Paris, samedi 5 novembre 1848.
J'ai été très-irrité contre vous, car j'avais le plus grand besoin
de vous voir; j'ai été et je suis encore très-souffrant et, qui pis
est, affreusement triste. Une heure passée auprès de vous m'aurait
fait grand bien. Vous n'avez même pas pris la peine que vous preniez
autrefois de me dire quelque chose d'aimable lorsque vous aviez quelque
méchanceté en tête. Quelques justes reproches que j'aie à vous faire,
il faudra toujours finir par vous pardonner; mais je voudrais bien que
vous fissiez quelque chose pour cela. Me ferez-vous quelque finezay
pour me dédommager de tout l'ennui que j'ai eu pendant quinze jours? Je
vous laisse à trouver vous-même ce dédommagement _adequate._
Avez-vous entendu le canon et avez-vous eu peur? J'ai cru qu'on
voulait démolir la République aux trois premiers coups. J'ai compris
au quatrième de quoi il s'agissait. Vous avez toujours à moi un livre
grec. J'ai peur que vous ne gâtiez votre hellénisme avec le baragouin
romaïque. Cependant, je crois qu'il y a de très-jolies choses dans ce
volume. Je travaille à un ouvrage nouveau également historique.