Aujourd’hui il n’y a d’autres choses de remarquable que la demande du
Ghadamsi et de ses compagnons d’El-Ouad de partir avant nous. Le cheikh
Othman leur refuse net cette permission. Ces gens sont effrayés du sort
qui peut nous attendre et ne veulent le partager en aucune façon. Il y a
avec le Ghadamsi deux gens d’El-Ouad qui se rendent à Tripoli.
Le puits est toute la journée le rendez-vous des Roubaa’ya et Oulad
Hamed campés ici autour et qui sont divisés en trois petites nezlas ;
c’est là que la djemaa se tient, et l’on cause tandis que les femmes
puisent de l’eau et qu’un joueur de flûte joue des airs. Le puits n’est
pas un instant inoccupé tant il y a de monde, de chameaux, de moutons de
chèvres et d’ânes à abreuver. On m’apporte un agneau dont j’envoie la
moitié à Othman, qui vient passer une partie de la journée avec moi. On
veut reprendre le nègre. Hier et une partie de la journée, il est resté
caché dans les dunes et n’a mangé que quelques dattes qu’il avait
emportées.
J’ai eu des conversations très intéressantes avec Othman ; j’écris au
général de Martimprey[229] et à Paris.
Observations astronomiques comme hier soir.