27 juillet.

Nous partons d’assez bonne heure, et rencontrons sur la première partie

de la route des partis de Toroud avec leurs bagages, femmes, enfants,

troupeaux rentrant à El-Ouad. Une de ces dames, assez jolie, demande, en

faisant la mine à Ahmed, où nous allons. Ahmed lui répond : « Comment,

toi tu vas faire paître tes chameaux dans le Sahara et nous, nous

n’irions pas faire paître les nôtres ? »

Nous rencontrons aussi un nègre occupé à ramasser des crottes de

chameaux sur la route pour fumer les palmiers. Ce travail, je dois le

dire, a une grande importance dans le Souf et occupe beaucoup de monde ;

on va jusqu’à une et deux journées de marche pour en ramasser. Ces

crottes servent à entourer la racine des _jeunes plants_ de palmier ;

ensuite on n’en met plus.

Nous laissons bientôt sur la droite un chemin qui passe d’abord au puits

de Zerrīt et se continue ainsi jusqu’à Ghadāmès. Nous passons la _gaïla_

dans le pays appelé Drā el Khezīn, ce sont des dunes plus régulières et

moins accidentées que les autres, il y avait là un puits que M. de

Bonnemain[220] a vu donnant de l’eau. Nous reprenons, le soir, notre

route et allons coucher près de Moui Bel Rhīt.

Nous avons vu aujourd’hui deux plantes nouvelles pour moi : le

_goseyba_, graminée, et le _godhām_ ou _guedhām_, plante dans le genre

du _dhomrān_.

Journal de route de Henri Duveyrier · 第 151 / 241 题