L'importance que tend à prendre l'industrie du raffinage des huiles
d'olive inquiète sérieusement tous les propriétaires de la région de
l'olivier. Cette industrie consiste à traiter les résidus de fabrication
de façon à les rendre propres à la consommation; grâce au bas prix de
ces résidus, on peut vendre l'huile raffinée à un prix fort inférieur au
cours des huiles naturelles.
Les syndicats de producteurs demandent des mesures propres à empêcher la
confusion, dans le commerce, entre les huiles des deux catégories; mais
la chimie se déclare impuissante dans la circonstance. Depuis plusieurs
mois, le service de la répression des fraudes a cherché en vain des
méthodes d'analyse permettant de résoudre la question; des procédés, au
premier abord satisfaisants, ont été reconnus inefficaces.
Or, la nouvelle industrie peut créer une concurrence désastreuse à
l'oléiculture nationale. Car, si les résidus représentent à peine 5% de
la fabrication provençale, dans les autres pays la proportion des
résidus et des mauvaises huiles est énorme. Jusqu'ici ces huiles n'ont
trouvé de débouchés en France que pour les usages industriels;
désormais, elles nous arriveront de l'étranger toutes raffinées.
Dans ces conditions, il semble que, seule, une réforme du tarif douanier
pourrait conjurer la crise.