26 février.

Encore aujourd’hui je suis resté à la kasba, à faire des observations

pour corriger celles d’Auer, et à finir ma correspondance.

Ce n’est que vers le soir que nous sommes partis pour la chasse, nous

trois chasseurs ; il s’agissait d’abattre quelques courlis (?), oiseaux

qui se tiennent dans les sables aux environs de la ville et qui courent

avec une vitesse extraordinaire. Nous ne pûmes pas les approcher ; de

mon côté, je tuai deux petits oiseaux (alouettes du Sahara), sans huppe,

à couleur pâle, une raie noire près du bord des ailes lorsqu’elles les

étendent ; le bec est fort long.

Je cause avec un Targui des Kelrhela (Hogar) de qui j’obtiens des

documents itinéraires.

27-28 février.

J’ai été dans les jardins pour observer la température des puits[61].

J’entends parler aujourd’hui pour la première fois d’une singulière

maladie des nègres. Il paraît que certains d’entre eux sont sujets à des

jours de folie ou de lunatisme, pendant lesquels ils font toutes sortes

d’excentricités[62]. On appelle cela Moulā Rās en Haoussa, « bōri ou

bōli » et encore « ébĕlīs ». J’apprends encore que les musulmans y sont

sujets. Même ceux de ce pays-ci.

Nous faisons une grande promenade à cheval en tournant les plantations

au nord et redescendant de l’autre côté de la Chemorra. Nous sommes

obligés pour cela de traverser une partie de l’oued Righ, dépression qui

à cet endroit a le caractère de sebkha, mais de sebkha peu saline. Les

cartes du bureau arabe ont été assez bien faites à cet endroit ; il faut

absolument représenter cette dépression sur la carte, mais ne pas la

laisser confondre avec un lac.

Nous voyons de nombreux canards, même un flamant isolé.

Journal de route de Henri Duveyrier · 第 34 / 241 题