ÉGLISE DE CAHORS (LOT).--ÉGLISE DE SAINT-AVIT-SÉNIEUR (DORDOGNE).

Les premières églises bâties à l’exemple de Saint-Front, celles de la

première génération pour ainsi dire comme celles de la cité ou de

Saint-Étienne à Périgueux et de Cahors, conservent le même mode de

construction, mais présentent quelques différences dans le plan; les

bras latéraux de la croix grecque sont supprimés et il ne reste plus

qu’un rectangle formé de deux ou de plusieurs travées couronnées par

des coupoles et terminé par un sanctuaire demi-circulaire cantonné

d’absidioles comme à Cahors, ou même simplement par le mur de clôture

d’un des côtés de la travée terminale comme à Saint-Avit, soit parce

qu’on s’est contenté de cet arrangement ou bien parce que l’édifice n’a

pas été achevé.

[Illustration: FIG. 161.--ÉGLISE DE CAHORS.

(Plan.)]

L’église de Saint-Étienne, à Cahors, bien qu’elle ait été consacrée dans

les premières années du XIIᵉ siècle, remonte cependant au milieu du

siècle précédent, et elle doit être contemporaine de l’achèvement de la

célèbre église de Périgueux; c’est d’ailleurs une des plus importantes

et surtout des plus fidèles imitations de Saint-Front.

La construction de l’église de Cahors est semblable à celle de

Saint-Étienne de Périgueux--du moins dans la partie antérieure de

celle-ci--qui a suivi de très près celle de Saint-Front.

On peut remarquer déjà dans ces deux églises et surtout à Cahors un

perfectionnement sensible dans l’économie de la construction. Les

arcs-doubleaux sont beaucoup moins larges, et l’on sent que les

architectes,

[Illustration: FIG. 162.--ÉGLISE DE CAHORS.

(Coupe longitudinale, fragment.)]

familiarisés avec la coupole et calculant mieux les poussées des arcs et

des voûtes ainsi que la résistance des points d’appui, avaient réalisé

un progrès sensible qui est comme le témoignage de leurs connaissances

techniques.

A l’intérieur de l’église le parti architectonique est le même qu’à

Saint-Front; mais les proportions générales des grands arcs sont moins

heureuses, plus trapues

[Illustration: FIG. 163.--ÉGLISE DE CAHORS (FRANCE). (Vue perspective

intérieure.)]

et plus lourdes. La nef se compose de deux travées égales sans galeries

latérales; les piles formant un contrefort saillant à l’intérieur sont

pleines, sauf un étroit passage à hauteur de la galerie latérale, et

elles n’ont plus qu’une arcade simplement décorative. Les deux travées

sont couronnées par des coupoles hémisphériques sur pendentifs

appareillés comme à Saint-Front et éclairées à leur base par de petites

fenêtres ouvertes aux quatre points cardinaux. A l’extrémité orientale,

un vaste hémicycle ayant la largeur de la nef est couvert par une voûte

en quart de sphère; il est cantonné par trois absidioles et il rappelle,

sauf l’absence de la colonnade du sanctuaire intérieur, les dispositions

du chœur de l’église du Saint-Sépulcre à Jérusalem, réminiscence que

nous avons déjà signalée en étudiant l’église de Vignory et celles de

l’Auvergne.

Cette partie de l’église paraît, du reste, postérieure à la construction

de la nef; mais elle a cependant tous les caractères particuliers de

l’architecture romane.

L’extérieur de l’église présente des dispositions des plus intéressantes

parce que les coupoles sont très franchement accusées (fig. 164). Elles

émergent au-dessus du comble dont la corniche est soutenue par des

corbeaux; elles montrent leurs tambours appareillés formant la base de

la coupole et couronnés par une corniche ornée de corbeaux. Aujourd’hui

la calotte est couverte par une charpente, mais il est probable que la

couverture primitive devait être en pierre ou bien celle-ci était

revêtue de lames de métal suivant la courbe hémisphérique de la

coupole.

L'Architecture romane · 第 94 / 128 题