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Les désolations et les terreurs de l'Évangile étaient ambiantes à tel

point pour ces bonnes gens d'autrefois, que leur aversion à l'égard des

Juifs empruntait à la nature même de leur sensibilité quelque chose de

prophétique.

Non seulement les Juifs avaient crucifié Jésus; que dis-je? non

seulement ils le crucifiaient actuellement devant eux, mais encore ils

refusaient de _le faire descendre de sa Croix en croyant en lui_.

Car tous les mots du Texte sont vivants.

Pour ces âmes profondes et amoureuses, il ne pouvait être question de

rhétorique ou de vaine littérature, quand il s'agissait de la Parole de

Dieu.

Les faiseurs de livres, qui ont tout dilapidé, dormaient encore dans les

limbes des maternités futures, et l'horreur eût été grande, si quelqu'un

s'était avisé de supposer que l'Esprit-Saint avait pu raconter une

anecdote ou relater un incident accessoire, élagable sans inconvénient.

On ne trouvait pas, dans le Livre, une syllabe qui ne se rapportât, en

même temps, au passé et à l'avenir, au Créateur et aux créatures, à

l'abîme d'en haut et à l'abîme d'en bas,--enveloppant tous les mondes à

la fois d'un unique éclair, comme le tournoyant esprit de l'Ecclésiaste

qui «passe en considérant les univers _in circuitu_, et qui revient en

ses propres cercles».

Ce fut d'ailleurs, à toute époque, l'infaillible pensée de l'Église qui

retranche d'elle, ainsi qu'un membre pourri, quiconque touche à cette

Arche sainte remplie de tonnerres: la Révélation par les

Écritures,--éternellement _actuelle_ au sens historique et

_universelle_, absolument, au sens des symboles.

En d'autres termes, la Parole divine est infinie, absolue, irrévocable

de toute manière, _itérative_ surtout, prodigieusement, _car Dieu ne

peut parler que de Lui-même_.

Ces âmes simples étaient donc «raisonnablement» persuadées que la

Raillerie juive, consignée par les deux premiers Évangélistes, n'est

rien moins qu'une échéance prophétique de l'histoire de Dieu racontée

par Dieu, et leur instinct les avertissait que le «Règne terrestre» du

Crucifié et la fin glorieuse de son permanent Supplice dépendaient, en

quelque inexprimable façon, de la bonne volonté de ces infidèles.

Le Salut par les Juifs · 第 36 / 51 题