5 février.

La direction générale de la crête des dunes du Sif bou Delal est de 147°

magnétique ; c’est-à-dire qu’elles ont été formées sous l’influence d’un

vent du nord-ouest ou à peu près.

Ma caravane se compose de quatre Rouaghas commandés par un Arabe, tous à

pied et armés de leur long fusil. Ils portent eux-mêmes leurs vivres,

composés de farine et de dattes, avec une petite provision d’eau. Le

guide, un « monsieur » boiteux, est en revanche monté sur un cheval

qu’il ne peut gouverner, et qui adresse de temps en temps des

compliments à ma jument. Mes deux Souafas ne quittent ni leurs fusils ni

leurs chameaux, et lorsque leurs animaux veulent descendre la pente des

dunes, ils se suspendent à leur queue pour faire le contrepoids des

bagages.

Aujourd’hui nous atteignîmes, vers midi, les dunes de Gasbiya, du moins

nous nous en arrêtâmes à 1 kilomètre, car je jugeai inutile de les

gravir, l’_ógla_[29] qui existait autrefois au nord des dunes étant

sèche depuis deux ans. Je pris des visées de boussole sur les dunes de

Gasbiya et sur les sables de Retmaya, lesquels ne présentent pas de

sommets.

Nous continuâmes ensuite notre route en prenant une nouvelle direction,

parce que la visite à Gasbiya nous avait obligés à nous détourner de la

route du Souf pour appuyer au nord.

Je ne fais pas une description plus longue de notre route d’aujourd’hui

dont les détails se trouveront dans l’itinéraire. Je me borne à dire que

nous n’eûmes d’autre aventure que de rencontrer les traces de pas de

deux hommes, ô miracle ! dans cette solitude. — En revanche, les

empreintes de pas de gazelles, de lièvres, de gerboises et de

_djird_[30] étaient moins rares.

Presque toute la route dans les sables.

Journal de route de Henri Duveyrier · 第 13 / 241 题