La direction générale de la crête des dunes du Sif bou Delal est de 147°
magnétique ; c’est-à-dire qu’elles ont été formées sous l’influence d’un
vent du nord-ouest ou à peu près.
Ma caravane se compose de quatre Rouaghas commandés par un Arabe, tous à
pied et armés de leur long fusil. Ils portent eux-mêmes leurs vivres,
composés de farine et de dattes, avec une petite provision d’eau. Le
guide, un « monsieur » boiteux, est en revanche monté sur un cheval
qu’il ne peut gouverner, et qui adresse de temps en temps des
compliments à ma jument. Mes deux Souafas ne quittent ni leurs fusils ni
leurs chameaux, et lorsque leurs animaux veulent descendre la pente des
dunes, ils se suspendent à leur queue pour faire le contrepoids des
bagages.
Aujourd’hui nous atteignîmes, vers midi, les dunes de Gasbiya, du moins
nous nous en arrêtâmes à 1 kilomètre, car je jugeai inutile de les
gravir, l’_ógla_[29] qui existait autrefois au nord des dunes étant
sèche depuis deux ans. Je pris des visées de boussole sur les dunes de
Gasbiya et sur les sables de Retmaya, lesquels ne présentent pas de
sommets.
Nous continuâmes ensuite notre route en prenant une nouvelle direction,
parce que la visite à Gasbiya nous avait obligés à nous détourner de la
route du Souf pour appuyer au nord.
Je ne fais pas une description plus longue de notre route d’aujourd’hui
dont les détails se trouveront dans l’itinéraire. Je me borne à dire que
nous n’eûmes d’autre aventure que de rencontrer les traces de pas de
deux hommes, ô miracle ! dans cette solitude. — En revanche, les
empreintes de pas de gazelles, de lièvres, de gerboises et de
_djird_[30] étaient moins rares.
Presque toute la route dans les sables.