III, p. 139 et suiv.), le résumé de mes recherches sur les origines de
la nation chinoise. J’ajouterai ici quelques renseignements qui me
paraissent utiles pour l’étude de cette question. Les Mémoires
historiques (_Sse-ki_), primitivement composés par _Sse-ma Tan_, et qui
furent coordonnés et publiés, après sa mort, par le fils de cet
historien, le célèbre _Sse-ma Tsien_, commencent avec _Hoang-ti_
«l’Empereur Jaune», dont le règne remonte à l’année 2698 [avant] de
notre ère. L’authenticité de ce règne est admise par tous les critiques
chinois; celui de _Fouh-hi_, qu’on reporte sept cent soixante-dix ans
plus haut dans la nuit des temps, est lui-même loin d’être considéré
comme fabuleux, et les auteurs les plus scrupuleux nous le donnent tout
au plus comme un règne semi-historique. Les anciennes annales intitulées
_Kou-chi_, composées par _Soutchih_, de la dynastie des Soung, font, de
la sorte, remonter les annales de la Chine à ce même Fouh-hi. Les récits
qui appartiennent précisément à la légende, et dans lesquels il n’est
peut-être cependant pas impossible de découvrir quelques traces
d’ethnogénie dignes d’être étudiées, sont réputées l’œuvre de _Tao-sse_.
L’ouvrage de _Lo-pi_, intitulé _Lou-sse_, est un de ceux qui font
reculer davantage les légendes relatives aux origines de son pays; mais
cet ouvrage, malgré sa grande popularité, est généralement peu estimé
des lettrés qui ne prennent pas au sérieux sa chronologie fantaisiste
des premiers âges. Le classement des souverains mythologiques sous le
nom de «Souverains Célestes primitifs» (_Tsou tien-hoang_), de
«Souverains Terrestres primitifs» (_Tsou ti-hoang_), et de «Souverains
Humains primitifs» (_Tsou jin-hoang_), paraît avoir été adopté par les
Japonais qui ont imaginé également, à l’origine de leur empire, des
dynasties fabuleuses rattachées aux trois grandes puissances
constitutives de l’univers (_San-tsaï_), savoir: le Ciel, la Terre et
l’Homme.
[92] Le grand ouvrage historique intitulé _Kang-kien I-tchi loh_ a cru
devoir accueillir les légendes relatives aux temps antérieurs au règne
de l’empereur _Hoang-ti_. Il les publie dans ses deux premières
sections:
I.--_San-hoang ki_ «Annales des Trois Souverains», comprenant _Pan-kou
chi_ ou _Pan-kou_, dont le nom a été rapproché de celui du _Manou_
indien, fils de Brahmâ et père de l’espèce humaine. Pan-kou, dans la
légende chinoise, est également le premier ancêtre des hommes, le
souverain du monde à l’époque du Chaos primordial (_Hoen-tun_) avec
lequel il est parfois identifié;--_Tien-hoang chi_ «les Souverains
Célestes»;--_Ti-hoang chi_ «les Souverains Terrestres»;--_Jin-hoang chi_
«les Souverains Humains»;--_Yeou-tchao chi_ «le chef Yeou-tchao»; et
_Soui-jin chi_ «le chef Soui-jin».
II.--_Ou-ti ki_ «Annales des Cinq Empereurs», comprenant
_Fouh-hi_;--_Chin-noung_;--_Hoang-ti_;--_Chao-hao_;
--_Tchouen-hioh_;--_Ti-kouh_;--_Yao_,--et _Chun_.
Le grand Yu (_Ta Yu_) est placé en dehors de cette section et en tête de
la dynastie des _Hia_, dont il est considéré comme le fondateur.
[93] Le _Kang-kien I-tchi loh_ nous fournit de curieuses notices sur ces
deux personnages qui sont représentés comme les chefs de la première
émigration chinoise, à une époque où elle était encore plongée dans les
langes de la barbarie la plus primitive. Les Chinois, avant
_Yeou-tchao_, formaient une population de troglodytes: ils habitaient
des cavernes et vivaient dans les lieux sauvages en compagnie des
animaux. Ils n’avaient aucun sentiment de convoitise; par la suite, ils
devinrent astucieux, et les animaux commencèrent à être leurs ennemis.
Yeou-tchao enseigna aux hommes à se construire des tannières avec du
bois et à y habiter pour éviter leurs attaques. On ne connaissait pas
encore l’agriculture, et on mangeait les fruits des plantes et des
arbres. On ne possédait pas l’art de se servir du feu; on buvait le sang
des animaux et on en mangeait la chair avec le poil.
Le successeur de Yeou-tchao, Soui-jin, parvint à obtenir du feu en
perçant du bois. Les hommes, sous Yeou-tchao, avaient appris à se
construire des tannières, mais ils ne savaient pas encore faire cuire
leurs aliments. Soui-jin le leur enseigna; il observa en outre les
astres et étudia les cinq éléments. Il enseigna au peuple à cuire les
mets [avec le feu produit par la friction du bois], et le peuple fut
satisfait; aussi lui décerna-t-on le nom de _Soui_, qui signifie «tirer
du feu du bois». Il fit connaître les quatre saisons et la manière de se
conformer à la volonté du ciel. A cette époque, on ne possédait pas
d’écriture. Soui-jin établit, pour la première fois, le système des
cordelettes nouées. Il eut quatre ministres, nommés _Ming-yeou_,
_Pi-yuh_, _Tching-poh_ et _Yun-kieou_.
[94] _Fouh-hi_ (3468 ans avant notre ère).
[95] _Chin-noung_ (vers 3218 avant notre ère).
[96] Voy, sur le système du cycle chinois de 60 ans et sur son
application dans la supputation des temps chez les Japonais, mon recueil
de _Thèmes faciles et gradués pour l’étude de la langue japonaise_, p.
74.
[97] Dans les ouvrages chinois que j’ai eus à ma disposition, on fait
usage, pour les souverains antérieurs à Hoangti et pour Hoangti
lui-même, du titre de _hoang_, qui, dans l’ancienne écriture, était
tracée sous une forme où l’on trouve les éléments idéographiques _tsze_,
«soi-même» et _wang_ «gouvernant», c’est-à-dire «autocrate». Pauthier
nous dit que ces premiers princes portaient simplement le titre de
_wang_ «regulus». J’ignore où le regretté sinologue a trouvé ce
renseignement, et s’il n’a pas confondu les signes _hoang_ et _wang_ en
cette circonstance.
[98] _Ti-kouh_, père du célèbre empereur _Yao_, régna 70 ans et mourut
vers l’an 2366 avant notre ère.
[99] «_Ti-tchi_ (2366 à 2357), dit le _Kang-kien yih-tchi-loh_, régna
dix ans comme un mannequin et fut déposé.» Un grand nombre d’historiens
chinois ont jugé à propos de supprimer son nom de la liste des
souverains; c’est ainsi qu’il ne figure point dans l’histoire des Cinq
Empereurs (_Ou-ti pen-ki_) placée en tête des Mémoires historiques
(_Sse-ki_) du grand historiographe _Sse-ma Tsien_, où l’on voit paraître
_Yao_ immédiatement après _Ti-kouh_ (Livre I).
[100] _Yao_ ou _Tao-tang_.
[101] _Yu_, ou _Ta Yu_ «le Grand Yu».
[102] 2200 avant notre ère.
[103] Parmi les travaux publiés sur cette question, je citerai seulement
les suivants: le P. Prémare, dans la _Revue orientale et américaine_, t.
III, p. 100, et t. IV, p. 248 W.-H. Medhurst, _An inquiry into the
proper mode of rendering the word God, in translating the Sacred
Scriptures into the Chinese language_ (Shanghaë, 1848).
[104] _Chi-king_, section _Soung_, partie I, ode 6.
[105] _Chi-king_, section _Ta-ya_, partie II, ode 4.
[106] _Chi-king_, section _Ta-ya_, partie I, ode 1.
[107] _Chi-king_, loc. cit.
[108] Voy. notamment section _Siao-ya_, parties V et VI.
[109] Section _Koueh-foung_, partie XIII, ode 2.
[110] _Li-ki_, chap. X; et Calleri, dans les _Memorie della R. Accademia
delle Scienze di Torino_, 2e série, t. XV. p. 66, et le texte chinois,
p. 33.--Voyez également _Li-ki_, chap. XIX (Libr. cit., p. 117).
[111] _Chine_, p. 44.
[112] Voyez, pour plus de détails, mon introduction à l’_Enseignement
des Vérités_, du philosophe japonais Kaubau Daï-si (texte et
traduction), p. XI.
[113] _Li-ki_, chap. III, et Calleri, dans les _Mem. della R. Acad.
delle Scienze di Torino_, t. XV, p. 9.
[114] _Li-ki_, ch. X, et Calleri, dans les _Mem. della Acad. delle
Scienze di Torino_, t. XV, p. 66.
[115] Territoire actuel de _Si-ngan fou_, dans la province de Chen-si.
[116] Voyez _Chi-king_, section _Koueh-foung_, partie VII, pièce 7.
[117] _Ibid._, partie X (chants des _Tang_), pièce 11.
[118] Voyez notamment le _Chi-king_, section _Koueh-foung_, partie IV
(chant de _Young_), pièce 1.
[119] _Liber carminum_, édit. J. Mohl, p. 254.
[120] _Li-ki_, chap. XVI, et Calleri, dans les _Memorie della_ _Reale
Accademia delle Scienze di Torino_, 2e série, t. XV, p. 107.
[121] _Li-ki_, chap. XV, et Calleri, dans les _Memorie della Reale
Accademia delle Scienze di Torino_, 2e série, t. XV, p. 79.
[122] Il y aurait bien quelques restrictions à faire, notamment en ce
qui concerne les membres de la famille impériale, les descendants de la
famille de Confucius, etc. Il me paraît inutile de m’y arrêter ici.
[123] Le fondateur de cette dynastie, _Taï-tsou_ (960 de notre ère),
abolit la charge de grand historiographe et constitua, dans le sein de
l’Académie des _Han-lin_, un tribunal chargé de composer l’histoire
officielle de l’empire.
[124] Dans mes Conférences sur l’Ethnographie de la race Jaune, faites
au Collège de France pendant les années 1869 et 1870. J’espère publier
un jour ces conférences, qui ont été recueillies par la sténographie.
[125] _Chi-king_, section _Ta-ya_, partie III, pièce 10, _in fine_.
[126] On rapporte que le fondateur de la dynastie des Ming, scandalisé
de ce que Mencius avait qualifié de _bandit_ le prince qui n’a point de
respect pour les représentations de ses ministres, ordonna que ce
philosophe fût dégradé et que sa tablette commémorative fût enlevée du
panthéon des lettrés. Il défendit, en outre, que qui que ce soit se
permît de lui faire des représentations au sujet de cette décision
souveraine.
Un lettré nommé _Tsien-tang_ se décida cependant à contrevenir à l’ordre
exprès de l’empereur, et à s’exposer à la mort pour la mémoire du grand
moraliste de Tsou. Il rédigea donc une requête, et, dans l’intention de
la remettre à son prince, il se rendit au palais impérial, précédé de
son cercueil.
Dès qu’il eut déclaré le motif de sa visite, un garde lui décocha une
flèche pour le châtier de son insolence. L’empereur, auquel on remit
néanmoins la requête, la lut attentivement, ordonna que la blessure du
courageux lettré fût soignée au palais même, et décida que Mencius
serait réintégré dans les titres qu’il lui avait enlevés.
Plus d’un souverain chinois s’est fait gloire de faciliter aux censeurs
le soin de lui adresser des remontrances. On cite un empereur qui
parfumait les requêtes de ses ministres et se lavait les mains avant de
les toucher, prétendant qu’il était bon de se préparer à recevoir des
vérités qui ne sont pas toujours agréables à entendre; et, s’adressant à
un de ses ministres, il lui disait: «Ménage mon peuple, mais ne crains
pas de ne point me ménager moi-même. Il vaut mieux que j’aie cent fois à
rougir que d’être cause qu’il coule une seule larme.»
L’histoire de Chine est remplie de faits de ce genre, qui formeraient
aisément la matière d’un volume tout entier.
[127] _Youen-kien-loui-han_, cité par Pauthier, _Chine_, t. II, p. 136.
[128] _Siouen-wang_, roi de _Tsi_, adressa à Mengtsze cette question:
«On rapporte que le fondateur et premier roi de la dynastie des _Chang_
(1783 avant notre ère), _Tching-tang_ [détrôna et] envoya en exil le roi
_Kie_ (de la dynastie des _Hia_, et que _Wou-wang_) (fondateur de la
dynastie des _Tcheou_, 1134 avant notre ère) mit à mort _Tcheou_
(dernier prince de la dynastie des _Chang_). Est-ce possible?»
Mengtze répondit: «Dans l’histoire, cela est rapporté.»
Le roi lui dit: «Est-il donc permis à un sujet de tuer son prince?»
Mengtze répondit: «Celui qui vole [les droits de] l’humanité, on
l’appelle _un voleur_; celui qui vole la justice, on l’appelle _un
scélérat_. Or un voleur, un scélérat, n’est qu’un individu ordinaire [et
nullement un prince]. J’ai entendu dire que [_Tching-tang_] avait tué un
individu appelé _Tcheou_; mais je n’ai jamais entendu dire qu’il ait tué
son prince.»
[129] Cette opinion était celle du poète _Sou Toung-po_, auquel on doit
un célèbre commentaire du livre de Laotsze, publié sous le titre de
_Tao-teh king kiaï_.
[130] Voy., dans la _Biographie universelle_ de Michaud, art. CONFUCIUS,
seconde édition, p. 31.
[131] Un savant sinologue anglais, M. John Chalmers, a écrit: «Je me
hasarde à appeler Laotsze _le_ philosophe de la Chine, parce que si
Confucius a obtenu une plus grande réputation, il le doit bien plus aux
circonstances qu’à la profondeur de sa pensée.» (_The speculations of_
«_the Old Philosopher_», translated from the Chinese, London, 1868,
introd., p. VII.)
[132] Cet ouvrage a été traduit en français par Stanislas Julien, et
publié, avec la reproduction du texte chinois, à l’Imprimerie Royale de
Paris, en 1842.
[133] Voy., pour plus de détails, mon article _Taosséisme_, dans le
_Dictionnaire général de la Politique_, de M. Maurice Block, t. I, p.
991.
[134] Cet ouvrage est très répandu au Japon, où il compte de nombreux
admirateurs. En l’an 847 de notre ère, le mikado _Nin-myau Ten-wau_ en
entendit la lecture dans son palais.
[135] Malgré les difficultés exceptionnelles que présente l’intelligence
de ce chapitre initial du _Nan-hoa-king_, j’ai essayé d’en donner une
traduction française qui a paru, avec un commentaire, dans mes _Textes
chinois anciens_, pp. 73 et suiv.
[136] Suivant le _Sse-wou-ki-youen_, l’usage de l’encre et de la pierre
à broyer remonterait, ainsi que les caractères chinois, au règne de
l’empereur Hoangti (XXVIIe siècle avant notre ère); mais il n’y a pas à
s’arrêter à cette opinion fondée sur la présence des signes désignant
l’encre et les pinceaux dans les ouvrages de l’antiquité. Il paraît
avéré que ce fut seulement sous la dynastie des _Tang_ (618 à 906 de n.
è.) qu’on commença à faire usage d’encriers fabriqués en terre cuite. La
plus ancienne encre de Chine fut fabriquée avec de la terre noire, ainsi
que l’indique le caractère _meh_ qui signifie «encre». Plus tard, on fit
usage de noir de fumée, auquel on ajouta divers ingrédients et des
substances aromatiques.
Quant aux pinceaux, on rapporte qu’ils ont été inventés sous la dynastie
des Tsin, bien que quelques auteurs soutiennent que l’empereur Chun
(XXIIIe siècle avant n. è.) fut le premier à en répandre l’usage chez
les Chinois (voy. l’encyclopédie _San-tsaï-tou-hoeï_) et que le système
de leur fabrication seulement fut perfectionné sous les Tsin. Suivant le
_Wou-youen_, Fouhhi traça des caractères avec du bois; Hoangti remplaça
le bois par des couteaux et Chin-noung par des pinceaux. L’usage des
encriers aurait été introduit par _Tchoung-yeou_, et celui du papier à
écrire par _Tsaï-lun_. Sous les Han, les Weï et les Tang, les pinceaux
étaient faits avec du poil de rat; puis on employa le poil de renard
pour donner plus de résistance à la partie intérieure. Enfin
_Tchang-hoa_, sous les Tçin, fabriqua les pinceaux avec du poil de cerf.
Dans les temps les plus reculés, on traçait les caractères sur des
tablettes de bambou; plus tard, on leur substitua des tissus de soie.
C’est ce qui fait que le signe chinois qui désigne le «papier» est tracé
avec la figure de «la soie». L’emploi de l’écorce d’arbre date de
_Tsaï-lun_, de Koueï-yang, qui vivait sous le règne de l’empereur Hoti,
de la dynastie des Han (89 à 105 de n. è.).
Au Japon, l’introduction du papier à écrire date du règne du mikado
_Sui-ko_ (593 à 628), auquel une ambassade avait été envoyée du royaume
de _Kao-li_ (en Corée) avec des présents. Mais ce papier manquait de
solidité et était constamment piqué par les insectes. Le prince
héréditaire imagina alors de se servir du mûrier noir (Broussonetia),
qui continua depuis lors à servir de matière première pour la
fabrication du papier japonais.
[137] Nous ne possédons notamment qu’une traduction d’un abrégé du
_Li-ki_, le quatrième des livres sacrés.
[138] Le _Tao-teh King_ ou Livre de la Voie et de la Vertu.
[139] Le _Yih-king_ a été traduit en latin sous ce titre: «_Y-king_,
antiquissimus Sinarum liber quem ex latina interpretatione P. Regis
aliorumque ex Soc. Jesu P. P. edidit Julius Mohl» (Stuttgartiæ, 1834,
deux vol. in-12).--Au moment où m’arrivent les épreuves de cette
conférence, je reçois une nouvelle traduction du _Yih-king_ due à
l’éminent sinologue anglais, M. James Legge. Elle forme le tome XVI des
_Sacred books of the East_, publiés sous la direction de M. Max Müller
(London, 1882, un vol. in-8º.)
[140] Il existe plusieurs traductions du _Chou-king_. La plus ancienne
porte le titre de: _Le Chou-king, un des livres sacrés des Chinois, qui
renferme les fondemens de leur ancienne histoire_, traduit et enrichi de
notes par le P. Gaubil; revu, corrigé et accompagné de nouvelles notes
et de planches par de Guignes. Paris, 1770, in-4º.--Depuis cette époque,
une nouvelle traduction de cet ouvrage a paru en anglais: _Ancient
China. The Shoo-king, or the historical classic, being the most
authentic record of the Annals of the Chinese empire_: illustrated by
later commentators; translated by Medhurst. shanghae, 1846, in
8º.--Enfin M. James Legge nous en a donné une savante traduction,
accompagnée du texte original et de nombreux commentaires, dans sa belle
collection des _Chinese Classics_ (Hong-kong, 1865, in-8º).
[141] Le _Chi-king_ a été traduit en latin par le P. Lacharme et en
anglais par M. James Legge. Il n’en existe qu’une traduction partielle
en français, rédigée par Pauthier, d’après la version de Lacharme.
[142] Il n’existe jusqu’à présent qu’une traduction d’un abrégé du
_Li-ki_. Elle a été rédigée en français par l’abbé Callery et insérée
dans les _Memorie della R. Accademia delle Scienze di Torino_, 2e série,
t. XV.
[143] Traduit en français par Edouard Biot (Paris, 1851, deux vol.
in-8).
[144] Traduit en anglais par M. James Legge, dans sa collection des
_Chinese Classics_, vol. V.
[145] Cet ouvrage n’a pas encore été traduit dans une langue européenne.
[146] Suivant une légende insérée dans la _Vinaya_.
[147] Et non en l’an 64, comme le disent les _Mémoires concernant les
Chinois_, t. V. p. 51.
[148] _Ni-hon Syo-ki_, liv. XIX, p. 25.
[149] Allusion à une expression du style bouddhique que l’on rencontre
dans les _Dharmas_, et notamment dans la traduction chinoise du Lotus de
la Bonne Loi.--Voy. mes _Textes chinois anciens et modernes_ traduits en
français, p. 53.
[150] _Ni-hon Syo-ki_, livr. XIX, p. 26.
[151] _Ni-kon Syo-ki_, liv. XIX, p. 27.
[152] «Nandi hitori bup-pauwo okonahe to ynrusi tama’u» (_Nippon wau dai
iti-ran_ liv. I, p. 27).--Hoffmann n’est pas absolument exact quand il
dit: «Um diese Zeit _wurde_ der Buddhacultus auf Japan begründet»
(_Archiv zur Beschreibung von Japan_, part. V, p. 4) Le Bouddhisme ne
fut définitivement établi au Japon que sous le règne de _Yô-mei_
(586-587 de notre ère).
[153] Voy. p. 232, note 1.
[154] Hoffmann, dans les _Archiv zur Beschreibung von Japan_, de
Siebold, part. V, p. 5.
[155] Et non la 28e année de Souiko (620), comme le rapporte
Kæmpfer.--Suivant quelques auteurs, il vécut quarante-neuf ans. (_Nippon
wau-dai iti-ran_, liv. I, p. 30); suivant d’autres, trente ans seulement
(Mitukuri, _Sin-sen nen-hyau_, ann. 621).
[156] Eugène Burnouf, _Introduction à l’histoire du Buddhisme indien_,
p. 441.
[157] Le célèbre voyageur Ph.-Fr. von Siebold a soutenu, d’après ses
entretiens avec des savants japonais qu’il avait eu pour élèves en
médecine, que, dans les classes éclairées, le Bouddhisme repose au
Nippon sur tout un système de doctrines profondes et abstraites, que
l’Orient n’a jamais su dépasser. (Voy., pour plus de détails à ce sujet,
mes _Etudes asiatiques_, p. 323.)
[158] Voy., sur le Bouddhisme japonais et sur l’école en voie de
formation du _Néo-Bouddhisme_, les _Mémoires du Congrès international
des Orientalistes_, session de Paris, 1873, t. I, p. 142, et mon article
dans la _Revue scientifique_, 2e série, t. VIII, p. 1068.
[159] Voy., à ce sujet, mes _Textes chinois anciens_, p. 67.
[160] _Zitu-go kyau_, _Dô-zi kyau_, _l’Enseignement des Vérités et
l’Enseignement de la Jeunesse_, traduits du japonais par Léon de Rosny.
Paris, 1878, in-8.
[161] Voy. ma traduction du _Dô-zi kyau_ p. 53 (v. 77-78).
[162] Les personnes qui voudraient cependant connaître les indications
recueillies par les voyageurs sur les idées des bouddhistes japonais
pourront lire, entre beaucoup d’autres ouvrages, Fraissinet, _Le Japon_,
t. II, p. 209; Humbert, _Le Japon illustré_, t. I, p. 245; Bousquet, _Le
Japon de nos jours_, t. II, p. 79.
[163] Voy., sur cette secte d’origine chinoise, la savante brochure de
M. J. Edkins, intitulée: _Notice of Chi-kai and the Tian-tai School of
Buddhism_. Shanghae, in-8º.
[164] Je m’abstiens de parler des sectes de Hosyau, de Gousya et des
trois grandes écoles qui furent constituées, plus tard, sous les noms de
_Yodo_, _Mon-tau_ et _Syau-retu_, les renseignements que j’ai rencontrés
à leur sujet ne me paraissant pas avoir la précision nécessaire pour
être reproduits dans cette conférence.
[165] Voy., pour plus de détails, la traduction du _Ni-hon Gwai-si_, de
M. Ogura Yemon, dans les _Mémoires de la Société des Études Japonaises_,
t. II, p. 1 et suiv.
[166] Yoritomo mourut en 1199, à l’âge de cinquante-trois ans; il avait
gouverné l’empire pendant vingt années consécutives.
[167] Voy., sur ces princes, ma _Chronologie japonaise_, reproduite à la
suite de mes _Thèmes faciles et gradués pour l’étude de la langue
Japonaise_, p. 65.
[168] L’empereur ou _mikado_ est désigné par une foule de titres
différents: _suberaki_ (Cf. _sumera-mikoto_), _ten-si_ «Fils du Ciel»,
_ten-wau_ «autocrate du Ciel», _kwau-tei_ «autocrate empereur»,
_zyau-wau_ «saint-autocrate», _si-son_ «le respectacle suprême»,
_siu-zyau_ «le haut maître», _sei-zyau_ «le haut saint», _seï-tyau_ «la
sainte cour», etc. Le titre du _suberaki_, suivant les Japonais, date de
l’origine de leur monarchie, celui de _tei_ ou _mikado_ a été emprunté à
la Chine où il remonte au personnage semi-fabuleux appelé _Fouh-hi_;
celui de _kwau-tei_, également d’origine chinoise, date de _Tsin-chi
Hoang-ti_, le fameux autocrate de la dynastie de _Tsin_, dont j’ai eu
déjà l’occasion de parler; celui de _ten-si_ vient de l’empereur de
Chine _Chin-noung_; celui de _zyau-wau_ a été employé pour la première
fois en s’adressant à l’empereur _Kouang-wou_, de la dynastie des _Han_
(Ier siècle de notre ère). Une autre appellation du souverain, _hei-ka_,
c’est-à-dire «celui qui a ses ministres aux pieds de son trône», est due
à _Li-sse_, ministre de l’empereur de Chine, Tsinchi Hoangti.
_Kin-rin-zyau-wau_ «le saint autocrate de la roue d’or» signifie aussi
«l’empereur».
Les mikados antérieurs au mikado actuel n’apparaissaient dans les
grandes audiences que cachés derrière un store, la partie inférieure de
leur robe étant seule visible pour les grands seigneurs admis à pénétrer
dans le sanctuaire impérial.
L’empereur qui a abdiqué s’appelle _Sen-tô_ «la caverne des immortels»
ou _daï-zyau ten-wau_ «le très haut autocrate céleste». Il ne se
présente également que caché derrière un store. Ce second titre a été
conféré pour la première fois, en l’an 703, par l’empereur Monmou à
l’impératrice Dzitô qui l’avait précédé sur le trône.
L’impératrice est désignée sous le nom de _kisaki_ ou _ki-sai-no-mya_
«le palais de l’épouse de l’autocrate», ou _kwau-kô-gû_, nom emprunté à
l’époque de Tsinchi Hoang-ti, ou _gyoku-tau_ «la salle de jade», _seô-ï_
«l’enclos poivré», etc.
[169] C’était le mikado qui envoyait au syaugoun la coiffure ou
couronne, ainsi que tous les vêtements insignes de sa dignité. Le
_go-taï-rau_, les ministres, tous les daïmyaux, les ambassadeurs
(notamment ceux qui furent envoyés en 1862 dans plusieurs contrées de
l’Europe), les docteurs eux-mêmes reçoivent leurs titres du mikado. On
reconnaissait à ce dernier le droit de créer de nouveaux daïmyaux, mais
le syaugoun s’était arrogé le privilège de doter seul, et suivant son
caprice, de domaines territoriaux ceux qui auraient été l’objet de la
faveur impériale.
[170] Lorsque le commodore Perry vint demander, au nom des États-Unis
d’Amérique, à conclure un traité avec le Japon (1852-54), le syaugoun
_Iye-sada_ ne crut pas pouvoir se dispenser de consulter le mikado.
Celui-ci se borna à lui répondre: «Impossible». Le syaugoun passa outre.
[171] L’héritier présomptif du mikado est appelé _tai-si_ «grand fils»,
_tô-kû_ «palais du printemps», _sei-kû_ «palais vert», _seô-yau_ «le
petit soleil», _ryau-rô_ «le pavillon du dragon», etc.--Le premier
empereur du Japon, Zinmou, fut élevé au titre de _tai-si_, dit
l’histoire. Les critiques en concluent que l’empire japonais était déjà
constitué antérieurement, et ils lui donnent pour prédécesseur
_Fuki-awasezu_, dont il était le quatrième fils.
Les princes impériaux ou _sin-wau_ sont également nommés _diku-yen_ «le
jardin des bambous», _ren-ti_ «l’étang des nénuphars», _tei-yau_ «la
feuille impériale», _ten-ti_ «la branche céleste», etc., etc. Beaucoup
d’entre eux entrent en religion et s’appellent dès lors _Hau-sin-wau_.
[172] On désigne sous le nom de _Ku-gyau_, les trois premiers rangs de
fonctionnaires de la cour, savoir: les _Ses-syau_, les _Kwan-baku_ et
les _San-ku_. Dans le _Tcheou-li_ ou Rituel des Tcheou, on cite trois
_ku_ et six _gyau_. Les fonctionnaires des trois premières classes
étaient appelés _gek-kei_ «seigneurs de la lune», ceux de la quatrième
et de la cinquième classe _un-kaku_ «hôtes des nuages».
[173] Aussi désignés sous le nom chinois d’origine _kwau-mon_ «la Porte
Jaune».