Année 1846. Campagne d'hiver. (Janvier, février et mars 1846.)

Abd-el-Kader, expulsé du Tell à la fin de 1845, reparaît inopinément au

commencement de 1846. Il se porte dans le sud-est de Médéah, rase les

tribus du Petit Désert, les entraîne à sa suite, échappe aux colonnes

françaises qui le poursuivent, et, trompant la vigilance de tout le

monde, apparaît sur le bas Isser, aux portes d'Alger.

Le général Gentil, qui gardait les abords de la Mitidja, se porte droit

à l'Émir, surprend son camp et le met en fuite. Le gouverneur général,

qui depuis sa rentrée de France opérait dans l'Ouarensenis, accourt de

ce côté et force Abd-el-Kader à se jeter dans les pentes sud du Jurjura.

Il lance à la poursuite de l'Émir une colonne légère (Yusuf) qui va le

harceler, le détruire en partie et finalement le rejeter dans le Maroc.

Campagne du printemps.

Le gouverneur général dirige plusieurs colonnes contre Bou-Maza qui

avait reparu dans le Dahra.

De sa personne, il marche pour la cinquième fois dans l'Ouarensenis

pour y détruire la puissance d'El-Hadj-Seghir, nouveau khalifat

d'Abd-el-Kader. Le duc d'Aumale dirige cette expédition.

Résumé de ces deux campagnes:

L'insurrection générale de 1845 est éteinte.

Le Djebel-Amour, l'Ouarensenis, le Dahra, l'Ouennougha, ont soumis.

Le Bou-Thaleb (Constantine) et le sud de la province d'Oran sont

pacifiés.

Quelques tribus marocaines, qui avaient violé notre territoire, sont

vigoureusement châtiées.

La France paraît, à l'issue de cette longue lutte, aux yeux des

indigènes, plus grande et plus redoutable qu'avant la crise.

Campagne d'été.

L'événement le plus intéressant de cet été de 1846 est la grande

poursuite de l'Émir par le général Yusuf. Abd-el-Kader est surpris une

première fois par lui, le 13 mars, à Gouigua, une seconde fois, le

5 avril, à Djemmet-el-Messad, et le 22, une troisième fois à Gharza.

Vaincu, isolé, désespéré, l'Emir finit par disparaître dans le sud-ouest

et s'enfonce dans le Maroc (juin 1846). Une conséquence affreuse de

la situation critique de l'Emir fut le massacre des prisonniers de la

deïra. 270 Français furent mis à mort; onze seulement furent épargnés,

dans le but d'en tirer rançon.

Résultats:

Abd-el-Kader quitte l'Algérie.

Les tribus nomades de la province d'Oran se soumettent (_Ouled-Ziad,

O-Abd-el-Kerim, Derraga, O-Houmen, O-Bou-Zezig, O-Aïssa, gens de

Chellala, de Bou-Semghoun, Hamian Charaga, O-Sidi-Nasser-Mackna,

etc..._)

Fondation d'Aumale et soumission des Beni-Zala.

Soumission des tribus kabyles du Sahel de Sétif.

L'automne et l'hiver se passent sans troubles sérieux.

Le 25 novembre, nos onze prisonniers de la deïra sont délivrés.

Les établissements militaires sont portés dans la zone intérieure.

Médéah, chef-lieu de la division d'Alger; Batna, principal siége de

l'autorité militaire dans la province de Constantine; Sidi-Bel-Abbès,

chef-lieu de la subdivision d'Oran. (Le gouvernement et l'autorité

militaire en Algérie étaient d'accord sur ce projet dont le

développement devait être progressif.)

Le gouverneur général se propose de créer un poste chez les Flittas.

La position de Dar-ben-Abdallah est étudiée.

Année 1847. Faits accomplis pendant les quatre premiers mois.

Reconnaissance de notre autorité par les tribus kabyles des environs de

Sétif et de Bougie.

Reconnaissance de notre autorité par Ben-Salem, ancien khalifat de

l'Émir.

Reconnaissance de Bel-Kassem ou Kassy, personnage très-influent du

Sebaou.

Reconnaissance de notre autorité par tous les chefs notables du Sebaou

et des revers ouest et sud du Jurjura.

Bou-Maza se livre lui-même à Orléansville; il est amené en France.

Campagne de printemps.

Il s'agissait de mettre à profit les soumissions de Ben-Salem et de

Bel-Kassem.

Le gouverneur général voulut assurer les communications entre Sétif et

Bougie et dirigea deux colonnes sur la Kabylie (mai 1847). Ces colonnes

se rejoignent après de légers combats.

Résultats:

Reconnaissance de notre autorité par 55 tribus comprises dans le

triangle formé par les trois points, Bougie, Hamza et Sétif. Le pays est

organisé administrativement.

Dans la province de Constantine, trois colonnes sous le commandement

du général Herbillon obtiennent la soumission de la grande tribu des

Nemencha.

Les Beni-Salah se soumettent également et s'engagent à prévenir

désormais tout désordre sur la route de Philippeville à Constantine.

Le maréchal quitte _définitivement_ l'Algérie le 5 juin.

Voici l'état de nos positions stratégiques en Algérie à la fin du

gouvernement du maréchal Bugeaud (1847).

_Première ligne_.--_Ligne du littoral_.

PROVINCE D'ORAN......... Nemours, Rachgoun, Mers-el-Kebir,

Arzew, Mostaganem.

PROVINCE D'ALGER........ Tenès, Cherchell, Alger, Dellys,

Bougie.

PROVINCE DE CONSTANTINE.......... Gigelli, La Calle, Bône,

Philippeville.

_Deuxième ligne.--Ligne intérieure du Tell_.

PROVINCE D'ORAN......... Lalla-Maghrania, Tlemcen, Sidi-bel-Abbès,

Mascara.

PROVINCE D'ALGER......... Orléansville, Milianah, Medeah,

Aumale.

PROVINCE DE CONSTANTINE........ Sétif, Constantine, Guelma.

_Troisième ligne_.--_Ligne des postes avancés au sud du Tell_.

PROVINCE D'ORAN......... Sebdou, Daïa, Saïda, Tiaret.

PROVINCE D'ALGER........ Teniet-el-Had, Boghar.

PROVINCE DE CONSTANTINE....... Batna, Biskara.

2º _Bureaux arabes_.

En 1831 (24 juin), le général Berthezène nomma un agha des Arabes

(Sidi-Hadj-Maiddin), avec pouvoir de nommer dans les tribus les cheiks

et les caïds, de recevoir les plaintes des Arabes, de les transmettre

au commandant en chef et de punir les coupables d'après les lois

musulmanes. Sidi-Hadj-Maiddin garda cette charge très-peu de temps et se

retira chez les Hadjoutes (septembre 1832).

En 1833 (10 avril), pendant l'absence du duc de Rovigo, le maréchal

de camp Avizard, commandant en chef par intérim, fit établir, par les

conseils du général Trézel, un bureau qui prit le nom de _Bureau arabe_.

Ce bureau, qui faisait partie de l'état-major général, fut dirigé

d'abord par M. de Lamoricière, alors capitaine des zouaves[121].

[Note 121: Un des principaux avantages de la création du bureau arabe

fut d'enlever la direction des affaires arabes aux interprètes qui

jusque-là avaient été les seuls intermédiaires entre les indigènes et

l'autorité française.]

En 1834 (18 novembre), le comte d'Erlon réunit la direction de ce bureau

à la charge d'agha des Arabes, et y plaça un officier supérieur français

(lieutenant-colonel Marey, commandant le corps des spahis réguliers

d'Alger), qui fut chargé des rapports avec les tribus de l'intérieur et

de la police du territoire.

Le nouvel agha devait avoir à sa disposition, pour l'aider, deux

officiers et deux interprètes désignés par le commandant en chef.

On reconnut bientôt que cette institution de l'agha des Arabes

n'atteignait pas le but qu'on se proposait, d'étendre nos rapports avec

les tribus de l'intérieur et de les attirer sous notre domination, en

respectant leurs usages et protégeant leurs intérêts; l'institution

fut remplacée par la création d'une direction des affaires arabes, sous

l'action immédiate du gouverneur général (15 avril 1837).

Le comte de Damrémont nomma, par arrêté du même jour, M. Pelissier,

capitaine d'état-major, directeur des affaires arabes, auteur des

_Annales algériennes_, et depuis consul à Sous (régence de Tunis).

Le 5 mars 1839, le maréchal comte Valée supprima la direction des

affaires arabes, dont les attributions furent conférées à l'état-major

général du gouverneur.

Enfin, le 16 août 1841, la direction des affaires arabes, créée

par arrêté du 15 avril 1837, et rentrée dans les attributions de

l'état-major général par décision du maréchal Valée, fut rétablie par

ordre du lieutenant général Bugeaud.

Voici les considérants sur lesquels était basé le rétablissement de la

direction des affaires arabes:

1º Considérant que le commandement des troupes indigènes irrégulières

de la province d'Alger est devenu assez important pour absorber tous les

moments de l'officier qui en est chargé[122];

[Note 122: Elles se montaient alors à un effectif de 806 hommes et 332

chevaux.]

2º Que la police du pays, en ce qui concerne les indigènes soumis, les

relations à ouvrir avec les tribus non encore soumises, et généralement

tout ce qui se rattache aux fonctions dévolues par les précédents

arrêtés à l'agha des Arabes et au directeur des affaires arabes,

suffisent pour motiver la création d'un emploi spécial.

3º Qu'il est important, tant sous le rapport de la discrétion que de

la promptitude d'exécution, que l'officier revêtu de cet emploi soit

attaché à notre état-major particulier, etc., etc.

M. Daumas, chef d'escadron au 2e régiment de chasseurs d'Afrique fut

nommé directeur des affaires arabes.

La direction fonctionna ainsi jusqu'en 1844.

A cette époque, les affaires arabes avaient pris une telle extension que

le maréchal Bugeaud crut devoir organiser à nouveau cette direction en

même temps que le gouvernement des indigènes.

L'organisation du gouvernement des indigènes par le maréchal Bugeaud fut

calquée sur celle d'Abd-el-Kader, au moins quant à ce qui concerne la

hiérarchie adoptée pour les chefs indigènes; mais elle fut rendue mixte

par l'adjonction des agents français, qui devaient représenter aux yeux

des Arabes l'autorité suprême dont ils étaient les délégués.

Le but que voulait atteindre le maréchal était double:

1º Imposer aux tribus une hiérarchie des pouvoirs bien combinée, déjà

pratiquée et entrée dans leurs habitudes.

2º Laisser la preuve de la conquête constamment sous leurs yeux et en

marquer la trace dans toutes leurs transactions. Ce dernier rôle était

réservé aux agents français qui, comme chefs militaires et comme

chefs politiques, devaient tenir entre leurs mains la source réelle du

pouvoir.

Le bureau arabe, dans la pensée du maréchal, ne devait pas être une

autorité proprement dite, mais une sorte d'état-major chargé des

affaires arabes auprès du commandant proprement dit, et n'agissant qu'au

nom et par ordre de celui-ci. Ainsi, chaque cercle, chaque subdivision

eut un bureau arabe, ou état-major spécial des affaires arabes. Le

directeur des affaires arabes de la division fut le chef d'état-major

des affaires arabes de la province. Enfin, le directeur central fut,

auprès du gouverneur général, le chef d'état-major général des affaires

arabes de toute l'Algérie. Un des grands avantages de ce système était

le suivant: les commandants de cercles, de subdivisions, de divisions,

le gouverneur général lui-même pouvaient changer; les institutions

restaient, et les traditions de gouvernement des Arabes se

transmettaient sans interruption dans le fonctionnement général de

l'administration.

Un code succinct, renfermant les principales mesures administratives

et judiciaires applicables aux tribus suivant les lieux et les

circonstances, fut rédigé par les soins du lieutenant-colonel Daurnas,

premier directeur central des affaires arabes. Ce code devint une règle

uniforme pour tous les bureaux.

Ce travail achevé, parut le décret constitutif des bureaux arabes. Il

est signé du maréchal duc de Dalmatie, et porte la date du 1er février

1844.

Article premier.--Il y aura, dans chaque division militaire de

l'Algérie, auprès et sous l'autorité immédiate de l'officier général

commandant, une _direction des affaires arabes_.

Des bureaux, désignés sous le nom de _bureaux arabes_, seront en outre

institués:

Dans chaque subdivision, auprès et sous les ordres directs de l'officier

général commandant;

Subsidiairement sur chacun des autres points occupés par l'armée où

le besoin en sera reconnu, et sous des conditions semblables de

subordination à l'égard des officiers investis du commandement.

Art. 2.--Les bureaux arabes seront de deux classes, savoir: de première

classe, ceux établis aux chefs-lieux de subdivision; de deuxième classe,

ceux établis sur les points secondaires.

Ces bureaux ressortiront respectivement à chacune de divisions

militaires dans la circonscription de laquelle ils se trouveront placés.

Art. 3.--Les directions divisionnaires et les bureaux de leur ressort

seront spécialement chargés des traductions et rédactions arabes, de la

préparation et de l'expédition des ordres et autres travaux relatifs à

la conduite des affaires arabes, de la surveillance des marchés et

de l'établissement des comptes de toute nature à rendre au gouverneur

général sur la situation politique et administrative du pays.

Indépendamment de ses attributions comme direction divisionnaire, la

direction d'Alger centralisera le travail des directions d'Oran et

de Constantine, sera chargée de la réunion et de la conservation des

archives, et de la préparation des rapports et des comptes généraux à

adresser au ministère de la guerre, et prendra, en conséquence, le titre

de _Direction centrale des affaires arabes_.

Elle exercera sous l'autorité immédiate du gouverneur général.

Art. 4.--Partout et à tous les degrés, les affaires arabes dépendront

du commandant militaire, qui aura seul qualité pour donner et signer les

ordres, et pour correspondre avec son chef immédiat, suivant les règles

de la hiérarchie, etc.

Les bureaux arabes, constitués comme il vient d'être dit, ont fonctionné

pendant toute la durée du gouvernement du maréchal Bugeaud.

La seule modification qui y fut introduite fut celle par laquelle le

directeur central des affaires arabes devint membre du conseil supérieur

d'administration de l'Algérie, réorganisé par ordonnance royale du 15

avril 1845.

Le motif allégué à ce sujet par le maréchal duc de Dalmatie, dans son

rapport au Roi, était l'importance du gouvernement des indigènes,

qui exigeait que ce service fût représenté dans le conseil appelé à

délibérer sur les grands intérêts du pays.

Il reste maintenant à faire connaître le nombre et l'emplacement des

bureaux arabes.

A mesure que notre occupation s'étendait, les bureaux arabes

s'installaient sur les points nouvellement conquis. Dès 1844, aux

bureaux de Constantine, Médeah, Milianah, Mascara, Tlemcen, il fallait

ajouter ceux de Boghar, Teniet-el-Had, Tiaret, Saïda. Cette même année,

des points nouveaux dans le Tell étaient fortifiés, recevaient garnison

et bureau arabe: Sétif, Batna, Orléansville, Ammi-Moussa, Tenès.

Enfin, la dernière année du commandement du maréchal Bugeaud, on

comptait dans les trois provinces trente bureaux des deux classes, ainsi

répartis:

_Situation des bureaux arabes à la fin du gouvernement

du maréchal Bugeaud_ (1847).

Direction centrale à Alger.

+-----------------------+------------------------+---------------------+

| Direction | Direction | Dir. divisionnaire |

| divisionnaire d'Alger.| divisionnaire d'Oran. | de Constantine. |

| Bureaux arabes. | Bureaux arabes. | Bureaux arabes. |

+-----------+-----------+-----------+------------+-----------+---------+

|1re classe | 2e classe |1re classe | 2e classe |1re classe |2e classe|

+-----------+-----------+-----------+------------+-----------+---------+

| Alger. | | Oran. | Nemours. |Constantine| |

| Dellys. | |Mostaganem.|Ammi-Moussa.| Bône. |La Calle.|

| Blidah. | | Mascara. | Tiaret. | Sétif. | |

| Milianah. |Cherchell. | | Saïda. | Batna. |Biskra. |

| |Teniet-el- | Tiemcen. | Sebdou. | Guelma. | |

| | Had. | | | | |

| Médéah. | Boghar. | |Lalla-Ma- | Philippe- | |

| | | | ghrania. | ville. | |

| Aumale. | | | | | |

| Orléans- | Tenès. | | | | |

| ville. | | | | | |

| Bougie. | | | | | |

+-----------+-----------+-----------+------------+-----------+---------+

| 8 | 4 | 4 | 6 | 6 | 2 |

+-----------+-----------+-----------+------------+-----------+---------+

| 12 | 10 | 8 |

+-----------------------+------------------------+---------------------+

| Ensemble: 30 bureaux arabes. |

+----------------------------------------------------------------------+

On peut se rendre compte du développement des institutions des bureaux

arabes en comparant leur situation en 1847 avec celle d'aujourd'hui.

_Situation actuelle des bureaux arabes _(1864).

+-----------------------+------------------------+---------------------+

| Direction | Direction | Dir. divisionnaire |

| divisionnaire d'Alger.| divisionnaire d'Oran. | de Constantine. |

| Bureaux arabes. | Bureaux arabes. | Bureaux arabes. |

+-----------+-----------+-----------+------------+-----------+---------+

|1re classe | 2e classe |1re classe | 2e classe |1re classe |2e classe|

+-----------+-----------+-----------+------------+-----------+---------+

| Dellys. |Tizi-Ouzou.| Oran. |Aïn-Temou- |Constanti- |El-Miliah|

| | | | hent | ne. |(annexe).|

| | | | (annexe). | | |

| |Drà el-Miz-| Mostaga- | Ammi- | | Colio. |

| | an. | nem.| Moussa.| | |

| |Fort-Napo- | | Zamorah | |Djidgelli|

| | léon. | | (annexe). | | |

| Aumale. |Beni-Man- |Sidi-bel- | Daya | |Aïn-Beïda|

| | çour | Abbès. | (annexe). | | |

| | (annexe). | | | | |

| Médeah. |Boghar. | Mascara. | Tiaret. | |Tebessa. |

| |Laghouat. | | Saïda. | Bône. |La Calle.|

| |Djelfa | | Géryville. | |Souk-Ak- |

| | (annexe). | | | | ras. |

| Milianah. |Cherchell. | Tlemcen. | Nemours. | Sétif. |Bordj- |

| | | | | | ben- |

| | | | | | Areridj.|

| |Teniet-el- | | Lalla-Ma- | | Bougie. |

| | Hàd. | | ghrania. | | |

|Orléans- | Tenès. | | Sebdou. | |Bouçaada.|

| ville. | | | | | |

| | | | | |Takitount|

| | | | | |(annexe).|

| | | | | Batna. |Biskra. |

+-----------+-----------+-----------+------------+-----------+---------+

| 5 | 10 | 5 | 10 | 4 | 12 |

+-----------+-----------+-----------+------------+-----------+---------+

| 15 | 15 | 16 |

+-----------------------+------------------------+---------------------+

| Ensemble: 46 bureaux arabes. |

+----------------------------------------------------------------------+

Mémoires pour servir à l'Histoire de mon temps (Tome 7) · 第 32 / 43 题