XVII

Déjà Raymond s’apprête à la communion promise: il a caché un peu sous

des verdures et sous des fleurs vives l’accumulation trop sévère de ses

livres. Il eût voulu reconstituer pour Simone l’atmosphère de son

enfance en son petit manoir normand dont le paysage disparu demeurait le

vrai décor de sa vie intérieure. Des images se poursuivaient en lui

comme des nuages chassés par le vent dans un ciel d’automne. Assis dans

le fauteuil d’osier où Simone avait laissé son empreinte, il les suivait

du regard...

«Une buée monte de la terre au soleil couchant, l’été, enveloppant les

choses, les arbres et les bêtes qui dorment, d’une fine mousseline

mouillée...

«Les odeurs se soulèvent, les feuilles de peuplier, pièces d’or de

contes de fée, pleuvent et versent leur parfum de pourriture neuve...

L’avenue de hêtres, allée de cathédrale gigantesque, s’imprécise, et

l’incertitude de son dôme la stylise, en fait une émouvante

architecture... Le brouillard nous gagne comme la mer montante; on se

sent perdu: le paysage n’a plus de rives. Il n’y a plus d’arbres, plus

de haies, plus de sol même: on vogue dans une onde immatérielle,

lumineuse encore, mais qui s’éteint peu à peu comme le corps d’une

méduse qu’on a sortie de la mer...

«C’est la nuit qui s’est levée du sol entr’ouvert et, fumée

imperceptible, s’est heurtée à tous les angles du paysage, s’est

accrochée à la coupelle des arbres et dans leurs chevelures; à travers

les branches, elle a gagné le plafond très bas du ciel. Le monde entier

est envahi de cette fumée: j’étouffe. J’ai peur. J’entends mon pas qui

sonne sur la terre caillouteuse et se heurte à de grosses pierres; des

branches mouillées de nuit cinglent mon visage et emplissent ma bouche

d’un goût de verdure pâlie...

«Voici l’étang, invisible et froid: je devine la voilette verte qui

cache son visage et dont les mailles, que les bœufs ont déchirées en

s’abreuvant, vont se réparer silencieusement dans la nuit... Rentrer

dans la maison secouée par le vent qui se glisse dans les couloirs comme

dans des tuyaux d’orgue... Ma bougie veille à côté de moi: mon ombre

s’agrandit, empiète sur le plafond où elle se brise: elle répète tous

mes gestes, les exagère ironiquement, semble se moquer de moi. La bougie

a clignoté ses dernières heures, elle est morte: l’ombre est rentrée en

moi-même: la nuit est noire comme la mort. Immobile, je suis comme une

momie éternisée où seule ma pensée vacille encore et veille sous des

bandelettes d’images...

* * * * *

Le film des souvenirs se déroulait, mêlant les années et les saisons.

Raymond prit dans une petite coupe de cristal une cigarette que Simone

avait tenue dans sa bouche et qu’elle n’avait pas allumée: c’était un

peu de ses lèvres qu’il aspirait. Dehors, c’est le silence absolu, le

vrai silence des champs. Il songe aux enlianements que la nuit emporte

comme le courant d’un fleuve, aux accords qui se prolongent, aux

plaintes graduées des amants qui se martyrisent, à tous les

déclenchements des chairs parfumées. Il songe à Simone et s’agenouille

en pensée, près du lit, où, étendue dans la gravité du sommeil, elle lui

évoque la Vénus du Titien dont la main se parfume à son propre songe.

* * * * *

Cinq heures. Raymond attend Simone. Penché à la fenêtre, il interroge la

rue: chaque taxi est un espoir qui se précipite, chaque silhouette

lointaine de femme est une Simone. Il aimait cette petite angoisse de

l’attente amoureuse, lorsqu’il était sûr qu’on viendrait. Elle viendra:

elle s’est préparée à cette visite un peu nuptiale avec une piété un peu

mystique. Et il songeait aux purifications parfumées, ou plutôt qui

développent le parfum de la chair: il ne voulait, en effet, qu’aucun

parfum étranger ne voile la divine et personnelle odeur de la femme.

«Cette odeur de leur sang et de leur onctueuse sève, c’est, plus encore

peut-être que la musique de leur âme, ce qui nous enchaîne à elle.

D’ailleurs la femme a le parfum de son âme et de son intelligence.»

Instinctivement, Raymond avait plongé son visage dans les plis secrets

d’une rose rouge; il lui parlait avec tendresse, et c’était déjà l’âme

de Simone dont l’encens l’enveloppait de ses subtiles volutes.

Mais maintenant les battements de son horloge de porcelaine lui

scandaient des minutes plus lourdes: la lumière plus sereine de six

heures aggravait son inquiétude, et c’était presque comme si Simone

était déjà repartie. Un peu agité, il avait inspecté l’escalier,

interrogé la spirale de ce puits et, s’abandonnant au destin, il était

rentré vers son attente immobile, laissant derrière lui la porte de

l’escalier entr’ouverte...

Un peu pâle, troublé comme si désormais Simone ne viendrait plus jamais,

il s’assit dans son fauteuil de fakir et, fermant les yeux, il écouta

les battements de son cœur et de ses pensées. Une de ces pensées

s’accrocha à l’image de Rite un instant surgie, et il aurait presque

voulu être maintenant assuré d’une longue solitude pour lui écrire, la

rassurer de l’angoissante torture où il l’avait laissée. Le fantôme de

Rite s’était assis sur ses genoux et, tout à coup, il sentit à son cou

la fraîcheur parfumée de deux bras, tandis qu’une bouche un peu

tremblante écrasait ses yeux clos.

C’était Simone qui, sans qu’il l’entendît, était entrée, à pas feutrés,

par la porte laissée entr’ouverte et venait de baiser son songe. En même

temps, le fantôme de Rite s’était évanoui devant la réalité de Simone.

--Toi! enfin, dit Raymond.

--Oui, répondit Simone, moi toute, et toute ma vie à toi.

Elle s’était agenouillée devant lui, plus blanche qu’un magnolia, ses

grands yeux noirs illuminés levés vers lui et pleins d’une si ardente

mysticité que Raymond sentit tout à coup ses yeux se mouiller d’émotion.

Il prit la belle tête de Simone dans ses mains, et il eut une seconde

l’impression inoubliable de tenir entre ses doigts la chose la plus

précieuse et la plus parfaite du monde: sensation qui dépasse le désir.

Il contemplait cette petite bouche dont le dessein et le sourire étaient

une lumière qui semblait éclairer toute la pièce.

Lentement, Simone s’était levée et avait posé la lumière de son sourire

contre la bouche de Raymond. Ils burent longuement leurs souffles,

s’installant dans ce baiser qui faisait lever leur chair. Et puis, sans

quitter cette bouche qui s’accrochait à la sienne, Raymond avait pris

Simone dans ses bras et l’avait portée sur le divan, dans la pénombre

d’une petite pièce où veillait une lampe bleue. Déjà sa main se

parfumait au secret de Simone qui s’ouvrait à elle; mais Simone ne

voulut pas s’abandonner à ces prémisses incomplètes. Gravement, elle se

dévêtit et apparut à Raymond dans sa blanche nudité qu’elle enliana à la

nudité de Raymond. Longue possession immobilisée dont ils écoutaient le

heurt intérieur et la lente prière qui montait comme un hymne à leur

cerveau. Ils demeurèrent ainsi dans cette communion silencieuse où les

battements de leurs chairs rythmaient leurs pensées. Englouti dans le

songe parfumé où il se déchirait, Raymond broutait la salure mouillée

des aisselles, tandis que ses mains dessinaient la ligne de ce corps et

le vêtaient du fluide de sa caresse.

Sous son baiser, les fraises des seins s’étaient levées et tendues vers

ses lèvres. Maintenant, ils jouent comme des enfants, et, tout à coup,

Raymond a senti sa tête emprisonnée dans l’étau des jambes de Simone

qu’il respire. Il la tient dans ses mains comme une coupe où ses lèvres

boivent lentement. Elle ferme les yeux et écoute monter en elle une

plainte qui s’angoisse et s’étouffe en un battement de tout son être.

Ses deux mains pressent contre l’émotion de sa chair le baiser de

Raymond qui boit son parfum.

Raymond demeure silencieusement enivré dans cet encens, se faisant un

collier de blancheur des longues jambes de Simone. Alors, avec des mots,

encore parfumés d’elle, il lui dit sa beauté et la mystérieuse

correspondance de ses gestes d’offrance et d’amour avec l’expression de

ses yeux et de son sourire. Il se retrouvait en elle si merveilleusement

celui qu’il avait toujours cherché qu’il avait, disait-il, la sensation

de ne plus rien désirer au delà d’elle-même. Elle serait pour lui

l’amante de sa chair et de son intelligence; et la fraternité de leurs

êtres, leur identification leur paraissait déjà si parfaite qu’elle leur

semblait presque incestueuse.

--Oui, parle-moi, Raymond, disait Simone: ta parole est une présence,

une possession prolongée dans mon âme. Tout mon être s’accroche à tes

mots, et puis aussi tes pensées me révèlent à moi-même. Oui, les

pensées, les désirs obscurs de mon enfance, de ma vie, s’éclairent à la

lumière de ton intelligence. Car, Raymond, plus encore que ma chair,

c’est mon âme que je te donne, avec la même impudeur que mon corps. Je

ne veux pas avoir de secrets pour toi: que tu sois mon refuge contre mes

incertitudes et mes doutes. Tu seras ma volonté aux heures de

défaillance, et mon exaltation aux minutes découragées. Je te parlerai

de moi, comme parfois j’ose me parler de moi-même à moi-même, et je

trouverai dans ton assentiment le courage ou l’orgueil de me contempler

dans ma sincérité.

La nuit était peu à peu tombée sur leurs confidences. Simone ne voulut

pas se lever pour dîner; Raymond lui apporta des fruits et des gâteaux

et ils burent des vins dorés dont ils grisèrent leur fatigue. Simone

jeta vite la cigarette qu’elle venait d’allumer: elle avait hâte de se

perdre encore dans l’hallucination de sa joie. Elle s’est glissée, comme

un serpent de tendresse, le long du corps de Raymond qui s’abandonna à

cette tendre curiosité. La petite bouche de sensualité rêveuse parcourt

sa chair, éveille la fragilité de ses mamelons d’homme dont elle caresse

son baiser, et puis elle s’est immobilisée, grave, tout emplie du fruit

qu’elle convoitait secrètement.

--Donne-moi ta bouche, Raymond, je veux que tu te communies de ma

communion.

«Maintenant, dit-elle en souriant, c’est toi qui es mon cheval de rêves:

obéis à mes impulsions, Raymond, obéis au commandement de ma voix. Et

elle se précipitait, retombant sous le galop qui la soulevait et

l’éclaboussait de son éclair et de son écume.

D’un commandement bref, elle savait arrêter l’élan de la course, afin

d’en perpétuer le divin essoufflement. S’arrêter d’une brève contraction

au bord du précipice et reprendre la lente ascension vers la suprême

détente où s’éteint la lumière du désir. Elle disait encore, d’une voix

un peu angoissée:

--Attends-moi, Raymond, je suis loin encore, je cours vers toi... Vois,

je t’ai rejoint, donne-moi ta main... et faisons ensemble ce bond dans

la lumière.

Et puis, comme attendrie de la plénitude détendue de son vol, les ailes

repliées, Simone s’abattit sur le corps de Raymond et le couvrit du

baiser de toute sa chair émue et reconnaissante.

Simone s’était endormie, et Raymond, qui retenait sa respiration pour ne

pas l’éveiller, souriait en évoquant le dernier geste de Simone, geste

de tendresse où elle avait appuyé contre sa joue l’élan encore mal

éteint du thyrse sacré. Elle avait mis dans ce baiser d’adieu une telle

maternelle effusion que Raymond en avait été troublé. Il contemplait

maintenant la quiétude de Simone emportée dans le courant du sommeil;

seul le rythme de la respiration soulevait ses seins, et, à son cou, la

pulsation d’une artère faisait battre son sang. Ses paupières closes

faisaient plus blanche la pâleur de son visage et lui donnaient la

gravité de la mort.

Raymond demeure de longues heures à contempler, à respirer le sommeil de

Simone, ne voulant perdre aucune minute, aucune attitude de la beauté

qu’elle lui donnait. Il entrait dans son admiration une sorte de

sentiment religieux, de timidité religieuse.

La conscience qu’il prenait de cette beauté miraculeuse de Simone le

faisait presque douter de lui-même: déjà se glissait en lui le doute

qu’il cultiverait avec une douloureuse insistance: «Il n’est pas

possible qu’elle m’aime.» Incertitude dont il ne voulait pas guérir et

qu’aucune parole d’absolu, aucun geste de parfait abandon ne

rassureraient complètement. Instinctivement peut-être, il se réfugiait

dans cette incertitude qui nimbait Simone d’une auréole de divinité

inaccessible. Ce que nous aimons dans la vie et dans les êtres, c’est ce

qui, en eux, est et demeure inatteignable.

Simone s’éveilla dans le bleu fragile de l’aube, et, toute rafraîchie

par le sommeil, elle donna à Raymond son parfum du matin, le dominant de

sa frêle majesté.

Ils prolongèrent jusqu’après midi cet épuisement d’eux-mêmes qui

exaltait leur cerveau et faisait jaillir de leurs lèvres les mots qui

précisent les sentiments encore incertains. Mots qui sont comme

l’expression instinctive d’une sensation immédiatement intellectualisée.

Dans cette communion de leurs chairs, ils se donnaient toutes les images

accumulées de leur enfance et de leur jeunesse, et ils avaient cette

sensation momentanée de ne s’être jamais quittés; les souvenirs qu’ils

évoquaient semblaient réveiller en eux une vie antérieure où ils avaient

joué enfants dans les allées du même parc enchanté.

Raymond écoutait les confidences de Simone et la possédait ainsi dans

toutes les années qui n’avaient été qu’une longue et inquiète recherche

de son amour.

--Comme la plupart des jeunes filles de notre monde, disait Simone, je

me suis mariée pour être libre, malgré les risques de l’aventure. Ce

qu’il faut d’abord, c’est s’évader de la tutelle et de l’égoïsme de ses

parents. Instinctivement, tout être sent qu’il ne se développera

qu’autant qu’il réagira contre le milieu familial. Le mariage, c’est le

premier round de la vie: il s’agit de vaincre son mari, son adversaire.

Alors, soit qu’on le garde comme décor d’honnêteté, soit que, comme moi,

on le rejette comme une bête morte, on est libre, et la vie commence...

--Et les enfants, Simone? demanda Raymond.

--Le divorce leur donne un double foyer, et ce double courant d’idées

fortifie en eux les dons d’observation, d’inhibition, le sens critique,

et leur permet aussi de se choisir, par delà tous les devoirs inscrits

dans les manuels, leurs vraies sympathies.

«Mon petit m’aime parce que je suis belle, et que la beauté, en somme,

c’est peut-être le plus sûr symbole de la raison; je lui apprends à

mépriser les petites croyances et les petites querelles religieuses de

son autre famille, et je sens d’ailleurs si bien qu’il est uniquement

mon enfant à moi; un père, ce n’est presque rien: une goutte de

levain...

«Le mariage! je regrette presque maintenant cette inutile expérience.

J’aurais dû avoir le courage de me lancer seule dans la vie (oh! je dis

cela sans aucune idée de revendication sociale! je ne suis pas

féministe!). Mais, libre, j’aurais été puiser des enfants aux meilleures

sources, aux meilleures races; j’aurais mis de la fantaisie et de la

variété dans les hérédités: expériences comme le greffage et le

bouturage des roses: bouturage des chairs, des cœurs, culture des

formes, des lignes et des couleurs... quel jeu divin!

«La société m’eût chassée de son parc aux étroites palissades, mais

qu’importe: ce qu’on appelle la société, ce n’est qu’un collier de beau

style dont on enchaîne les individus comme les chiens de race: lévriers

de divan... Oh! les courses à travers la steppe.

--Vous êtes un beau lévrier, Simone.

--Peut-être, Raymond, mais un lévrier qui veut choisir son maître en

toute liberté. Si je viens m’agenouiller devant toi, Raymond, c’est que

j’aime tes mains qui me rassurent et me caressent, tes petites mains

intelligentes et douces comme des lèvres. Si je t’aime, c’est que je

sens en toi un attachement de maître qui doute de son autorité. C’est

moi, ton esclave, qui ai vaincu ton orgueil. Songe, Raymond, que tu es

pour moi l’être le plus parfait! Alors, lorsque je te vois tout

tremblant d’émotion devant ma beauté offerte, quel orgueil j’ai d’être

moi-même!

--Oui, Simone; on aime les êtres pour le sentiment de puissance qu’ils

nous donnent. Il faut que l’amour soit cela: une double exaltation. Les

êtres sont dans la vie ce que l’amour les a faits, et ils ne

redescendent jamais du faîte où l’amour les a fait monter. Ceux qui ont

été aimés avec cette plénitude en gardent toute leur vie un rayonnement,

une sagesse aussi, car quelle passion vaudrait celle-là qui nous met à

l’abri des inutiles petites ambitions? La gloire elle-même n’est auprès

de l’amour qu’une belle prostituée: la gloire, c’est l’amour de la

foule: l’amour, c’est l’amour de l’être choisi, le plus noble et le plus

beau, celui qui nous divinisera...

--Parle-moi encore, dit Simone en appuyant la tête de Raymond contre la

sienne: tes mots entrent en moi comme des baisers: ils tombent sur mon

front, sur mes yeux, sur ma bouche, sur mes seins, sur mon ventre: tes

mots, ce sont encore tes mains qui me prennent, tes lèvres qui me

boivent, et ma bouche qui s’ouvre à tes mots se mouille du désir de te

donner encore ma blancheur parfumée que tu exaltes. Tout mon être est un

baiser mouillé vers toi...

--Regarde-moi, Simone. Mêlons nos regards où monte la lumière du désir,

à cette minute qui va nous déchirer...

«O Simone, toute cette soirée, je garderai à mes lèvres le goût de ton

amour.

Il fallait se quitter. A cette minute où les mains de Simone glissaient

comme mortes des mains de Raymond, il retrouva déjà son angoisse, et,

lorsque la porte fut fermée sur la silhouette de Simone descendant la

spirale de l’escalier, Raymond eut tout à coup peur de l’avoir perdue.

Il lui semblait absurde aussi qu’elle fût partie, qu’elle puisse vivre,

ne fût-ce qu’une heure, loin de lui, qu’elle puisse avoir une pensée, un

souvenir, faire un geste auxquels il ne participe pas. Par delà les

exaltations des heures d’amour, les effusions des chairs et des mots,

une sensation de solitude envahissait Raymond. Il dut, en une sorte de

prière agenouillée devant l’image de Simone, se suggestionner une

confiance momentanée: il lui écrivit pour lui persuader à elle-même

qu’elle l’emportait tout entier dans ces heures de cruelle séparation.

Il la consolait d’être loin de lui. Il se promettait aussi de lui écrire

tous les jours, afin qu’elle fût perpétuellement attirée par sa pensée

comme une petite goutte d’acier par un aimant.

L'art d'aimer · 第 23 / 30 题