Le général: «Vous pouvez, mon ami, vous pouvez ce que vous voulez.
Cherchez, cherchez. Adieu, bonsoir; je me couche et je m'endors
content.»
Dérigny rentra chez lui; les enfants dormaient, sa femme l'attendait.
«Une jolie commission dont je suis chargé par le général! dit Dérigny en
riant. Il faut que je me mette en campagne dès demain pour trouver un
gouverneur aux jeunes Dabrovine.»
Madame Dérigny: «Et où trouveras-tu le gouverneur? Comme c'est facile
dans le centre de la Russie! Tu ne connais personne. Ce n'est pas
Vassili qui te fournira des renseignements. Vraiment, notre bon général
est par trop bizarre. Comment feras-tu?»
Dérigny: «Je ne ferai rien du tout. J'espère qu'il n'y pensera plus.
Mais je regrette de ne pas pouvoir rendre service à Mme Dabrovine, qui
me semble être une excellente personne et ne ressemblant en rien à sa
soeur.»
Madame Dérigny: «De même que ses enfants ne ressemblent en rien à leurs
cousins, Mlle Natasha est une personne charmante, pleine de coeur et de
naïveté, et les garçons paraissent bons et bien élevés.»
Mme Dérigny et son mari causèrent quelque temps, et ils allèrent se
coucher après avoir parlé de leur chère France et de ce qu'ils y avaient
laissé.