29 février.

Je reste la matinée à Tougourt et déjeune encore avec Auer et la

compagnie, mais j’avais eu la précaution de faire mes adieux la veille.

Cependant le kaïd vient à cheval au moment du départ et veut à toutes

forces m’accompagner un peu. Je lui dis adieu à la porte de la ville.

Cette fois, il paraît avoir fait de grands frais de recommandations à

mon sujet. Il s’est mis entièrement à ma disposition.

Nous partons, et laissant un peu à droite deux des villages qui

entourent Tougourt, nous passons entre les _deux_ forêts de palmiers, et

traversons les marais de la Chemorra dans leur largeur. Peu après, nous

entrâmes dans une zone de dunes peu élevées, qui nous conduisit dans un

« oued » ou plaine assez unie appelée Oued-es-Sédīri. Comme nous étions

partis tard et que cette plaine est assez vaste, je me décidai à planter

la tente de bonne heure pour donner le temps à la viande de bœuf de

cuire.

La plante qui couvre les endroits à sec de la Chemorra se nomme

_rhodhdhām_[63] ; elle fleurit au printemps, et j’attends mon retour

pour en prendre un échantillon.

Ce matin, j’ai sorti mon thermomètre étalon, et j’ai fait des

comparaisons avec mon thermomètre fronde 207 et le thermomètre à alcool

d’Auer.

[Note 43 : Les Ouled-Sidi-Cheikh.]

[Note 44 : Le maréchal Randon, gouverneur de l’Algérie de 1852 à 1858.]

[Note 45 : Duveyrier n’a donc discerné, à cette époque, aucun type

spécial à cette population. L’idée d’une race autochtone foncée, dite

« garamantique », ne lui est venue que plus tard. (Voir _les Touaregs du

Nord_.)]

[Note 46 : Si-Zoubir-bou-Bekr, le plus jeune frère de Si-Hamza, chef des

Ouled-Sidi-Cheikh. D’abord partisan du chérif, il s’était rallié à son

frère (décembre 1853 et avait été investi (février 1854) du khalifalik

d’Ouarglă (comprenant les cinq caïdats d’Ouarglă-Ngoussa, des Mekhadma,

des Saïd Otba et des Chambba-bou-Rouba), sous la suzeraineté de Si-

Hamza, nommé commandant du Sud. (_Mémoires du maréchal Randon_, Paris,

1875, I, p. 163-173). Mais Si-Hamza était loin, et Si-Zoubir le vrai

maître du pays.]

[Note 47 : Drâ, « chaîne de collines et surtout de dunes, peu épaisse,

assez longue ». (Foureau.)]

[Note 48 : Sur les origines du Chérif, voir les _Lettres familières sur

l’Algérie_ (2e édit. Alger, 1893, p. 214-242) du colonel Pein, qui fut

lui-même un des plus vaillants acteurs de la conquête de l’Extrême-Sud.]

[Note 49 : Faîte du plateau de Tademayt.]

[Note 50 : Zaouïa Moulaï Heïba.]

[Note 51 : La sebkha Safioun, partie de la zone d’épandage de l’Oued-Mya

(Rolland, Rapport hydrologique, _Documents relatifs à la mission

Choisy_, t. III, p. 18).]

[Note 52 : Profondeur, 2 mètres. — Température, 15°,2 à 15°,25 (Note de

H. Duveyrier). C’est l’Arefigi de M. Lahache. (Voir l’analyse des eaux,

_Étude hydrologique du Sahara français_. Paris, 1900, p. 103.)]

[Note 53 : Sur l’outillage incroyablement primitif des indigènes voir le

colonel Pein (ouv. cité, p. 29-38) qui en parle comme témoin oculaire.]

[Note 54 : Les mémoires du maréchal Randon ne signalent pas cette

tentative. Ils mentionnent seulement les négociations plus heureuses de

Si-Hamza avec les Touaregs Azdjer, qui furent la cause première de

l’envoi du capitaine de Bonnemain à Ghadamès et de l’interprète Bou-

Derba à Ghât. Ces négociations remontent à 1855-1856 ; l’idée première

de nouer des relations avec les Touaregs remonte à 1853. (Randon,

_Mémoires_, I, p. 250-255, 448.) Le maréchal se promettait beaucoup du

commerce du Sud. Voir, comme contre-partie, le récit humoristique du

colonel Pein, ouv. cité, p. 484-488. Sur Si-Hamza lui-même, voir A.

Bernard et N. Lacroix (_Historique de la pénétration saharienne_, Alger,

1900, p. 21, 37), qui citent une lettre inédite du général Durrieu

relative au projet de mission à Insalah.]

[Note 55 : Briques simplement séchées au soleil.]

[Note 56 : Duveyrier, atteint d’une grave maladie à son retour, n’a pu

s’acquitter de cette partie de sa tâche.]

[Note 57 : D’après le Dr Sériziat, dès les premiers jours d’avril.

(Histoire médico-chirurgicale de la colonne du Sud, _Bull. de la Soc.

Algérienne de Climatologie_, 1871, p. 41.)]

[Note 58 : M. Lahache a donné l’explication de cette teinte sanguine.

(_Étude hydrologique sur le Sahara français oriental_. Paris, 1900, p.

54.)]

[Note 59 : Il est démontré aujourd’hui que l’insalubrité est en raison

directe de l’étendue des bas-fonds alternativement remplis d’eau

saumâtre et asséchés. A Tougourt, où les fossés ont été presque tous

comblés par l’administration française, « le nombre des cas de fièvre a

beaucoup diminué ». (Dr Weisgerber, Observations sur les conditions

sanitaires, _Doc. Mission Choisy_, t. III, p. 473-475.)]

[Note 60 : Presque toutes les eaux du Sahara algérien sont chargées de

sulfates de chaux et de magnésie ; celles des puits artésiens de

Tougourt, qui ont donné à l’analyse de 3 à 4 grammes de sels anhydres

par litre, ne sont ni les plus minéralisées, ni les plus nocives, mais

contiennent toutefois une forte proportion de sulfate de chaux. (Voir

Weisgerber, rapport cité, p. 480, et Lahache, ouv. cité, p. 48, 71.)]

[Note 61 : Ces observations ont été publiées dans _les Touaregs du

Nord_, p. 113.]

[Note 62 : Voir _Touaregs du Nord_, p. 436.]

[Note 63 : Nom inconnu. Faut-il lire Gueddâm, _Salsola vermiculata_ ?]

Journal de route de Henri Duveyrier · 第 35 / 241 题