Avant de partir, je mesure la direction de l’arête de la dune sous
laquelle j’ai dormi ; je la trouve égale à 150° (boussole) ; les grains
de sable sont chassés par le vent de l’est vers l’ouest. Presque au
début de la journée, nous arrivons aux Haouād el Azoūl où nous nous
séparons de la route de Mouï ’Aissa qui reste sur la droite. La
végétation de cet endroit est composée principalement de _drin_, _arta_
et _ārfij_. Nous passons ensuite le puits mort de Mouï el Arneb. Tous
ces puits morts que nous allons rencontrer ne le sont ainsi que
momentanément ; ainsi, dès que les bergers trouvent de bons pâturages
dans un endroit, ils refont le puits le plus voisin et y restent jusqu’à
ce que bon leur semble.
Une bonne marche de la matinée nous amène à Choūchet el Guedhām, puits
de bonne eau, où nous arrivons au moment où on allait abreuver un
troupeau de moutons et de chèvres. Les pasteurs de la tribu des Mesăaba
(celle d’Ahmed) lui laissent choisir le plus bel agneau qu’il peut
trouver et ne veulent pas en recevoir le prix ; ils viennent plus tard
me rendre leurs hommages. Après avoir fait notre provision d’eau, nous
rétrogradons un peu pour venir passer la sieste sous de petites huttes
de broussailles faites probablement par une caravane qui a passé avant
nous. Après une longue sieste, une courte marche nous amène au puits
mort de Mouï er Rebăya el Gueblaoui[221] (par opposition au puits de
même nom qui se trouve entre le Souf et l’Oued-Righ).