14 août.--Prise de Mogador.

Paix signée avec le Maroc, le 10 septembre 1844.

Les résultats de cette campagne sont évidents, vis-à-vis le Maroc

et vis-à-vis Abd-el-Kader. A partir de ce moment, le calme, partout

rétabli, favorise de plus en plus les progrès de la colonisation; et,

en dehors des territoires civils, de Guelma jusqu'à Sétif et Msilah,

de Boghar jusqu'à Teniet-el-Had, Tiaret, Mascara et Tlemcen, la France

possède une ligne de points fortifiés, protecteurs et garants de notre

domination de l'Algérie.

Année 1845. Campagne du printemps.

Abd-el-Kader, qui, depuis la bataille d'Isly, sentait l'appui du Maroc

perdu pour lui, redouble d'énergie pour agiter l'Algérie et y préparer

l'insurrection; ses prédications et ses menaces agissent rapidement

sur l'esprit mobile et inquiet des populations. Une fermentation sourde

présage une révolte générale qui éclate bientôt à la voix d'un chériff

fanatique Sidi-Mohammed ben Abd-Allah (surnommé Bou-Maza, _l'homme à la

chèvre_). Le Dahra donne le signal et l'Ouarensenis tout entier ne tarde

pas à suivre l'exemple du Dahra.

Le gouverneur général envoie trois colonnes dans le Dahra qui est soumis

et désarmé par les opérations des colonels Pélissier, Saint-Arnaud, et

Ladmirault.

Le gouverneur général se porte de sa personne dans l'Ouarensenis (26

mai), atteint succesivement chacune des tribus révoltées et les amène

à capituler. Il leur impose alors la plus dure des conditions pour ces

peuples guerriers: «_l'obligation de verser toutes leurs armes entre nos

mains. Cette mesure produit le plus salutaire effet._»

Le général Marey réprime en même temps les germes d'insurrection qui se

manifestaient parmi les tribus du Djebel-Dira. (Province de Tittery.)

Le colonel Géry prend possession des ksours (villages) de Stitten et

Brézina (au sud de Mascara.)

Le général Bedeau dirige une expédition dans les monts Aurès (au sud

de Bathna), soumet les tribus de ces montagnes, chasse le khalifat

d'Abd-el-Kader et l'ancien bey de Constantine. (Province de

Constantine.)

Résumé:

La révolte fomentée par Abd-el-Kader et Bou-Maza est apaisée; le Dahra

et l'Ouarensenis sont de nouveau soumis et désarmés.

Le Djebel-Dira est pacifié.

La domination française est définitivement reconnue par les populations

nombreuses, riches et guerrières de l'Aurès.

Nos armes paraissent avec éclat, pour la première fois, chez les

Ouled-Sidi-Cheikh (à plus de quatre-vingts lieues de la côte.)

Campagne d'été.

L'insurrection de l'Ouest avait eu son contre-coup dans la Kabylie.

Ben-Salem, qui s'y était réfugié, suscite des troubles dans le cercle de

Dellys.

Le gouverneur général part le 23 juillet d'Alger et peu de jours lui

suffisent pour ramener l'ordre dans ce cercle important. Le 28 juillet,

les tribus révoltées des Beni-Ouaguenoun et des Flicet-el-Bahar

sollicitent l'aman.

Comme résultat de la campagne du printemps et de celle d'été, on peut

dire qu'au commencement de septembre, la plupart des tribus révoltées

étaient rentrées dans l'ordre; toutefois, les principaux instigateurs

de ces troubles n'ayant pu être atteints, on pouvait prévoir que de

nouvelles tentatives d'insurrection auraient lieu bientôt.

Le gouverneur général est parti pour la France en congé, le 4 septembre

1845 (congé de trois mois à compter du 1er septembre.)

Mémoires pour servir à l'Histoire de mon temps (Tome 7) · 第 30 / 43 题