Les oeuvres choisies de Donoso Cortès sont précédées d'une
introduction de Louis Veuillot, qui, comme il nous l'apprend, fut
l'ami du marquis de Valdegamas. Cette introduction est de la placidité
pleine de force qu'ont les chrétiens quand ils regardent deux choses
tristes:--le monde et un tombeau. Elle n'a point de chétive petite
mélancolie.
Le monde ne sut point assez ce que valait Donoso Cortès, et Veuillot
l'a dit tranquillement, sans rien surfaire. Au premier rang de ce
monde par les titres et les relations, Donoso Cortès, marquis de
Valdegamas, n'y exerça pas toute l'influence à laquelle, de talent et
d'âme, il avait droit, et la faute en fut justement au monde de ce
temps, haïsseur de toute vigueur et de toute vérité complète. Il
fallait à un homme comme Donoso Cortès l'époque de Ximenès, et Ximenès
même pour ministre. Il ne l'eut point, et, comme tant d'autres, il
vint trop tard. Mais n'admirez-vous pas cette louange amère? Le plus
grand honneur qu'on puisse faire aux hommes du XIXe siècle, c'est de
supposer qu'ils n'en sont pas!