appelés _go san-ke_, étaient les princes de Owari, de Kisiou et de Mito.
Leur puissance venait surtout de leurs liens de parenté avec le
syaugoun. Le prince de Satsouma était également considéré comme un des
plus puissants _koku-si_ du Japon; il prétendait à une certaine
indépendance, en sa qualité de suzerain des îles Loutchou. Dans les
derniers temps, on lui avait inspiré la pensée de se faire reconnaître
comme roi de cet archipel, et il fut admis sous ce titre à participer à
l’Exposition Universelle de Paris, en 1867.--Les autres daïmyaux qui
jouaient le plus grand rôle dans les événements du Japon, étaient ceux
de Hizen, de Ohono, de Uwazima, de Tosa, de Awa, de Tsikouzen et de
Wakatsou; c’étaient également les princes qui s’étaient le plus initiés
aux idées et à la civilisation de l’Europe et de l’Amérique--L’existence
de _Koku-si_ date du règne de Kwaugok (Voy. le _Syo-gen-zi-kau_).
[175] L’aîné des fils des daïmyaux était appelé à lui succéder; ses
autres fils pouvaient devenir à leur tour daïmyaux, si l’un des daïmyaux
régulièrement titré venait à mourir sans laisser d’héritier. Si l’aîné
ou héritier présomptif mourait, le second fils le remplaçait et ainsi de
suite. En cas de démence ou d’insanité, le droit de l’aîné passait
également à son frère cadet.
[176] Voyez mes _Archives paléographiques de l’Orient et de l’Amérique_,
t. I, p. 233.
[177] On peut consulter sur l’alphabet coréen, mon _Aperçu de la langue
Coréenne_ extrait du _Journal asiatique_ de 1864, et mon _Vocabulaire
Chinois-Coréen-Aïno_, expliqué en français et précédé d’une Introduction
sur les écritures de la Chine, de la Corée et de Yezo, dans la _Revue
orientale et américaine_, première série, t. VI, p. 261.
[178] Voy., sur l’écriture antique des Japonais, les _Mém. du Congrès
international des Orientalistes_ (première session, Paris, 1873, p.
229), et mes _Questions d’Archéologie japonaise_ (dans les _Comptes
rendus_ de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, t. IX, 1882,
p. 170 et sv).--C’est aux difficultés de tout genre que présente
l’écriture japonaise qu’il faut attribuer surtout l’ignorance où sont
restés pendant longtemps les orientalistes au sujet de la langue et de
la littérature du Nippon. Tous les anciens missionnaires qui ont traité
de la grammaire japonaise se sont abstenus d’expliquer le système de ses
alphabets, et, pour expliquer ce silence, l’un d’eux, le P. Oyangeren,
n’a pas hésité à écrire que ces alphabets étaient une «œuvre du démon
imaginée pour augmenter les peines des ministres du saint Évangile.»
(Voy., mon _Discours prononcé à l’ouverture du Cours de Japonais_,
Paris, 1863, p. 8.)
[179] Le titre de cet ouvrage a été interprété de plusieurs manières
différentes par les commentateurs indigènes. Suivant l’un, le mot _yeô_
«feuille» y serait synonyme de _yo_ «âge» et de _dai_ «règne»; et comme
_man_, vulg. «dix mille», signifie «un nombre immense, indéfini», il
faudrait traduire la «Collection de tous les siècles». Je préfère
cependant l’interprétation des auteurs qui identifient ici _yô_ avec
_ka_ «poésie», et je crois devoir traduire «le Recueil des innombrables
poésies».
[180] D’après le _Gun-syo iti-ran_, liv. IV, p. 1.--Je regrette de
n’avoir pu me procurer que quelques fragments de ce très intéressant
ouvrage, dans lequel j’aurais trouvé, sans doute, de précieuses
indications bibliographiques sur le sujet qui m’occupe en ce moment.
[181] _Oho-tomo-no Sukune Yaka-moti_--Voy. les raisons qui lui ont fait
attribuer la composition du _Man-yô siû_, dans la préface de l’édition
_Ryak-kai_, préface que j’ai traduite dans mon _Anthologie Japonaise_,
p. 6.
[182] Pfizmaier, _Ueber einige Eigenschaften der japanischen
Volkspoesie_, et dans les _Sitzungsberichte der Akademie der
Wissenschaften_, Wien, t. VIII, 1852, p. 377.
[183] Rosny, _Anthologie Japonaise_. Paris, 1871, part. 1.--Cinq pièces
du _Man-yô siû_ ont été, en outre, publiées en français par M. Imamura
Warau, avec le texte original, dans les _Mémoires du Congrès
international des Orientalistes_, première session, Paris, 1873, t. 1,
p. 273.
[184] Je mettrai prochainement sous presse la traduction de cet ouvrage,
avec un parallèle du _Ko zi ki_, dans le recueil des _Publications de
l’École spéciale des langues orientales_ (Ernest Leroux, éditeur, à
Paris). En attendant, un spécimen des travaux d’exégèse et de critique
entrepris sur le _Ko zi ki_ paraîtra à la même librairie dans un volume
intitulé: _Recueil de Mémoires publiés par les professeurs de l’École
spéciale des Langues Orientales_.
[185] Le plus court des _Sse-chou_, ou Quatre livres de Confucius et de
son Ecole, a été publié en chinois, avec une version japonaise
interlinéaire, par Hoffmann, sous ce titre: _De Groote Studie_. Leiden,
1864, in 8º.
[186] Je compte publier une traduction de ce livre, accompagnée de
nombreux extraits des commentaires chinois et japonais que j’ai eu
d’ailleurs plusieurs fois l’occasion d’expliquer à mes élèves de l’École
spéciale des Langues Orientales.
[187] Cet ouvrage a été traduit d’après la version japonaise par
Hoffmann, et publié sous ce titre: _Tsiæn-dsü-wœen_ oder _Buch von
tausend Wœrtern_, aus dem Schinesischen mit Berücksichtigung der
koraischen und japanischen Uebersetzung, in Deutsche uebertragen, von Dr
J. H. Leiden, 1840, gr. in-4.
[188] Il n’a été publié jusqu’à présent, en fait de traductions
d’ouvrages bouddhiques japonais, que celle du recueil d’images intitulé
_Butu-zau du-i_. Elle a paru dans les _Archiv zur Beschreibung von
Japan_, du Dr Ph.-Fr. von Siebold, part. V, et, à part, sous le titre
de: _Das Buddha-Pantheon_ _von Nippon_. Aus dem japanischen Originale
übersetzt, und mit eræuternden Anmerkungen, versehen von Dr J. Hoffmann.
Leiden, 1851, gr, in-4.
[189] _Zitu-go kyau, Dô-zi kyau. L’Enseignement des Vérités et
L’Enseignement de la Jeunesse_, traduits du japonais, par Léon de Rosny.
Paris, 1878, in-8 (ouvrage accompagné du texte original en écriture
chinoise cursive et d’une version en langue japonaise vulgaire,
transcrite en caractères _hira-kana_ et en lettres latines).
[190] J’ai donné, pour la première fois, je crois, un spécimen de cet
étrange système de lecture des textes bouddhiques au Japon, dans mes
_Textes Chinois anciens et modernes_, pp. 67 et suiv.
[191] Un spécimen de cette édition, qui n’a d’ailleurs de mérite que sa
rareté pour les bibliophiles, a été publié par l’autographie sous ce
titre: _Évangiles de saint Jean en japonais, conservés à la Bibliothèque
impériale de Paris._ Spécimen, suivi de l’alphabet katakana, avec lequel
le texte est imprimé. Paris, 1853, in-8.
[192] Dans les _Mémoires de la Société des études Japonaises_, t. II, p.
135; voy. également Mitford, _Tales of old Japan_, t. II, p. 136.
[193] J’ai appris depuis que la traduction du Testament d’lyéyasou avait
été publiée au Japon, en 1874, par M. Lowder. Son travail est, je crois,
tout a fait inconnu en Europe. On en trouvera une analyse dans les
_Transactions of the Asiatic Society of Japan_, 1875, t. III, p. 131.
[194] _Wa nen kei, oder Geschichtstabellen von Japan_, von Zin-mu, der
Eroberer und ersten Mikado, bis auf die neueste Zeit (667 vor Chr. bis
1822 nach Chr. Geb.), aus dem Original übersetzt, von Dr J. Hoffmann.
[Leiden, s. d.], in-4.
[195] Un vol. in-4, s. l. n. d. Cette chronologie se termine avec
l’année 1863.
[196] Un fragment de ce livre a été publié en français, sous ce titre:
_La Mythologie des Japonais, d’après le Koku-si ryaku_ ou _Abrégé des
historiens du Japon_. Traduit pour la première fois, sur le texte
japonais, par Émile Burnouf, élève de l’École spéciale des Langues
Orientales. Paris, 1875, in-8.
[197] Cette traduction, d’ailleurs très défectueuse, a été publiée par
Klaproth, qui avait supposé à tort que la connaissance du chinois lui
suffirait pour corriger toutes les imperfections du travail hollandais.
Elle est intitulée: _Annales des empereurs du Japon_, traduites par
Isaac Titsingh. Ouvrage revu, complété et corrigé sur l’original
japonais-chinois, accompagné de notes et précédé de l’histoire
mythologique du Japon par J. Klaproth. Paris, 1834, in-4.
[198] _Histoire des Taïra, tirée du Nit-pon gwai-si_, traduit du
chinois, par François Turettini Genève, 1874, in-4.--_Histoire
indépendante du Japon_, traduite en français par M. Ogura Yemon, dans
les _Mémoires de la Société des études Japonaises_. Paris, 1878, t. II.
pp. 1 et suiv.
[199] Comme spécimen de cette œuvre remarquable à plus d’un titre, j’ai
publié la traduction du chapitre premier, sous le titre de _Histoire de
la Grande Paix_, traduite pour la première fois du japonais, par Léon de
Rosny, dans le _Lotus_, nº de janvier-février 1873. Le texte de ce
premier chapitre a été reproduit dans mon _Recueil de textes japonais_,
à l’usage des élèves de l’École spéciale des langues orientales. Paris,
1863, p. 41.
[200] Le commencement de cet ouvrage a été traduit en français sous le
titre suivant: _Récits de l’histoire du Japon au_ XIIe _siècle_,
traduits du japonais, par François Turettini. Partie I. Genève, 1871.
in-4.
[201] Rosny, _L’Enseignement des Vérités_, Introduction, p. VII.
[202] Le _San-koku du-ran to-setu_, publié en français par Klaproth,
sous ce titre: _Aperçu général des Trois Royaumes_. Ouvrage accompagné
de cinq cartes [japonaises]. Paris, 1832, in-8.
[203] J’ai traduit un fragment de l’une d’elles, intitulée _Te-siho
nis-si_, dans les _Mémoires du Congrès international des Orientalistes_,
première session. Paris, 1873, t. I, p. 208.--Parmi une foule d’autres
ouvrages intéressants sur les Aïnos ou hommes velus (_mau-zin_), on
pourra consulter avec fruit les suivants qui sont parvenus jusqu’en
Europe: _Kita Yezo yo-si_, Histoire sommaire du Yézo septentrional;
_Higasi Yezo ya banasi_, récit pour passer la soirée sur les Yézo de
l’Est; _Tô Ka-i nis-si_ Journal du Yézo oriental; _Kita Yezo du-setu_,
récit avec figures du Yézo du Nord; _Hoku-kai ki-kau_, Description
géographique du Yézo; etc.
[204] Un fragment d’un de ces ouvrages a été publié par J. Hoffmann,
dans les _Archiv zur Beschreibung von Japan_, du Dr Siebold.
[205] Notamment le _Tiu-san den sin-roku_, important ouvrage orné de
planches et publié en 1722, en 6 tomes in-4; et le _Riu-kiu koku-si
ryaku_ ou Abrégé des historiens de Loutchou.
[206] Appelé au Japon _Hon-zau_.
[207] _Japanese Botany, being a fac-simile of a Japanese book_, with
introductory notes and translations. Philadelphia, s. d., in-8;--des
extraits du _Kwa-ï_, dans _Die Sprache in den botanischen Werken der
Japaner_, von Dr Aug. Pfizmaier. Wien, 1866, in-8;--des notices
extraites de diverses sources et traduites par Léon de Rosny, dans les
_Mémoires de l’Athénée Oriental_, in-4, t. I, 1871, p. 123;--etc.
[208] Dans l’introduction de mon _Traité de l’éducation des Vers à soie
au Japon_, édit. du gouvernement, p. LVII.--Quelques articles sur
l’agriculture et l’industrie des Japonais ont été traduits par divers
orientalistes: _Les procédés industriels des Japonais_: _L’arbre à
Laque_, notice traduite par Paul Ory, élève de l’École spéciale des
Langues Orientales; _La toile de Kudu_, notice traduite par le comte de
Castillon; et _L’arbre à Champignons_, notice traduite par le même, dans
les _Mémoires de la Société des études Japonaises_, t. II, pp. 165 et
173.
[209] _Thesaurus linguæ Japonicæ, sive illustratio omnium quæ libris
recepta sunt verborum ac dictionum loquelæ tam japonicæ quam sinensis_;
addita synonymarum literarum ideographicarum copia; opus Japonicum, in
lapide exaratum a sinensi Ko tsching dschang, editum curante Ph. Fr. de
Siebold Lugduni-Batavorum, 1835, gi. in-4.
[210] _Repertorio Sinico-Giapponese. Parte prima._ _Registro alfabetico
delle voci contenute nel_ Wa Kan won seki Sijo ken si kau, Setu you siu,
_e nel compendio di esso_ Faya fiki yei tai setu you siu. Firenze, 1855,
in-4. Ce travail de patience est l’œuvre de M. Antelmo Severini, et d’un
des élèves les plus distingués de ce savant professeur, M. Carlo Puini.
[211] Dans les _Mém. de la Société des études Japonaises_, t. II, p 190.
[212] Notamment les suivants: _Mosiwo-gusa_, Manuel de la langue
aïno;--_Zi-rin gyoku-ben_, grand dictionnaire de la langue chinoise et
une foule d’autres livres pour l’étude de l’écriture idéographique de la
Chine;--_Sen-zi-mon_, le Livre de mille caractères, en chinois, en
coréen et en japonais;--_Si-tvan mata-tei-bun_, Traité de l’écriture
sacrée de l’Inde; _Sit-tan gu-seô_, Exposé élémentaire du syllabaire
attribué à Brahmâ (sanscrit: _Siddha_); etc.
[213] Les Japonais possèdent depuis longtemps des dictionnaires pour
l’étude du hollandais, du russe, de l’anglais, du français, et plus
récemment de l’allemand et du portugais.
[214] _Anthologie japonaise_. Poésies anciennes et modernes des
insulaires du Nippon, traduites en français et publiées avec le texte
original, par Léon de Rosny; avec une préface par M. Ed. Laboulaye, de
l’Institut.
[215] _Hyaku-nin is-shiu, or Stanzas by a century of poets_, being
Japanese Lyrical Odes, translated into english, by F.-V. Dickins.
London, 1866, in-8.
[216] _Sechs Wandschirme in Gestalten der vergænglichen Welt._ Ein
japanischer Roman in Originaltexte, übersetzt und herausgegeben von Dr
August Pfizmaier, Wien, 1847, in-8.--Une nouvelle traduction de cet
ouvrage a été publiée en italien, sous ce titre: _Uomini i paraventi_,
racconto giapponese, tradotto da A. Severini. Firenze, 1872,
in-32.--Enfin une version française: _Komats et Sakitsi ou la Rencontre
de deux nobles cœurs dans une pauvre existence_. Nouvelles scènes de ce
monde périssable exposées sur six feuilles de paravent, par Riutei
Tanehiko, et traduites, avec le texte en regard, par F. Turettini.
Genève, 1875, in-8.--L’École spéciale des langues orientales de Paris a
eu l’honneur de compter MM. Ant. Severini et Fr. Turettini, au nombre de
ses élèves les plus distingués.
[217] _Tales of old Japan._ By A.-B. Mitford. London, 1871, 2 vol. in-8;
Tami-no Nigivai, _L’activité humaine, contes moraux._ Texte japonais
transcrit et traduit par Fr. Turettini. Genève, 1871, in-4.
[218] _Discours prononcé à l’ouverture du Cours de Japonais_, le 5 mai
1863, p. 24.
[219] Un ouvrage de numismatique a paru sous ce titre: _Traité des
monnaies d’or au Japon_, traduit pour la première fois du japonais par
François Sarazin, élève de l’École spéciale des langues orientales
(Paris, 1874, in-8º).
[220] On trouvera des extraits de la grande _Encyclopédie japonaise_
dans les publications de Klaproth, de Hoffmann, de Pfizmaier et dans les
miennes. La partie relative au Bouddhisme a été traduite par M. Carlo
Puini, et la Zoologie par M. Serrurier.
[221] J’ajouterai ici la mention de quelques publications japonaises qui
me sont parvenues depuis que cette conférence a été publiée pour la
première fois, et qui me paraissent de nature à intéresser les élèves de
l’Ecole spéciale des Langues Orientales: _Die Lehre von dem
Te-ni-wo-fa_, von Dr. Aug. Pfizmaier. Wien, 1873;--_Kau-kau wau-rai,
ossia la Via della pietá filiale_, testo giapponese trascritto in
caratteri romani e tradotto in lingua italiana, con note ed appendice,
da Carlo Valenziani. Roma, 1873;--_Zur Geschichte Japans in dem
Zeitraume Buu-jei_, von Dr. Aug. Pfizmaier. Wien, 1874;--_Die Geschichte
der Mongolen-Angriffe auf Japan_, von Dr. Aug. Pfizmaier. Wien,
1874;--_Les produits de la nature chinoise et japonaise_, par A.-J.-C.
Geerts. Yokohama, 1878;--_Le_ _curiositá di Jocohama_. Testo giapponese
trascritto e tradotto da A. Severini. Firenze, 1878;--_La ribellione di
Masacado e di Sumitomo_, brano di storia giapponese, tradotto da
Lodovico Nocentini. Firenze, 1878;--_Il Take-tori monogatari, ossia la
Fiaba del nonno Tagliabambù._ Testo di lingua giapponese del nono
secolo, tradotto, annotato e pubblicato per la prima volta in Europa, da
A. Severini. Firenze, 1881;--_Jasogami e Camicoto_, da Ant. Severini.
Firenze, 1882.
[222] Vers le milieu du XVIe siècle.
[223] Voy., sur les mathématiques des Japonais, l’article de M. le
capitaine Levallois, dans les _Mémoires du Congrès international des
Orientalistes_, première session, Paris, 1873, t. I, p. 289.
[224] Le _moxa_ des Japonais est composé avec la bourre des feuilles de
l’armoise (_Artemisia vulgaris_). Roulé en forme de pyramide, on le
place sur la partie malade et on y met le feu, de manière à le consumer
entièrement et à permettre aux humeurs de découler de la plaie qu’il a
produite.
[225] Le _Nederlansche Tijdschrift voor Geneeskunde_, 1859-60.
[226] Les Japonais fabriquent des tissus de soie d’une foule de genres.
On appelle _nisiki_ un tissu qui était originairement obtenu par le
mélange de soies de cinq couleurs différentes. Les vieilles annales
intitulées _Ni-hon gi_ rapportent que la 37e année du règne d’_Au-zin_
(306 de n. è.), l’empereur envoya des ambassadeurs dans le royaume de
_Ou_, en Chine, pour chercher des tisseuses; il vint quatre sortes
d’ouvrières appelées _Ye-bime_, _Oto-bime_, _Kurea-dori_ et _Aya-dori_.
Telle fut l’origine de l’introduction du tissage de la soie au
Japon.--On fait usage de fils d’or pour la fabrication des _nisiki_, sur
lesquels on représente des fleurs et des animaux fantastiques.--Les
soieries appelées _aya_ se distinguent par leur finesse et leur
légèreté; on en fait également venir une variété spéciale de la Chine;
les _tobi-zaya_ ou aya à fleurs sont plus épaisses et sont tirées de
Canton et de la Corée.--Le _rin-su_ ou damas de soie, d’une qualité
supérieure, avec ou sans ornements, est un produit japonais; on en fait
venir néanmoins du Tongkin.--Le satin appelé _syusu_ est d’une beauté
incomparable; on en teint de toutes couleurs; on en fait venir de
Canton, de Nanking et du Fouhkien.--La gaze d’or (_kin-sya_) est
d’invention chinoise. (Voy., pour plus de détails, les appendices de mon
_Traité de l’éducation des vers à soie au Japon_). En dehors des
soieries, les Japonais fabriquent une foule de tissus avec diverses
sortes de matières végétales ou animales. L’indienne dite _sarasa_, que
les indigènes allaient jadis acheter au Siam et qui, pour ce motif,
s’appelle aussi _Siamuro-zome_, est devenue l’objet d’une grande
industrie au Nippon;--le _kwa-kwan-fu_, tissé avec de longs poils de
rat, est une étoffe sur laquelle on raconte des anecdotes
fantastiques;--le _ba-seo-nuno_ est une toile formée avec les fibres du
bananier et qui vient des îles Loutchou; elle est belle, solide et
reçoit très bien la teinture;--la mousseline _sarasi_ est un produit de
Nara, dans la province de Yamato, où l’on trouve la meilleure qualité;
elle est d’ordinaire d’une extrême blancheur; l’_abuya_ de Noto est
également blanche et formée de fils de chanvre;--les cotonnades
proprement dites se nomment _momen_, et le coton non tissé _wata_
(ouate); la bourre de soie s’appelle aussi _wata_ (_ma-wata_).
[227] _Courrier de Lyon_, février 1860
[228] _Wa-kan San-sai du-ye_, liv. XV, p. 4
[229] En chinois: _tse-ming-tchoung_ «cloche sonnant d’elle-même».
[230] M. le docteur Mène, dans les _Mémoires de la Société des Etudes
Japonaises_, t. III, p. 11.
[231] _Kai-no tama_ «gemmes d’huîtres».
[232] _Gin-tama._
[233] _Kin-tama._
[234] Voy., sur les miroirs chinois et japonais: Julien et Champion,
_Industries anciennes et modernes de l’empire chinois_, 1869, pp. 63 et
234; et la _Revue scientifique_, 2e série, 1880, t. XVIII, p. 1143.
[235] Jap. _a’ugi_. On rapporte que l’impératrice _Zin-gû_, à l’époque
de la guerre des Japonais contre le pays des San-kan (Corée), vit des
chauves-souris (jap. _hen-puku_) qui lui donnèrent l’idée de faire faire
des éventails. Depuis cette époque, on a fabriqué des éventails de
toutes sortes dont l’usage est répandu dans les différentes classes de
la population indigène, aussi bien parmi les hommes que parmi les
femmes. On cite notamment les éventails peints appelés _akome_; les
éventails qui ressemblent à une fleur à demi épanouie et dont se servent
les bonzes et les mèdecins; les éventails des danseuses d’assez grandes
dimensions; les éventails en bois de pin (_hi a’ugi_) en faveur chez les
fonctionnaires publics; les écrans, de forme circulaire, nommés _utiva_,
qui étaient les seuls éventails usités en Chine jusqu’à la dynastie des
_Ming_. Le nom de _uti-va_ leur vient de ce qu’ils sont assez forts et
solides pour servir à battre (_utu_) les vêtements ou à écraser les
insectes; on en fabrique avec du cuir ou des planchettes laquées,
supportées par un manche de bambou; _va_ désigne une sorte particulière
d’écran, dont on fait usage à la cour.
[236] Les chapeaux de bambou (Jap. _take-no ko-kasa_) s’emploient, comme
chez nous les chapeaux de paille, pour se garantir des rayons du soleil.
On a tenté, non sans quelques succès, de les faire accepter dans les
modes européennes. En Chine, ces chapeaux se fabriquent avec des
joncs.--Les parasoles ou parapluies sont dits parasols de Chine
(_kara-kasa_). On en fait remonter l’invention à l’époque de Yu-le-Grand
(XXIIIe siècle avant notre ère); mais les véritables parapluies ne
datent que du règne de _Youen-ti_, de la dynastie des _Weï_ (260 de
notre ère). On fabrique des parasoles de soie et surtout de papier huilé
et impénétrable à la pluie; les principales manufactures se trouvent
dans la province de _Setu_.
[237] _Morning Chronicle_, du 4 février 1858.
[238] On a pu en juger en visitant en 1878, à Paris, le département
Japonais de l’Exposition universelle.
[239] _Zipangu_ est une notation à peine corrompue des mots chinois
_Jih-pen-koueh_ «le royaume du Japon».--Rachid-Eddin, qui écrivait en
1294, désigne ce même pays sous le nom de _Djemenkou_, et Aboulféda sous
celui de _Djemkout_.
[240] _Nippon-wau dai itî-ran_, livr. VII, p. 46.
[241] Saint François Xavier gagna le Japon à bord de la jonque d’un
corsaire chinois. Il était accompagné d’un Japonais converti au
christianisme et baptisé sous le nom de _Paolo de Santa-Fe_. Le hasard
le fit aborder à _Kago-sima_ qui était justement le lieu de naissance de
ce Paolo. Il y fut accueilli avec enthousiasme, et le daïmyau régnant de
Satsouma lui permit de faire des prédications dans toute l’étendue de
son domaine. Sur l’instigation des bonzes, cette permission finit
cependant par être révoquée, et le prince annonça qu’il était défendu à
ses sujets, sous peine de mort, de se livrer aux pratiques du
christianisme. François Xavier dut chercher dans d’autres parties du
Japon les moyens de poursuivre son œuvre d’évangélisation.--Il n’est
peut-être pas inutile de faire observer que, dans les récits des
missions chrétiennes au Japon, non-seulement les grands princes
feudataires, mais même les plus petits daïmyaux, sont qualifiés de
l’épithète de roi. Et c’est par une erreur de ce genre qu’on parle
souvent de l’ambassade envoyée au pape Grégoire XIII par «l’empereur du
Japon». Cette ambassade, à laquelle on fit une réception pompeuse en
Europe, représentait des princes féodaux de l’île de Kiousiou, et
nullement le mikado ou son syaugoun.
[242] _I-i Ka-mon-no Kami._
[243] Le mot _mi-ka-do_, par lequel on désigne l’Empereur, signifie
littéralement «La Grand’porte Impériale». C’est là une des nombreuses
analogies que l’on peut constater entre les Japonais et les Turcs
(Sublime-Porte), dont l’idiome notamment appartient au même système
grammatical.--Aujourd’hui, le titre de mikado est à peu près
complètement abandonné; il a été remplacé par l’ancien titre de _Ten-au_
«l’Auguste du Ciel».
[244] _Comment on crée une religion_, dans la _Revue scientifique_ du 7
mai 1875.
[245] _Gen-rau-in_, sorte de Conseil des Anciens.
[246] _Fu-ken kwai-gi_, sorte de Conseil des Préfectures.