Cette nuit, le kaïd vient me réveiller et me dire qu’ayant reçu la
nouvelle que les Oulad Yagoub étaient en course, il allait faire monter
son goum et aller les chercher. Il partit avant le jour. — Je vais
mieux. Je reçois des plaintes contre le kaïd.
20-21 juillet.
Je reste encore chez moi toute la journée. — Je prends de nombreux
renseignements sur le pays qui sépare le Souf du Nefzāoua. Des Ourghamma
de Kessār Mouddenīn, marabouts, viennent ici pour voir si on leur
ouvrira le marché d’El-Ouad. Les Ghorib de Sabrīya[207] qui sont sur
leur route et qui apportent ici les mêmes produits qu’ils apporteraient,
leur ont fait peur. De façon qu’ils ont laissé leurs marchandises,
consistant principalement en beurre, à Sabrīya, et qu’ils sont venus en
_mi’ad_. Je leur fais un petit discours qui les enchante, et leur ouvre
le marché ; je promets même d’intimider les Ghorib, ce qui est très
facile, vu que cette tribu réside à moitié dans le Nefzāoua et à moitié
au Souf (El-Ouad) où ils ont des palmiers.