Nous traversâmes d’abord la zone des dunes d’’Araïfdji, à sa pointe
orientale, puis nous entrâmes dans une région passant de la _heicha_ à
la _hamâda_, avec végétation de _halhâl_, _àlenda_ et _dhomrân_. Cette
plaine, assez unie d’abord, était coupée de chaînes de hauteurs (_drà_,
_gour_, etc.) ; le brouillard intense qui cachait tout à peu de distance
de nous, à cause du sable et de la poussière que le vent soulevait, a
peut-être nui à l’exactitude de mes notes topographiques pour ce qui
concerne les hauteurs un peu éloignées.
Nous rencontrâmes de nombreux affleurements circulaires de calcaire
blanc, absolument semblables à ceux qui m’avaient frappé à mon entrée
dans le Sahara, sur la route de Biskra à l’Oued-Mezăb. — Nous dépassons
deux témoins (_gour_) presque entièrement composés de pierre à Jésus
feuilletée ; le sol au bas est jonché de calcaire blanc et noir et de
morceaux de silex, ou plutôt de quartz compact ou pétro-silex.
Nous voulions passer le puits de Mâmar pour camper plus en avant, mais
un des chameaux qui boitait considérablement depuis le matin,
s’accroupit ici et on vit bien qu’il ne pouvait guère aller plus loin.
Nous restâmes donc au Hassi-Mâmar, près duquel croissaient des tamarix
d’une espèce à petites fleurs roses et blanches charmantes. Un des
guides partit pour voir s’il ne trouverait pas des Arabes qui lui
prêteraient un autre chameau.
Nous campons par un vent terrible dans du sable, de sorte que tous les
objets sous la tente en sont couverts en moins de rien. Pour la première
fois, on est obligé de faire la cuisine dans la tente.