11 mars.

Malgré toutes les précautions que je croyais avoir prises, je ne pus

partir que dans la soirée. Si Mohammed ben Rabah et deux « mokhazeni »

m’accompagnèrent jusqu’à Degach. Cette fois, j’avais abandonné le

chameau et mis mon bagage sur deux mulets que j’ai loués 40 francs d’ici

à Gabès et retour. Outre Ahmed, j’ai cru devoir prendre encore un

domestique qui aura pour gages 13 francs.

La route qui sépare Tôzer de Degach est très insignifiante ; on verra

dans l’itinéraire les traits principaux qui la caractérisent. Je dois

cependant remarquer que dans l’oued à sec qui sépare en deux la ville de

Degach, la constitution géologique des berges consiste en forts lits de

conglomérat de sables quartzeux séparés par de minces couches d’argile,

le tout ayant une position légèrement inclinée[92].

Dans tout le cercle d’el Ouidĭān ou de Tāgiroūs, dans lequel nous venons

d’entrer, il n’y a que 1.600 hommes et les biens de la terre se

réduisent à 188.000 palmiers ou oliviers, car cet arbre qui commence à

Tōzer, mais y est peu commun, se trouve ici en plus grand nombre.

Dans ce pays, on considère Tōzer et Gafsa comme ayant le climat le plus

sain ; ensuite viennent Nafta et Degāch avec un bon climat encore, mais

Kĕrĭz est malsain ; les fièvres s’y montrent. El-Hamma près d’ici de

même ; l’autre Hamma près de Gabès encore de même, enfin le Nefzāoua

compte pour le plus mauvais climat.

Les maisons ici sont construites en tōb, et sont loin d’égaler les

constructions de Nafta et de Tōzer.

Je suis reçu par le khalifa et attends inutilement un ciel étoilé, et

presque avec autant de succès mon dîner. Cependant ce dernier arrive

très tard, et je me couche. La nuit, toutes les bêtes de somme font une

cohue générale, on peut à peine les séparer ; mon cheval est fortement

mordu en deux endroits.

Journal de route de Henri Duveyrier · 第 48 / 241 题