4 septembre.

Aujourd’hui partent encore environ 55 chameaux pour In-Salah. La plupart

des charges sont des cotonnades anglaises.

J’ai probablement négligé de noter une coutume des Touareg qui est de ne

jamais coucher en ville. Cela est encore considéré A’ïb ou péché, tant

pour les hommes que pour les femmes. Jamais ils ne manquent à cette

règle. Quand les Touareg arrivent à Ghadāmès, ils vont trouver leur ami

Ghadāmsi, c’est-à-dire le marchand qui leur confie ses charges de

marchandises, etc. Celui-ci sort une tente de toile ronde pour son ami

targui et la lui prête pendant tout le temps de son séjour.

Othman se moque chez moi des Merazig et des Ghorib ; les Arabes, me dit-

il, sont si avares du bien de ce monde, que l’ambassade du Nefzaoua,

composée de sept hommes, est arrivée sur trois chameaux ! Ils ont

apporté un présent de haoulis, mais tous les parents et amis

d’Ikhenoukhen viennent lui demander leur part du tribut, de sorte qu’il

n’en conservera probablement rien pour lui.

Je vais voir le moudir dans son jardin ; comme il est là, seul avec le

cheikh, il est très aimable et m’explique qu’il a des dettes

occasionnées par ses longs voyages dans les dernières années, que c’est

pour cela qu’il désire rester à Ghadāmès quelques années pour se

refaire. — Ce Turc est à crever de rire avec ses airs d’importance. Je

ne vais pas le voir qu’il ne me répète plusieurs fois avec une grimace

dégoûtée : « Mon cœur est fatigué des affaires de ce monde ».

Journal de route de Henri Duveyrier · 第 193 / 241 题