M. de Saint-Preux observait le curé d’un regard plus aigu. Il prononça:

--Oui, j’ai admiré votre chemin de croix, votre saint Joseph, voire

Jeanne d’Arc...

--N’est-ce pas qu’elle est bien avec ses yeux émaillés qui regardent le

ciel, sa cuirasse et son épée que j’ai réargentées moi-même?

--Elle est superbe!

--C’est le grand modèle du catalogue. Allons, encore un verre?

--Comment donc! Mais vous avez d’autres œuvres d’art dans votre église?

--Oui, quelques vieilles peintures qui auraient même bien besoin d’être

remises à neuf... Ah! si j’avais du temps... et de la couleur!

--J’ai remarqué aussi, près de la porte de la sacristie, une espèce de

statuette...

--Ah! oui, un Christ en bois sculpté. C’est tout piqué des vers... Et ça

n’a plus de formes. S’il ne s’agissait pas de notre Sauveur, je vous

assure que je mettrais cette antiquité au rancart. Songez que mes

paroissiennes me disent que Notre Seigneur n’a jamais été vilain comme

ça... C’est vrai: il avait de longs cheveux bouclés, des yeux bleus, une

barbe blonde, le teint d’une jeune fille, enfin, quoi, ayant pu choisir,

il s’était fait beau, beau comme un Dieu!...

Mon curé chez les pauvres · 第 7 / 45 题