Hier au soir, j’ai eu un premier accès de fièvre.
Nous marchons 5 heures 1/4 et arrivons au puits de Mouïa el Kaïd. Après
la sieste, 2 h. 3/4 de marche nous amènent dans les dunes de l’Erg-Said,
où la nuit nous prend et où nous couchons.
J’ai remarqué dans la dernière partie de la route que le guide était
souvent obligé de frayer un chemin artificiel aux chameaux dans les
dunes. Il disait en travaillant : « El-Bahri oua’ar » (le vent de l’est
est dur). Il est clair, en effet, que c’est ce vent qui, dans cette
saison, fait progresser les dunes vers l’ouest. Toutes les dunes que
nous coupons ont la forme des vagues de la mer ; elles sont orientées à
angle droit de la route ; leur côté à pic était de notre côté, c’est-à-
dire qu’elles viennent en sens opposé. C’est donc un vent d’E.-N.-E. ou
de N.-E. qui les produit.