Après avoir longé dans toute son étendue une petite chaîne de dunes
(Zemlet Ahmed Ben ’Aād), nous arrivons à un puits appelé Bīr ez Zouāīt,
dont l’eau de couleur verdâtre est lourde et légèrement saumâtre. Nous
nous arrêtons ici une heure, et en me promenant aux environs, je vois à
mon grand étonnement, dans un petit bas-fond semblable à celui du puits,
la surface du sable couverte par endroits de petites coquilles minces et
fragiles ressemblant en tous points à des coquilles d’eau douce, telles
que celles des genres _Limnæa_ ou _Bulla_[222]. Je m’abstiens de toutes
notices et dissertations sur cette trouvaille. Je remarquerai cependant
qu’aujourd’hui nous avons ensuite rencontré un grand nombre de petits
bas-fonds de ce genre, mais que je n’ai pu examiner ; ils ont au plus
100 mètres carrés de superficie et ne peuvent pas être pris en
considération sur la carte.
Nous voyageons le reste de la journée dans une plaine unie de sable avec
végétation variée d’_alenda_, _arta_, _ezal_, _drin_, etc... Nous
rencontrons un jeune _ourân_, des cigales et un petit oiseau gris que
j’ai déjà rencontré dans le Sahara et qui a pour cri la gamme en sautant
une note sur deux, chant à intervalles écartés de six à huit pauses.
Nous faisons la sieste dans un endroit qui ne présente rien de
remarquable, et après la sieste nous atteignons facilement, quoique à la
nuit tombante, le puits de Maleh ben ’Aoūn. Nous y rencontrons deux
Toroūd avec une dizaine de chameaux venant de Berresof et qui ne font
que prendre de l’eau au puits.