.]

[140: _Mémoires_, t. II, p. 474]

[141: _Ibid._, t. II.]

[142: _Ibid._]

[143: L'infante Marie-Louise, troisième fille de Charles IV, roi

d'Espagne, avait été régente du royaume d'Étrurie après la mort de son

époux, Louis Ier, en 1803. Elle ne sut pas gouverner son royaume et dut

le quitter en 1807, époque à laquelle il fut annexé à la France.

Marie-Louise obtint une compensation en Portugal. (Voir _Le royaume

d'Étrurie_, par P. MARMOTTAN, 1896.)]

[144: _Mémoires_, t. II.]

[145: Voir MÉNEVAL, t. III.]

[146: _Mémoires de Talleyrand_, t. II.]

[147: _Ibid._, t. III.]

[148: _Mémoires_, t. III.]

[149: Archives des Affaires étrangères, vol. 688.]

[150: _Mémoires_, t. III.]

[151: On n'en a d'ailleurs pas tenu à la date du 24 février.]

[152: Archives des affaires étrangères, vol. 688, p. 164 à 167.]

[153: _Souvenirs de Méneval_, t. III.]

[154: Il faut en excepter particulièrement M. Henri Houssaye. Voir son

_1815_, p. 158 à 165.]

[155: Voir _Mémoires de Talleyrand_, t. II.]

[156: Voir Henri HOUSSAYE, _1815_, p. 170.]

[157: Éduard WERTHEIMER, _Talleyrand in Wien zur Congresszeit_; Art. de

la _Neue Freie Presse_ du 11 avril 1896.--Cette lettre porte l'adresse

du prince de Talleyrand à Vienne.]

[158: Voy. _Fêtes et souvenirs du congrès de Vienne_, par le comte DE LA

GARDE, 1843, et _Mémoires de M. de Bausset_, t. III.]

Le Roi de Rome (1811-1832) · 第 41 / 45 段