Nous avons voyagé toute la journée dans une région de dunes désertes. Ce
fut un travail pénible pour les bêtes et pour les hommes.
Ces dunes ne sont pas très hautes et affectent une forme allongée comme
les vagues de la mer. Elles doivent évidemment leur existence à la
prédominance des vents du nord-ouest ; ce qui viendrait confirmer
l’opinion de ceux qui veulent que les vents alizés règnent dans ces
parages[31]. — Les dunes se trouvent distribuées par zones assez larges,
séparées entre elles par des espaces relativement unis qui prennent le
nom d’oueds.
La végétation de cette région est composée principalement d’àlenda et de
drin. L’_arta_, le _dhomrân_, le _harmel_, etc., s’y trouvent aussi,
mais en bien moins grand nombre.
Le vent soufflait avec violence, enlevant le sable et ajoutant un fort
désagrément à celui du voyage dans un pays aussi désert, aussi monotone.
Après avoir traversé une zone de dunes appelée le Medheheb-el-Charguia,
par opposition au Medheheb-el-Garbiya que nous laissions à droite, nous
arrivâmes dans les dunes de Messelmi, qu’il nous fallut gravir et
descendre pendant quelque temps jusqu’à ce que nous arrivâmes aux puits
du même nom. — Ils sont tous comblés ; les Arabes me disent dans leur
langage expressif : « Le vent les a ensevelis ».
Quoique déjà bien épuisés, nous continuâmes notre route avec énergie,
et, après avoir traversé un « oued », nous atteignîmes les premières
dunes de Medjigger. Ces dunes, quoique de la même nature que les
précédentes, sont néanmoins plus élevées.
Nous arrivâmes enfin aux puits, peu de temps avant le coucher du soleil.
Les puits de Medjigger sont entourés de maçonnerie.
J’écrivis ce soir trois lettres, entre autres au colonel Séroka et à mon
père ; je fis quelques observations, mais lorsque je voulus observer le
passage de Jupiter au méridien, je m’aperçus que je m’y étais pris trop
tard, l’astre commençait à baisser.
J’attends jusqu’à passé minuit pour observer la lune.