22 février.

Je résolus aujourd’hui d’atteindre Blidet-Amar à quelque prix que ce

fût. Nous partîmes de bonne heure avec un nouveau chameau qu’un des

Chaànba avait été chercher. Nous voyageâmes rapidement dans une contrée

alternativement de sable et de sebkha. Nous arrivâmes après une courte

marche au Hassi-Sidi-Messaoud, mais ne nous y arrêtâmes pas.

Nous longeâmes ensuite de loin des hauteurs nommées Merguet, du nom

d’une petite sebkha toute blanche de sel qui apparut bientôt sur la

gauche.

Nous vîmes de même, sans nous y arrêter, le petit pâté de dunes nommé

Areg-ed-Demm.

Notre marche fut très longue, et le pays parcouru n’offrit qu’un intérêt

médiocre. La végétation alternait toujours du _zeita_ au _belbâl_, au

_drin_ et aux autres plantes des sables ou de sebkha que nous avions

rencontrées auparavant.

Enfin, vers la fin du jour, nous aperçûmes au loin sur la gauche les

hauteurs appelées El-’Anât que j’ai relevées sur ma route de Guerâra à

Tougourt. Ce ne fut qu’après le coucher du soleil que nous touchâmes les

plantations de l’oasis de Berrâri et lorsque nous arrivâmes aux murs de

Blidet-Amar la nuit était déjà venue.

Le cheikh que je fis venir dans ma tente ne me parut pas plus zélé qu’il

ne fallait, mais j’avais peu besoin de lui. Cependant il m’apporta, sur

ma demande, des œufs, du lait et de la paille pour mon cheval.

Je remarquai pendant le court séjour que je fis à Blidet-Amar (je ne

suis pas entré dans la ville), que les murs en « toub[55] » des maisons

isolées, situées hors des murs pour recevoir les Arabes nomades à

l’époque de la récolte des dattes, sont remplis de coquilles des deux

espèces de petits gastéropodes que j’ai déjà observés dans les eaux

artésiennes de Tougourt et du nord de l’Oued-Righ.

Journal de route de Henri Duveyrier · 第 30 / 241 题