Encore aujourd’hui je suis resté à la kasba, à faire des observations
pour corriger celles d’Auer, et à finir ma correspondance.
Ce n’est que vers le soir que nous sommes partis pour la chasse, nous
trois chasseurs ; il s’agissait d’abattre quelques courlis (?), oiseaux
qui se tiennent dans les sables aux environs de la ville et qui courent
avec une vitesse extraordinaire. Nous ne pûmes pas les approcher ; de
mon côté, je tuai deux petits oiseaux (alouettes du Sahara), sans huppe,
à couleur pâle, une raie noire près du bord des ailes lorsqu’elles les
étendent ; le bec est fort long.
Je cause avec un Targui des Kelrhela (Hogar) de qui j’obtiens des
documents itinéraires.
27-28 février.
J’ai été dans les jardins pour observer la température des puits[61].
J’entends parler aujourd’hui pour la première fois d’une singulière
maladie des nègres. Il paraît que certains d’entre eux sont sujets à des
jours de folie ou de lunatisme, pendant lesquels ils font toutes sortes
d’excentricités[62]. On appelle cela Moulā Rās en Haoussa, « bōri ou
bōli » et encore « ébĕlīs ». J’apprends encore que les musulmans y sont
sujets. Même ceux de ce pays-ci.
Nous faisons une grande promenade à cheval en tournant les plantations
au nord et redescendant de l’autre côté de la Chemorra. Nous sommes
obligés pour cela de traverser une partie de l’oued Righ, dépression qui
à cet endroit a le caractère de sebkha, mais de sebkha peu saline. Les
cartes du bureau arabe ont été assez bien faites à cet endroit ; il faut
absolument représenter cette dépression sur la carte, mais ne pas la
laisser confondre avec un lac.
Nous voyons de nombreux canards, même un flamant isolé.