[Illustration: FIG. 164.--ÉGLISE DE CAHORS (FRANCE). (Vue perspective
extérieure, prise du cloître.)]
des églises à coupoles de Saint-Étienne, de la Cité à Périgueux, de
Cahors et de Saint-Jean à Cole, qui sont des filles de Saint-Front.
Le plan de Saint-Avit ainsi que sa coupe sont les mêmes que ceux de
Saint-Étienne, de la Cité et de Cahors et les détails de la construction
sont identiques. Mais ce qui rend cet édifice digne d’un examen
particulièrement attentif, c’est la disposition des voûtes et ces voûtes
elles-mêmes qui diffèrent des églises à coupole sur le modèle duquel
l’église de Saint-Avit a été bâtie, sinon achevée.
[Illustration: FIG. 165.--ÉGLISE DE SAINT-AVIT-SÉNIEUR.
(Plan.)]
Il n’est pas démontré, comme on l’a écrit, que les coupoles aient été
construites, puis détruites pour être remplacées par les voûtes qui
existent encore aujourd’hui.
Si l’église commencée sur le plan de Saint-Front ou de ses dérivés avait
dû être couronnée par des coupoles sur pendentifs, les claveaux des
arcs-doubleaux devaient être taillés, selon les lois et l’appareil,
suivant la douelle des pendentifs sphériques. La suppression de ceux-ci,
en admettant qu’on les ait remplacés après coup par des voûtes dont les
arêtes sont marquées par des arcs diagonaux, aurait nécessité un
travail de sapement et de relancement beaucoup plus considérable que la
construction, ou la reconstruction, toute simple, qui restait à faire de
la calotte hémisphérique.
Il était beaucoup plus facile, alors que les piles étaient arrivées à
hauteur de la naissance des arcs-doubleaux, de prévoir dans l’appareil
des sommiers la retombée des arcs diagonaux. C’est évidemment ce qui a
dû se passer, et c’est très probablement vers la fin du XIᵉ siècle que
les arcs-doubleaux ont été construits, époque à laquelle on voit
apparaître, timidement du reste, les arcs diagonaux ou croisées
d’ogives.
[Illustration: FIG. 166.