La différence existant entre les deux rotondes tient à la forme des
voûtes et aux dispositions de celles qui les enveloppent. A Ravenne, la
coupole sphérique se raccorde par une série de pendentifs avec les
parois octogones du tambour. Dans la chapelle d’Aix, la rotonde est
octogone comme son appui. Mais la diversité des formes et du système de
construction apparaît surtout dans les galeries du pourtour, qui sont
dans la chapelle palatine mieux liées aux supports de la coupole et, par
elles-mêmes, beaucoup mieux disposées qu’elles ne le sont à Saint-Vital.
Dans la chapelle palatine d’Aix, les supports de la coupole sont
relativement frêles et la masse des maçonneries est reportée jusqu’à
l’enceinte; celle-ci forme un polygone de seize côtés, se combinant avec
l’octogone par une série de voûtes alternativement carrées ou
triangulaires. Des arcs-doubleaux, retombant sur des dosserets engagés
dans les piliers ou le mur d’enceinte, forment
[Illustration: FIG. 84.--CHAPELLE DU PALAIS DE CHARLEMAGNE, A
AIX-LA-CHAPELLE (ALLEMAGNE). (Coupe longitudinale.)]
seize arcs-boutants et répartissent sur celui-ci la poussée de la
coupole (fig. 85).
Les galeries basses sont voûtées d’arêtes, sur lesquelles est établi le
sol des galeries hautes; celles-ci sont couvertes par des voûtes légères
en berceau rampant, sur lesquelles est posée directement la toiture
composée de dalles, de pierre ou de terre cuite, ou peut-être même de
feuilles de plomb ou de bronze.
Si les monuments à date certaine méritent de fixer l’attention des
archéologues, ceux qui ont été élevés par Charlemagne ou de son temps,
et dont les origines sont connues, doivent être particulièrement étudiés
en raison de l’influence considérable qu’ils ont eue, certainement et
directement, sur l’_architecture romane_.
Nous avons vu la chapelle palatine d’Aix, en Allemagne, le plus
important des édifices construits par Charlemagne; nous devons citer une
église bâtie en France, à la même époque que l’église d’Aix-la-Chapelle,
c’est-à-dire dans les premières années du IXᵉ siècle: l’église de
Germiny-des-Prés. Elle est des plus curieuses, parce qu’elle a tous les
caractères des églises byzantines bâties, avant le IXᵉ siècle, à
Constantinople, ou au commencement de ce siècle à Athènes; elle présente
en même temps une grande analogie avec un édifice antique: le prétoire
de Mousmieh (fig. 6 et 7), dans la Syrie centrale, construit par les
Romains au IIᵉ siècle de notre ère.
[Illustration: FIG. 85.--CHAPELLE DU PALAIS DE CHARLEMAGNE, A
AIX-LA-CHAPELLE (ALLEMAGNE). (Coupe transversale.)]
Suivant les écrits du moine Létolde, qui vivait au Xᵉ siècle,
Théodulphe, évêque d’Orléans, après avoir été abbé de l’abbaye de
Saint-Benoit-sur-Loire, fit construire, en 806, l’église
Germigny-des-Prés ou Germiny-des-Prés. (Plutôt _Germiny_, car d’après
d’anciens auteurs cette église est dite des saints _Ginevra_ et
_Germinus_.)