CEUX QUI VIVENT DE L'ALCOOL.

On parle toujours, et beaucoup, en France, de la lutte contre

l'alcoolisme, qui est un des facteurs les plus redoutables de la

dégénérescence de la race et de la dépopulation.

Mais combien devrait être formidable l'effort nécessaire pour

entreprendre cette lutte, dans laquelle on se heurterait à des intérêts

énormes et à des intéressés innombrables.

D'après M. L. Jacquet, il n'y a nulle exagération à accepter que le

rendement annuel de la production de l'alcool, joint aux transactions

commerciales des spiritueux tant en exportation qu'en vente au détail,

atteint et même dépasse trois milliards et demi de francs.

Ce budget de l'alcool est monstrueux, et voici quelle est la population

qui y est intéressée:

Viticulteurs 1.600.000

Cidriers 1.075.000

Marchands en gros ou entrepositaires 34.000

Distillateurs de profession 16.000

Distillateurs ambulants 18.000

Débitants au détail 480.000

Assujettis divers 115.000

Bouilleurs de cru 1.300.000

Personnel employé par les marchands de

gros et distillateurs. 300.000

Personnes salariées par les récoltants 500.000

Tonneliers, verriers, bouchon etc 400.000

Soit 5.838.000 personnes, non compris les entrepreneurs de transport,

camionneurs, etc.

Ainsi donc il est permis de dire qu'en France la moitié des électeurs

tirent profit de l'alcool.

Encore n'est-il pas, ici, tenu compte des agriculteurs, producteurs de

betteraves, dont l'intérêt pour l'alcool n'est pas douteux.

L'Illustration, No. 3691, 22 Novembre 1913 · 第 31 / 40 题