Le lieutenant général de Lamoricière gouverneur général par intérim.
Abd-el-Kader envahit notre territoire au commencement de septembre;
nouvelle levée de boucliers dans l'Ouest; (22 septembre) massacre de
la garnison de Djemma-Ghazaouât au marabout de Sidi-Brahim. En quelques
jours, la majeure partie des tribus de la subdivision de Tlemcen rejoint
la deïra de l'Émir.
Les troupes entrent immédiatement en campagne. Leurs premiers mouvements
sont dirigés par le général de Lamoricière.
Le gouverneur général apprend à Excideuil, le 6 octobre, la catastrophe
de Djemma-Ghazaouât, et part pour Alger dans la nuit du 7 au 8. Il
arrive à Alger le 15, et dès le 24 il était à Teniet-el-Had avec une
colonne destinée à barrer à Abd-el-Kader sa rentrée dans le Tell. Le
succès de nos troupes fut prompt et décisif.
Dès le commencement de novembre, les Traras et les Ghossels sont battus;
la tribu des Ouled-Ammar rasée se rend à discrétion. D'autres tribus
suivent cet exemple; une grande fraction des Medjehers demande l'aman;
les Beni-Chougran eux-mêmes qui, les premiers, avaient levé l'étendard
de la révolte, se soumettent, et toutes ces tribus reviennent sur leurs
territoires qu'elles avaient abandonnés pour suivre l'Émir.
Campagne d'hiver.
La province de Titteri est maintenue dans l'ordre.
L'agitation excitée dans la province de Constantine par un nouveau
Bou-Maza est apaisée par le colonel Herbillon. Les Ouled-Sellam et les
Ouled-Sultan, soulevés par ce chériff, sont ramenés à l'obéissance.
Résumé:
L'Algérie, soulevée tout entière par Abd-el-Kader, est de nouveau
conquise et apaisée. Ce résultat prouve aux indigènes l'inanité des
efforts d'Abd-el-Kader, et leur fait comprendre que l'armée française
qui a conquis l'Algérie saura toujours la maintenir dans l'obéissance.