ÉGLISE DE SAINT-AVIT-SÉNIEUR.

(Coupe longitudinale.)]

D’ailleurs, les voûtes de Saint-Avit qu’on suppose avoir été refaites à

la fin du XIIIᵉ siècle ne sont pas appareillées comme elles le furent

dès la fin du XIIᵉ siècle et surtout dans les siècles suivants,

c’est-à-dire en voûtes d’arête dont les pénétrations sont accusées et

surtout soutenues par des arcs diagonaux. Les voûtes indiquées par la

figure 166 n’ont plus la forme d’une coupole proprement dite; c’est une

voûte annulaire appareillée horizontalement ou à peu près, soutenue

comme elle le serait par des cintres permanents, à l’aide de croisées

d’ogives et de nervures transversales, accusant et surmontant les clefs

des arcs-doubleaux.

Il semble qu’on peut voir dans cette disposition ingénieuse des voûtes

de Saint-Avit, beaucoup plus légères que les coupoles et par conséquent

ayant moins d’action sur les murs latéraux, le passage de la coupole à

la voûte d’arête portée sur des arcs diagonaux. Nous l’avons indiqué

dans le chapitre XII en étudiant le pendentif de Saint-Front, comparé à

la _croisée d’ogives_ et en constatant l’identité de leurs fonctions

statiques.

Ces tentatives, si bien caractérisées à Saint-Avit, se renouvelèrent

plus fréquemment, et on peut suivre leurs développements, dans la

première moitié du XIIᵉ siècle en Allemagne, en Italie et en France[89].

L'Architecture romane · 第 96 / 128 题