Que faire des coquilles de l'huître, après en avoir absorbé le contenu?
Sans doute, dans les régions pauvres en calcaires, dans les pays
granitiques comme les Vosges, par exemple, et d'autres encore, on peut
avec avantage donner les coquilles écrasées, mises en poussière, aux
poules ou bien aux champs, et leur fournir le calcaire nécessaire. Mais
ailleurs?
[Illustration: La légende d'Orphée; modernisée: Mlle Emmy Destinn
chantant devant un lion couché sur le piano de l'accompagnatrice.]
Ailleurs, on peut imiter l'exemple donné par un architecte de Galveston
et employer les écailles à faire un béton avec lequel on construit une
maison.
La maison construite à Galveston a été faite avec un ciment composé de 4
septièmes d'écaillés, 2 septièmes de sable et un septième de ciment.
Coûtant meilleur marché que le béton ordinaire et que la brique, il a le
grand avantage de ne laisser pénétrer aucune humidité.
L'immeuble, qui a cinq étages, a nécessité 26.423 mètres cubes de béton,
où sont entrés 11 millions d'écaillés d'huîtres. Galveston offre des
facilités particulières au point de vue de la matière première: il s'y
trouve des bancs d'huîtres gigantesques.
On aurait de la peine à se procurer la quantité d'écaillés voulue,
ailleurs, semble-t-il, même en organisant un service de ramassage
spécial dans les boîtes à ordures, service qui, du reste, coûterait plus
qu'il ne rapporterait, probablement.