UN EXPRESS REMORQUÉ PAR UN MOTEUR À PÉTROLE.

Chaque jour voit réaliser un progrès dans la construction des moteurs à

pétrole de grande puissance, et il semble que ces moteurs ne tarderont

pas à faire une concurrence sérieuse aux machines à vapeur. Appliqué

depuis quelque temps à des navires de plusieurs milliers de tonnes, le

nouveau mode de propulsion vient d'être essayé en Allemagne pour le

remorquage d'un train express.

[Illustration: Une cérémonie française à Alexandrie: pose de la première

pierre du lycée français par Mme de Reffye, femme du consul de France,

et par l'amiral Boué de Lapeyrère.--_Phot. Reiser et Binder._]

Un moteur du type Diesel, développant une force de 1.000 chevaux,

actionne une machine chargée de remorquer un train express sur la grande

ligne de Berlin à Magdebourg. Lors des premiers voyages d'essai, on a

effectué le parcours Winterthur-Romanshorn à la vitesse moyenne de 70

kilomètres à l'heure; sur certaines sections du trajet, la vitesse a

atteint 100 kilomètres.

Extérieurement, la locomotive Diesel ne rappelle en rien l'aspect des

locomotives à vapeur; elle n'a pas de cheminée et elle ressemble assez,

comme lignes générales, aux derniers modèles d'automotrices électriques.

LA CANTATRICE ET LE LION. C'est à une transposition moderne du mythe

d'Orphée que volontiers ferait songer la singulière photographie

reproduite ci-dessous... Orphée, par les sons de sa lyre, charmait les

animaux féroces, qui lui faisaient une docile escorte: ainsi Mlle Emmy

Destinn, la célèbre cantatrice allemande que les Parisiens ont applaudie

il y a quelques années, semble-t-elle, par ses chants, apprivoiser le

plus redoutable des fauves, asservi au pouvoir d'une voix magnifique. Et

ce tableau imprévu, renouvelé des Grecs, suscitera, pendant longtemps

sans doute, l'émotion des foules,--car il s'intercale dans un _film_

sensationnel, récemment exécuté pour un cinéma de Berlin.

La fantaisie d'un auteur de scénarios, d'imagination fertile, a voulu

que Mlle Emmy Destinn vînt chanter devant un lion, dans sa cage même.

Nonchalamment étendue sur le piano, la bête formidable se prêta de fort

bonne grâce à l'étrange concert. Et, pour se faire entendre à pareil

auditoire, la voix de la cantatrice n'en fut ni moins ferme, ni moins

assurée que de coutume.

L'Illustration, No. 3691, 22 Novembre 1913 · 第 28 / 40 题