29 juillet.

Après avoir longé dans toute son étendue une petite chaîne de dunes

(Zemlet Ahmed Ben ’Aād), nous arrivons à un puits appelé Bīr ez Zouāīt,

dont l’eau de couleur verdâtre est lourde et légèrement saumâtre. Nous

nous arrêtons ici une heure, et en me promenant aux environs, je vois à

mon grand étonnement, dans un petit bas-fond semblable à celui du puits,

la surface du sable couverte par endroits de petites coquilles minces et

fragiles ressemblant en tous points à des coquilles d’eau douce, telles

que celles des genres _Limnæa_ ou _Bulla_[222]. Je m’abstiens de toutes

notices et dissertations sur cette trouvaille. Je remarquerai cependant

qu’aujourd’hui nous avons ensuite rencontré un grand nombre de petits

bas-fonds de ce genre, mais que je n’ai pu examiner ; ils ont au plus

100 mètres carrés de superficie et ne peuvent pas être pris en

considération sur la carte.

Nous voyageons le reste de la journée dans une plaine unie de sable avec

végétation variée d’_alenda_, _arta_, _ezal_, _drin_, etc... Nous

rencontrons un jeune _ourân_, des cigales et un petit oiseau gris que

j’ai déjà rencontré dans le Sahara et qui a pour cri la gamme en sautant

une note sur deux, chant à intervalles écartés de six à huit pauses.

Nous faisons la sieste dans un endroit qui ne présente rien de

remarquable, et après la sieste nous atteignons facilement, quoique à la

nuit tombante, le puits de Maleh ben ’Aoūn. Nous y rencontrons deux

Toroūd avec une dizaine de chameaux venant de Berresof et qui ne font

que prendre de l’eau au puits.

Journal de route de Henri Duveyrier · 第 153 / 241 题