Kouinin est bâti tout à fait comme Guémār ; c’est-à-dire que les cours
des maisons sont entourées d’appartements réels, et qu’on n’y voit pas
de tente au milieu comme à El-Oued, c’est-à-dire le nomadisme luttant
contre l’état sédentaire. Les murs varient de hauteur depuis l’épaule
d’un homme jusqu’à sa tête ; les dômes, etc., ne sont ni égalisés ni
crépis, de sorte que le tout n’offre pas un spectacle de propreté ni
d’élégance.
Au moment du départ, on cria que le khalifa était arrivé et, en effet,
je vis déboucher au bout de la rue plusieurs cavaliers. Nous allâmes au-
devant les uns des autres, et mîmes pied à terre à distance respectueuse
pour venir nous prendre la main et nous informer de nos précieuses
santés. Car telle est la règle.
Ceci fit que je fus obligé de partir pour El-Oued sans faire le levé de
la route, car à cheval et du pas où nous allions, il ne fallait pas y
penser.
J’appris que le khalifa retenait une caravane très nombreuse pour me
faire passer au Djérid en bonne compagnie.
Je passe la journée à écrire des lettres qui partent aujourd’hui même
pour Tougourt. Je mets mes itinéraires au courant ; dessine un peu et
fais des observations.