Nous partons de Merhayyer ; je ne puis plus y rester, quoique le ciel ne
m’ait pas encore permis de faire hier même une simple observation de
latitude.
Nous arrivons à Sidi Khelil de bonne heure. Ce village est, comme
Merhayyer, entouré d’un fossé d’eau, dans lequel je vois des poissons,
quoique l’eau soit couleur d’urine de vache. Sidi Khelil a 50 maisons et
9 sources d’eau coulante, quoique d’un faible débit. C’est un marabout
qui a bâti ce village auquel il a donné son nom. Le nombre de palmiers
de Sidi Khelil est à celui de Merhayyer dans le rapport de 2-3. — L’eau
de cette oasis est peut-être un peu moins bonne que celle de Merhayyer,
mais elle est cependant très buvable. — A l’ouest de Sidi Khelil,
contiguë à la ville, on trouve une grande mare dans laquelle je vois des
négrillons du pays prendre leurs ébats. Il y a deux tribus à Sidi
Khelil[171], les Oulad Zaïr et les Zerāib Selimān.
Je vais coucher à Tinedla. Tinedla n’a que peu d’importance ; il n’y a
qu’une quinzaine d’hommes adultes, environ 3.000 palmiers arrosés par 7
sources. Elle ne paie pas de tribut. — El-Bārĕd, près de Tinedla, ne
compte que 8 hommes, 2.000 palmiers et une seule source. L’odeur des
marais est écœurante. Le soir, je vois planer au-dessus du village un
crapaud volant.