VI

Les oeuvres choisies de Donoso Cortès sont précédées d'une

introduction de Louis Veuillot, qui, comme il nous l'apprend, fut

l'ami du marquis de Valdegamas. Cette introduction est de la placidité

pleine de force qu'ont les chrétiens quand ils regardent deux choses

tristes:--le monde et un tombeau. Elle n'a point de chétive petite

mélancolie.

Le monde ne sut point assez ce que valait Donoso Cortès, et Veuillot

l'a dit tranquillement, sans rien surfaire. Au premier rang de ce

monde par les titres et les relations, Donoso Cortès, marquis de

Valdegamas, n'y exerça pas toute l'influence à laquelle, de talent et

d'âme, il avait droit, et la faute en fut justement au monde de ce

temps, haïsseur de toute vigueur et de toute vérité complète. Il

fallait à un homme comme Donoso Cortès l'époque de Ximenès, et Ximenès

même pour ministre. Il ne l'eut point, et, comme tant d'autres, il

vint trop tard. Mais n'admirez-vous pas cette louange amère? Le plus

grand honneur qu'on puisse faire aux hommes du XIXe siècle, c'est de

supposer qu'ils n'en sont pas!

Philosophes et Écrivains Religieux · 第 16 / 130 题