5 juin.

Nous partons de Merhayyer ; je ne puis plus y rester, quoique le ciel ne

m’ait pas encore permis de faire hier même une simple observation de

latitude.

Nous arrivons à Sidi Khelil de bonne heure. Ce village est, comme

Merhayyer, entouré d’un fossé d’eau, dans lequel je vois des poissons,

quoique l’eau soit couleur d’urine de vache. Sidi Khelil a 50 maisons et

9 sources d’eau coulante, quoique d’un faible débit. C’est un marabout

qui a bâti ce village auquel il a donné son nom. Le nombre de palmiers

de Sidi Khelil est à celui de Merhayyer dans le rapport de 2-3. — L’eau

de cette oasis est peut-être un peu moins bonne que celle de Merhayyer,

mais elle est cependant très buvable. — A l’ouest de Sidi Khelil,

contiguë à la ville, on trouve une grande mare dans laquelle je vois des

négrillons du pays prendre leurs ébats. Il y a deux tribus à Sidi

Khelil[171], les Oulad Zaïr et les Zerāib Selimān.

Je vais coucher à Tinedla. Tinedla n’a que peu d’importance ; il n’y a

qu’une quinzaine d’hommes adultes, environ 3.000 palmiers arrosés par 7

sources. Elle ne paie pas de tribut. — El-Bārĕd, près de Tinedla, ne

compte que 8 hommes, 2.000 palmiers et une seule source. L’odeur des

marais est écœurante. Le soir, je vois planer au-dessus du village un

crapaud volant.

Journal de route de Henri Duveyrier · 第 92 / 241 题