9 août.

Nous partons comme toujours de bonne heure, et marchons entre les

_ghourds_ et les _zemlāt_[240]. Nous arrivons bientôt dans une série de

bas-fonds entre les dunes, que l’on a désignés sous le nom générique

d’El-Hiádh[241]. De temps en temps des pierres de calcaire gris plus ou

moins décomposé. Nous allons faire la sieste à l’extrémité sud du Haoudh

El-Hadj S’aīd, aussi nommé Hoūdh el Belbelāt à cause de la plante nommée

_belbal_ qui y croît. Le sol de ce terrain est très ferme, composé de

détritus de calcaire. Othman et les guides me désignent cet endroit

comme étant celui où l’on devrait tenter le forage d’un puits. La

présence de _belbal_, disent-ils, est un signe que l’eau ne doit pas

être loin. L’endroit me paraîtrait, à moi aussi, bien choisi.

Nous avons rencontré avant l’étape deux Souāfa venant de Ghadāmès avec

un chameau ; ils apportent la nouvelle que la plus grande partie des

Touareg ont quitté les environs de la ville par suite de la petite

vérole qui y règne et qui les décime. Si Othman me dit : « Dieu a créé

la petite vérole ennemie des Touareg et aussi la craignent-ils très

fort ». On me dit plus tard à Ghadāmès que si elle est si fatale pour

les Touareg, c’est qu’ils sont sales, et que même quand ils ont de

l’eau, ils font leurs ablutions en se frottant les mains sur une pierre.

Nous avons marché 14 h. 50 m. depuis la dernière étape. A notre départ,

la végétation, presque nulle comme toujours, se compose d’_álenda_, de

_drīn_ et de _hād_. A la nuit nous passons deux tombeaux d’individus

assassinés par les Arabes, dont l’un nommé Mîdi de Ghadāmès a donné son

nom à un ghourd voisin. Le vent a tourné à l’est. Nous marchons toute la

nuit et ne nous arrêtons qu’à 6 h. 65 m. du chronomètre le 10 août pour

faire la sieste. Cette deuxième étape a été de 13 h. 30 m. de marche.

Journal de route de Henri Duveyrier · 第 162 / 241 题