De bonne heure, le cheikh Ali vient m’apporter un panier de légumes. Il
m’apprend que chaque grande famille de nobles a ses ’Atriya nés depuis
longtemps des négresses de ses aïeux, et doit les protéger, leur fournir
du travail et de la nourriture s’ils sont dans le besoin. Il paraît que
les femmes ’Atriya n’ont pas toujours des mœurs très chastes.
On m’apporte des dattes mûres ; elles sont toutes petites et noirâtres,
mais je ne les trouve pas mauvaises.
Des Touareg viennent à l’heure du déjeuner frapper à la porte pour me
voir, mais je ne fais pas ouvrir. Le cheikh Othman m’approuve. Du reste,
ils n’ont pas insisté. Dans l’après-midi, le petit Abyssin m’apporte un
panier de légumes de la part du moudir. On sème en ce moment une
graminée, céréale, appelée ici El-Gossob[250], et dans le nord _dra’_ ;
on ne la récolte qu’à la fin de l’automne.
Visites de quelques grands de la ville.