7 août.

Après un repos beaucoup moins long que celui d’hier nous repartons, et

rencontrons bientôt de nouveaux affleurements de calcaire. Nous arrivons

au commencement de la chaleur du jour à des dépressions irrégulières

allongées courant à peu près du E. 1/4 S. à l’O. 1/4 N., et séparées par

des chaînons de dunes. Othman m’assure que ces dépressions s’en vont

jusque sur la route de Ouarglā à Ghadāmès où elles prennent le nom de

Oudiān el Halma[233]. Je commence à remarquer qu’Othman a le sens

géographique très développé et qu’il possède, ce que je n’ai remarqué

chez aucun Arabe, la connaissance du rapport des différents accidents du

sol et de leur enchaînement. Nous faisons la sieste dans un de ces

derniers oueds, après une marche totale de 13 h. 46 m.

Dans la soirée, un de mes Arabes m’apporte une corne de _meha_[234]

qu’il a ramassée sur la route. Nous rencontrons des traces de chacals,

ce qui me donne l’occasion d’apprendre du cheikh Othman que partout,

dans son pays, les chacals boivent et ne s’éloignent pas de plus d’un ou

deux jours de la source qui les abreuve, qu’il ne connaît que l’Erg où

le chacal vive naturellement sans boire[235]. Le _fenek_ au contraire ne

boit jamais, et aussi se trouve-t-il presque exclusivement dans ces

sables. Un proverbe arabe dit : Trace de chacal, eau proche ; trace de

_fenek_, ceins-toi et marche.

Mon serviteur Ahmed a encore des accès de fièvre, ce qui dérange tout,

mes deux autres Arabes n’étant bons à rien ou à très peu de chose. La

végétation est toujours presque nulle[236]. Nous arrivons dans la nuit

au Sahan Tángăr où la route de Moui ’Aissa vient rejoindre celle de

Djedid ; près de là il y a, à droite, un petit _ghourd_[237] appelé

Gherīd Tángăr. Mes chameliers me font remarquer que la marche est

devenue plus rapide parce que les chameaux commencent à avoir diminué

notablement leur provision d’eau et ont le ventre allégé. Nous faisons

la halte de nuit à Ghourd es Sīd.

Journal de route de Henri Duveyrier · 第 160 / 241 题