25 août.

Hier au soir, en allant voir Ikhenoukhen, j’ai remarqué que le sol de la

grande dépression où il est campé est composé, sauf une légère couche

superficielle, de cette roche terreuse, blanche et savonneuse déjà notée

dans les dunes, et j’y trouvai des planorbes et des limnées, ces

dernières un peu plus fortes que celles rencontrées au puits de Zouait.

Visite de Telingui, qui vient avec son brigand de frère et sa vieille

sœur. Telingui est toujours aussi belle et aussi gaie ; elle ne reste

pas longtemps. Je lui donne une feuille de papier pour qu’elle me la

remplisse de mots targuis en Tefînagh.

J’ai été obligé de rosser deux de mes serviteurs à coups de bâton ; ce

sont de vrais sauvages et ils ont la tête dure ! J’ai été forcé de les

menacer de mort dans le cas où ils s’en iraient. Ils trouvent le voyage

dur et s’imaginent qu’ils peuvent me planter là et s’en retourner chez

eux. Ahmed a repris la fièvre.

Les melons ont fini ; les pastèques sont à leur fin. J’achète

aujourd’hui des citrons verts pour faire de la limonade. J’ai déjà dit

qu’il y a un seul citronnier à Ghadāmès.

J’apprends que les pauvres Touareg, principalement les femmes, se

retirent à Ghadāmès ; dans chaque maison où ils se présentent et

demandent, on leur donne des vivres, de sorte qu’ils peuvent vivre sans

rien faire. C’est une coutume très ancienne, et une obligation des

Ghadāmsia qui rappelle les conditions de vie des habitants du Djérid.

L’eau d’ici est très lourde, les indigènes l’ont pesée comparativement à

celle des endroits voisins. Le moudir, moi et mes domestiques, nous

sommes à l’état permanent au _nec plus ultra_ de la diarrhée[267]. Mes

domestiques trouvent aussi l’air lourd.

Journal de route de Henri Duveyrier · 第 182 / 241 题