3 mars.

Kouinin est bâti tout à fait comme Guémār ; c’est-à-dire que les cours

des maisons sont entourées d’appartements réels, et qu’on n’y voit pas

de tente au milieu comme à El-Oued, c’est-à-dire le nomadisme luttant

contre l’état sédentaire. Les murs varient de hauteur depuis l’épaule

d’un homme jusqu’à sa tête ; les dômes, etc., ne sont ni égalisés ni

crépis, de sorte que le tout n’offre pas un spectacle de propreté ni

d’élégance.

Au moment du départ, on cria que le khalifa était arrivé et, en effet,

je vis déboucher au bout de la rue plusieurs cavaliers. Nous allâmes au-

devant les uns des autres, et mîmes pied à terre à distance respectueuse

pour venir nous prendre la main et nous informer de nos précieuses

santés. Car telle est la règle.

Ceci fit que je fus obligé de partir pour El-Oued sans faire le levé de

la route, car à cheval et du pas où nous allions, il ne fallait pas y

penser.

J’appris que le khalifa retenait une caravane très nombreuse pour me

faire passer au Djérid en bonne compagnie.

Je passe la journée à écrire des lettres qui partent aujourd’hui même

pour Tougourt. Je mets mes itinéraires au courant ; dessine un peu et

fais des observations.

Journal de route de Henri Duveyrier · 第 39 / 241 题