ÉGLISE DE SOLIGNAC.

(Plan.)]

L’église de Ribé ou de Ripen, dans le Jutland, est une des nombreuses

églises fondées par Canut II, dit le Grand, après que ce roi eut

converti son peuple au christianisme dans les premières années du XIᵉ

siècle. Elle fut reconstruite après un incendie, au commencement du XIIᵉ

siècle, sur le modèle de Saint-Front ou de ses dérivés; la coupole

centrale, sur pendentifs, ressemble absolument, aussi bien par sa forme

que par les particularités de sa structure, à l’église mère, avec cette

seule différence que les arcs-doubleaux sont en plein cintre. Les bras

du transsept sont couverts par des voûtes annulaires sur croisées

d’ogives comme celles de la nef de Saint-Avit-Sénieur.

[Illustration: FIG. 173.--ÉGLISE DE SOLIGNAC. (Vue perspective de

l’abside.)]

L’église de Solignac, dans le département de la Haute-Vienne, est un

exemple d’un édifice à coupoles, rares dans le Limousin.

Elle ressemble à celle de Cahors, sauf en ce qui concerne le nombre des

travées et la disposition du sanctuaire,

[Illustration: FIG. 174.--ÉGLISE DE SOLIGNAC. (Coupe sur le transsept,

fragment.)]

couvert par une voûte, tout à la fois construite en quart de sphère du

côté de l’hémicycle et sur pendentifs du côté de l’arc triomphal formant

l’entrée du chœur.

Les ailes du transsept semblent avoir été modifiées après la

construction primitive; celle du sud-est, voûtée en berceau et celle du

nord-est, couronnée par une coupole hémisphérique, ovale en plan.

La nef est composée de quatre travées couronnées par des coupoles sur

pendentifs, la dernière couvrant, avec les particularités que nous avons

indiquées, le sanctuaire, cantonné, comme à Cahors, de trois absidioles

voûtées en quart de sphère. Celles-ci, circulaires à l’intérieur, sont

polygones à l’extérieur et chacun des angles est muni d’un contrefort

sous forme de colonne engagée.

Les coupoles de Solignac sont couvertes, comme celles d’Angoulême et

d’autres que nous avons signalées, par un comble à deux rampants.

A l’extérieur, les proportions sont moins heureuses encore que celles de

Cahors.

A l’intérieur, les absides et les absidioles, bien que polygones,

rappellent les églises du Poitou et surtout celles de l’Auvergne par ce

détail caractéristique des arcatures ornant la partie haute de l’abside

et du transsept, et qui encadrent quelques fenêtres ménagées à la base

de la coupole du sanctuaire.

L’église du monastère de Solignac a été élevée dans les premières années

du XIIᵉ siècle, car la dédicace en fut faite en 1143.

L'Architecture romane · 第 99 / 128 题