Une courte marche nous amena dans l’Oued-Sîdah, que j’avais soupçonné
auparavant être le bas de l’Oued-Igharghar. Mais il ne peut en être
ainsi, cet oued étant, comme tous les autres, une simple région délivrée
des sables, sans pente régulière[39], etc.
Nous y trouvâmes d’abord un petit nombre de chameaux conduits par un
jeune garçon très gai, qui paraissait tuer le temps en chantant et qui
répondit de bon cœur (chose rare) à toutes les questions que je lui fis
adresser. Il menait ses chameaux à un puits nommé Rebahaya qu’il nous
dit être à _moins_ d’une demi-journée au sud, et il allait fort
lentement.
Nous rencontrâmes plus loin deux voyageurs venant de Ouarglă avec deux
chameaux. Ils nous apprirent que la ville était moins éloignée que nous
ne le pensions et que nous y arriverions facilement demain.
Nous entrâmes ensuite dans un bassin entouré de hauteurs de tous côtés,
et, après l’avoir traversé, nous nous arrêtâmes pour déjeuner à El-Bouïb
qui, comme le nom l’indique, n’est autre chose que l’endroit où l’on
sort du bassin : c’est sa porte.
Là commence le terrain de Hamāda, remarquable surtout par la nature de
sa végétation rare et rabougrie, réduite à quelques petites touffes de
_bāguel_ et de _sefâr_, et à son sol uni quoique en partie sablonneux.
Nous longeâmes, à une certaine distance, des chaînes de hauteurs que
nous avions sur la gauche et nous nous arrêtâmes avant de les avoir
dépassées. Cette plaine se nomme Sahan-er-Remâda.
La jument n’a plus de _drin_ aujourd’hui ; je lui ai fait ramasser un
certain nombre de touffes de _sefâr_.