Chambre des Communes. Où trouver les communes? où trouver des citoyens
capables de comprendre ce que devait être un collège électoral? On
proposa de faire enseigner publiquement par des conférenciers officiels,
les premiers éléments du droit public, et de décider que les Japonais
qui auraient fréquenté ces conférences pendant un certain temps,
acquerraient le titre de citoyen et la capacité électorale. Cette
proposition originale dont on eût peut-être pu tirer d’utiles
résultats, si elle avait été adoptée et mise en pratique avec
persévérance, ne pouvait en tous cas donner des résultats immédiats.
Elle fut bientôt abandonnée, ainsi que toutes sortes d’autres systèmes
ayant pour but de trouver les moyens d’introduire une chambre basse dans
le parlement projeté.
Le sénat ou _Gen-rau-in_[245], fondé par décret du 17 avril 1875, ne
devait pas survivre à la retraite du prince de Satsouma que j’ai
mentionnée tout à l’heure. Une sorte de Conseil Supérieur, dans lequel
furent appelés quelques Européens en qualité de conseillers-adjoints,
lui succéda, et prépara les lois que le cabinet acceptait ensuite ou
repoussait à son gré.
Le même décret instituait une autre chambre, appelée _Fu-ken
kai-gi_[246], que les journaux se sont hâtés de considérer comme étant
une Chambre des Communes. Cette assemblée n’est autre que la réunion
des préfets ou chef de _Ken_, appelés chaque année, durant une session
de cinquante jours, à examiner certaines affaires relatives aux intérêts
particuliers des départements placés sous leur juridiction
administrative.
En somme, les intentions qui ont provoqué le décret d’avril 1875 n’ont
pu être réalisées, et le Parlement japonais est encore une création
réservée à un avenir plus ou moins éloigné. La Porte Impériale s’est
trouvée, de la sorte, dans la nécessité de revenir à peu de choses près
au gouvernement personnel et absolu qui avait régi le Japon avant la
grande révolution de 1868. Faute de pouvoir trouver des citoyens dans
les classes populaires d’un pays maintenu plus de deux mille ans dans un
perpétuel esclavage, sous l’autorité absolue de la noblesse et de la
classe militaire, le mikado ne put appeler tout d’abord autour de lui
que d’anciens serviteurs dévoués, ignorants, sans autorité et sans
prestige, ou des daimyaux médiocrement éclairés et, en tous cas, jaloux
de recouvrer le pouvoir que la révolution était venue brusquement leur
arracher des mains. Le tiers-état, le seul élément social sur lequel
puissent être appuyées les institutions nouvelles, est à peine en voie
de formation chez les Japonais; il est cependant certain qu’il ne
tardera pas à acquérir une large part d’influence dans les résolutions
du gouvernement mikadonal.
Le jeune empereur paraît très favorable à l’émancipation de cette classe
moyenne de la population japonaise, émancipation qui sera sans doute
facilitée par la loi nouvelle qui appelle tous les indigènes, désormais
sans distinction de caste ou d’origine, à servir sous les drapeaux. Les
conseillers de la couronne, à cette occasion, firent observer au mikado
que, si l’émancipation du peuple devait avoir pour résultat le plus
prochain, d’ébranler et même d’anéantir un jour les dernières forces sur
lesquelles s’appuient les anciens feudataires du Nippon, elle aurait
très probablement ensuite pour effet, de discuter jusqu’au droit du
souverain lui-même. Ces représentations ne firent point changer la
résolution qu’on attribue à l’initiative de l’empereur Moutsouhito
lui-même, et la rumeur publique prête au jeune prince cette noble
réponse: «Dussé-je subir un jour le sort de Charles Ier d’Angleterre
et de Louis XVI de France, je persévérerai dans la voie que j’ai ouverte
pour l’émancipation et pour le bonheur de mes sujets.»
Quoiqu’il en soit de ce récit, et de l’origine des idées libérales qui
ont signalé à plusieurs reprises les actes du gouvernement japonais, il
est certain que le Japon a réalisé, en quelques années, des réformes
dignes de lui donner une place dans le grand concert politique des
nations de race Blanche, et un rang distingué à la tête de tous les
empires asiatiques.
[Illustration]
[Illustration]
TABLE DES MATIÈRES
Pages.
I.--Place du Japon dans la classification
ethnographique de l’Asie 1
II.--Coup d’œil sur la géographie de l’archipel
Japonais 29
III.--Les origines historiques de la monarchie
japonaise 55
IV.--Les successeurs de Zinmou, jusqu’à
la guerre de Corée 87
V.--Influence de la Chine sur la civilisation
du Japon.--La Chine avant Confucius 119
VI.--Les grandes époques de l’histoire de
Chine, depuis le siècle de Confucius jusqu’à
la restauration des lettres sous les
Han 163
VII.--La littérature chinoise au Japon 191
VIII.--Le Bouddhisme et sa propagation
dans l’extrême Orient 223
IX.--Aperçu général de l’histoire des Japonais,
depuis l’établissement du Bouddhisme
jusqu’à l’arrivée des Portugais 253
X.--La littérature des Japonais 283
XI.--Les sciences et l’industrie au Nippon 327
XII.--La révolution moderne au Japon 369
[Illustration]
NOTES:
[1] Ces conférences ont été, pour la plupart, recueillies par M. Vignon,
sténographe.
[2] Ce Manuel se composera des documents suivants: 1. Liste des Dieux du
Panthéon Japonais;--2. Liste ordinale et chronologique des Mikado ou
Empereurs du Japon;--3. Liste ordinale et chronologique des Syaugoun ou
Généralissimes Japonais;--4. Liste alphabétique des Mikado;--5. Liste
chronologique des Nengaux ou noms d’années;--6. Liste alphabétique des
Nengaux;--7. Chronologie cyclique de l’Histoire du Japon;--8.
Chronologie des principaux faits de l’Histoire du Japon;--9. Petite
Biographie des hommes célèbres;--10. Liste des anciennes Provinces du
Japon;--11. Liste des Ken ou Départements actuels de l’empire
Japonais;--12. Liste des Temples célèbres;--13 Liste chronologique des
Résidences impériales;--14. Liste des Ports de mer japonais;--15. Petit
Dictionnaire géographique.
[3] _Introduction au Cours pratique de Japonais._ Résumé des principales
connaissances nécessaires pour l’étude de la langue japonaise. Seconde
édition (Paris, 1872);--_Guide de la Conversation Japonaise._ Troisième
édition (Paris, 1883).
[4] _Les Livres sacrés du Japon._ Yamoto bumi. La Genèse des Japonais,
traduite pour la première fois, accompagnée d’un commentaire perpétuel
composé en chinois et d’une glose exégétique en français.
[5] Voy., pour le développement de ces idées sur la classification
ethnographique, l’introduction de mon ouvrage intitulé: _Les Populations
Danubiennes_ (Paris, 1882, in-4º et Atlas in-folio).
[6] J’ai signalé, avec d’assez grands développements, cette théorie dans
un fragment, couronné par l’Institut, de mon _Histoire de la langue
chinoise_. En attendant la publication de cet ouvrage encore inédit,
voy. les observations que j’ai publiées sur la Reconstitution de la
langue chinoise archaïque, dans les _Transactions of the second Session
of the International Congress of Orientalists_. London, 1874, p. 120.
[7] Voy., sur ce sujet, l’ouvrage de M. Ludwig Podhorszky, intitulé:
_Etymologisches Wœrterbuch der magyarischen Sprache_, genetisch aus
chinesischen Wurzeln und Stæmmen, 1877; in-8º.
[8] Voy. mon _Aperçu de la langue coréenne_. Paris, Impr. impér., 1864,
in-8º, et dans le _Journal asiatique_, 6e série, t. III, p. 287 et suiv.
[9] Voy. mon _Introduction à l’étude de la langue japonaise_. Paris,
1856, in-4º, p. 29.
[10] Klaproth, _Tableaux historiques de l’Asie_, p. 153.
[11] Castren, _Nordiska Resor och forskningar_, t. IV, cité par
Beauvois, dans la _Revue Orientale et Américaine_, 1864, t. IX, p. 137.
[12] Beauvois, _Lib. cit._, p. 139.
[13] Voy., à ce sujet, ma Lettre à M. Oppert, dans la _Revue Orientale
et Américaine_, t. IX, p. 269.
[14] _Wa-kan San-sai du-ye_, liv. LXVI, f. 13.--«En une nuit, le sol
s’entrouvrit et forma un grand lac, qui reçut le nom de _Mitu-umi_. La
terre forma une grande montagne, qui devint le _Fu-zi-no yama_, dans la
province de Suruga. Cet événement n’est pas à l’abri du doute, car les
historiens n’en parlent pas». (Voy. cependant _Nippon wau dai iti-rau_,
liv. I, f. 3.)
Les Japonais qui, depuis des siècles, n’ont cessé de professer pour
cette montagne un véritable culte d’admiration, lui ont donné différents
noms témoignant tous de ce sentiment. Ils l’écrivent parfois avec des
caractères qui signifient «il n’y en a pas deux pareilles au monde», ou
«l’inépuisable», ou «l’immortelle»; ils la désignent aussi sous le nom
de _Hô-rai_ (chinois: _Poung-laï_), qui est celui d’une montagne célèbre
où séjournent les immortels, suivant la mythologie de la Chine, et dont
il est question dans la plus vieille géographie du monde, le
_Chan-haï-king_. «Le mont _Poung-laï_, dit cette géographie, est une
montagne habitée par les immortels et située au milieu de la mer; il n’y
a pas de route pour y arriver».
[15] Du 14e jour du 3e mois au 18 du mois suivant.
[16] _Ni-hon-go-ki_, cité par le _Wa-kan San-sai du-ye_, liv. VI, f. 14.
[17] Voy., sur ce volcan, mes _Etudes Asiatiques_, p. 298.
[18] _Histoire naturelle de l’empire du Japon_, trad. de Naude, t. I, p.
168.
[19] En japonais: _sat-tuki_ «le cinquième mois».
[20]
[Illustration: (japonais: Aki no ta no kariho no
Io no toma o arami
Waga koromode wa
Tsuyu ni nure tsutsu)]
_Hyaku-nin is-syu_, pièce 1, et dans mon _Anthologie japonaise_, p. 39.
[21] Banaré, _Instructions nautiques_, Mer de Chine 3e partie, p. 2.
[22] Bousquet, _le Japon de nos jours_, t. I, p. 6.
[23] Voy. _Syo-gen-zi-kau_, édit. lith., p. 223, c. 4.
[24] A ces noms, il faut ajouter les suivants:
_Toyo-asi-vara-ti-i-wo-aki-no-mitu-ho-no-kumi_, _Ura-yasu-no kuni_,
_Hoso-hoko-ti-taru-no kuni_, _Siwa-gami-ho-no-ma-no kuni_,
_Tama-gaki-utitu kuni_, désignations appartenant à la période
mythologique des Génies célestes;--_Toyo-Akitu-su_, nom donné par le
premier mikado _Zin-mu_ au Japon, parce que ce pays lui avait semblé
avoir la forme d’une espèce de sauterelle;--_Ya-ba-tai_, altération du
nom de _Yamato_, empruntée aux Annales des Han postérieurs (_Heou-Han
chou_);--_Ziti-iki_ «le pays du Soleil»; _Zit-tô_, «le lever du soleil»;
_Siki-sima_ «les îles disséminées»; _Asivara-no kuni_.
[25] Ces îles sont souvent appelées, dans les géographies, de leur nom
chinois _Lieou-kieou_; les Japonais les nomment _Riou-kiou_. La forme
locale est _Loutchou_.
[26] Voy. sur les usages si variés du Bambou au Japon, la curieuse
notice de M. le Dr Mène, dans les _Mémoires de la Société des études
japonaises_, t. III, p. 6 et suiv.
[27] On peut consulter, sur ce sujet, mon _Traité de l’éducation des
vers à soie au Japon_, traduit du japonais et publié par ordre du
ministre de l’Agriculture, à l’Imprimerie nationale. Cet ouvrage a été
traduit en italien, par M. F. Franceschini, et publié à Milan (un vol
in-8º).
[28] Geerts, _Les produits de la nature japonaise et chinoise_, p. 209.
[29] Le premier mikado ou empereur du Japon, _Zin-mu_, commença à régner
en 667 avant notre ère.
[30] L’empereur de Chine _Taï-tsoung_, de la dynastie des _Soung_, ayant
appris, en l’an 984, que les souverains japonais ne formaient qu’une
seule lignée de descendants, ne put s’empêcher de pousser un soupir et
de s’écrier: «Cela n’est-il pas la véritable voie de l’antiquité?» (Voy.
mes _Textes chinois anciens_, traduits en français, p 89.)
[31] Mitukuri, _Sin-sen Nen-hyau_, ann. 285; _Dai Ni-hon si_, liv. III,
p. 13. Voy. aussi mes _Archives paléographiques_, t. I, p. 234.
[32] _Russko-Iaponskii Slovar_, p. 2.
[33] _Dai Ni-hon si_, liv. 11, p. 6.
[34] Il est fait mention de cette ambassade dans les _Heou-Han chou_, ou
annales officielles chinoises de la dynastie des Han postérieurs, à la
date de la deuxième année _tchoung-youèn_, dans l’histoire de l’empereur
_Kouang-wou_.--Cf. _Dai Ni-hon si_, liv. II, p. 10.
[35] Voy., sur cette écriture, les renseignements que j’ai donnés dans
les _Mémoires du Congrès international des Orientalistes_, Session
inaugurale de Paris, 1873, t. I, p. 221.
[36] D’Hervey de Saint-Denys, _Mémoire sur l’histoire ancienne du
Japon_, p. 7.
[37] Voy. l’intéressante notice de M. Addison van Name, dans les
_Mémoires du Congrès international des Orientalistes_, Session de Paris,
1873, t. I, p. 221.
[38] _Ko va noti no hito no ituvari atume taru mono ni site, sara-ni
Kano Syau-toku no mi ko no mikoto no erabi tamaisi, makoto uo fumi ni va
arazu_ (_Ko-zi ki_, Préliminaires, p. 20 vº).
[39] _Wa-kan Kwó-tó fen-nen-gau un-no du_, Introduction.
[40] Les deux mots _ming-hing_, rendus en japonais par «en se
_nuagifiant_,» forment, en chinois, une expression qui désigne «la
matière première des choses».
[41] _Ni-hon Syo-ki_, liv. 1, p. 1.
[42] _Ni-hon Syo-ki_, lib. cit., p. 1 vº.
[43] _Ni-hon Syo-ki_, liv. 1, p. 2.
[44] _Ni-hon Syo-ki_, lib. cit., p. 2 vº.
[45] Les six autres génies de la dynastie divine (_Ama-no Kami_) furent:
2º _Kuni-no Sa-tuti-no mikoto_, également appelé _Kuni-Sa-tati-no
mikoto._
3º _Toyo-Kun-nuno Mikoto_ également appelé _Toyo-kuni-nusi-no Mikoto,
Toyo-kumi-no-no Mikoto, Toyo-ka-busi-no-no Mikoto, Uki-fu no no
toyo-kai-no Mikoto, Toyo-kuni-no-no Mikoto, Toyo ku’i-no-no Mikoto, Hako
kuni-no-no Mikoto, ou Mi-no-no Mikoto._
4º _U’i-ti ni-no Mikoto_, qui eut pour épouse _Su’i-ti-ni-no Mikoto._
5º _Oho-to-no di-no Mikoto_, qui eut pour épouse _Toma-be-no Mikoto._
6º _Omo-taru-no Mikoto_, lequel eut pour épouse _Kasiko-ne-no Mikoto._
7º _Iza-nagi-no Mikoto_, lequel eut pour femme _Iza-nami-no Mikoto._
[46] D’autres auteurs disent qu’ils étaient seulement mâles.
[47] Izanagi et Izanami ayant vomi, par métamorphose naquit le dieu
_Kana-yama-hiko_, ou «le Génie des Montagnes d’or»; ayant uriné, par
métamorphose naquit la déesse _Midu-ha-no me_; ayant fait des
excréments, par métamorphose naquit la déesse _Hani-yama bime_ (Voy.
_Ni-hon Syo-ki_, liv. 1, p. 11).
[48] Une notice sur les deux dynasties des génies célestes et terrestres
du Japon a été insérée par Klaproth en tête de la traduction du
_Nippon-wau dai iti-ran_ rédigée par Titsingh avec l’aide des
interprètes japonais du comptoir hollandais de Dé-sima. Cette notice
renferme malheureusement de nombreuses inexactitudes. On trouvera un
tableau complet de la mythologie antique des Japonais dans la traduction
que j’ai entreprise du _Ni-hon Syo-ki_, l’une des sources les plus
anciennes et les plus authentiques de l’histoire primitive du Nippon. Le
premier volume de cette traduction sera livré prochainement à
l’impression et paraîtra à la librairie d’Ernest Leroux dans le recueil
des publications de l’Ecole spéciale des Langues orientales.
[49] Ou en dialecte sinico-japonais _Ten-syau daï-zin_.
[50] Livr. iii, p. 1; _Au-tyau si-ryaku_, liv. I, p. 1.
[51] _Ni-hon Syo-ki_, liv. iii, p. 3.
[52] _Ni-hon Syo-ki_, loc. cit.
[53] Ce nom pourrait se traduire par «le géant à la grande moëlle»; mais
un commentaire du _Koku-si ryaku_ (liv. i, p. 6) nous apprend que
_Naga-sune_ est un nom de ville, dont on a fait la désignation d’un chef
aïno.--_Hiko_ est le titre des princes à l’époque kourilienne de
l’histoire du Nippon: il signifie littéralement «fils du Soleil», de
même que _hime_, donné aux princesses, signifie «fille du Soleil.»
[54] _Ni-hon Syo-ki_, liv. III, p. 5.
[55] _Koku-si ryaku._
[56] _Ni-hon Syo-ki_, liv. iii, p. 15.--Le _Wau-tyau si-ryaku_ dit que
ce fut _Nigi-hayabi_ lui-même que Nagasoune proclama roi; les principaux
chefs de clans étaient _Ye-ugasi_, _Oto-ugasi_, _Yaso-takeru_, _Yesiki_,
_Otosiki_, etc.
[57] _Koku-si ryaku_, liv. 1, p. 6; _Wau-tyau siryaku_, liv. 1, p. 2.
[58] _Ni-hon Syo-ki_, liv. III, p. 20; _Koku-si ryaku_, liv. I, p. 8.
[59] J’ai dit, dans une conférence précédente, que les noms sous
lesquels on nous a fait connaître jusqu’à présent les 41 premiers
mikados étaient des noms posthumes. Ces noms posthumes, si l’on en croit
Rai-san-yo (_Ni-hon Sei-ki_), liv. v, p. 8; leur auraient été donnés par
Omi-mifoune, arrière-petit-fils de l’empereur Odomo, en l’an 784 de
notre ère. Il est singulier que, jusqu’à présent, on n’ait pas encore
publié la liste des noms que portaient originairement ces 41 souverains,
et que nous fournit le Ni-hon Syo-ki. La voici, d’après ces vieilles
annales:
1. _Kam Yamato Iva are hiko_ (Zin-mou). --660 à 585
2. _Kam Nu-na Kawa mimi_ (Sui-seï). --581 à 549
3. _Siki-tu hiko Tama-te-mi_ (An-nei). --448 à 511
4. _Oho-yamato-hiko Yuki-tomo_ (I-tok). --510 à 476
5. _Mi-matu-hiko Kaye-sine_ (Kau-syau). --475 à 393
6. _Yamato tarasi hiko Kuni osi hito_ (Kau-an). --392 à 291
7. _Yamato neko hito Futo-ni_ (Kau-rei). --290 à 215
8. Yamato neko hito Kuni-kuru (Kau-gen). --213 à 158
9. _Waka Yamato-neko-hiko futo hi-bi_ (Kai-kwa). --157 à 98
10. _Mi maki iri hiko I-ni-ye_ (Siou-zi). --97-30
11. _Iku-me-iri hiko I-sa-ti_ (Soui-nin). --29 -|- 70
12. _Oho tarasi hiko O-siro-wake_ (Kei-kau). -|- 71 à 130
13. _Waka-tarasi-hiko_ (Sei-mou). 131 à 191
14. _Tarasi-naka-tu hiko_ (Tyou-ai). 192 à 200
15. _Iki-naga-tarasi bime_ (Zin-gou). 201 à 269
16. _Honda_ (Au-zin). 270 à 312
17. _Oho-sasagi_ (Nin-tok). 313-399
18. _I-sa-ho-wake_ (Ri-tiou). 400-405
19. _Mitu-ha-wake_ (Han-syau). 406-411
20. _O-asa-tu ma-hoku ko Sukune_ (In-ghyau) 412-453
21. _Ana-ho_ (An-kau). 454-456
22. _Oho bas-se waka-take_ (Iou-ryak). 457-477
23. _Sira-ka-take-hiro-kuni-osi waka yamato
neko_ (Sei-nei). 480-484
24. _O-ke_ ou _Ku-me-no waka-go_ (Ken-sô). 485-487
25. _O-ke_ ou _Oho-si_, ou _Oho-su_ (Nin-ghen). 488-498
26. _O bas se-waka-sagasi_ (Bou-rets). 499-506
27. _O-ho-tô_ (Kei-tai). 507-531
28. _Hiro-kuni-osi-take-kana-bi_ (Au-kan). 534-535
29. _Take-o-hiro-kuni-osi-tate_ (Sen-kwa). 536-539
30. _Ama-kuni-osi-haraki-hiro-niva_ (Kin-mei). 540-571
31. _Nu-naka Kura-futo-tama-siki_ (Bin-tats). 572-585
32. _Tatibana-no toyo-hi-no_ (Yô-mei). 586-587
33. _Bas-se he_ (Syou-zyoun). 588-592
34. _Toyo-mi-ke Kasiki-ya bime_ (Soui-ko). 593-628
35. _Oki-naga-tarasi hi-hiro-nuka_ (Syo-mei). 629-641
36. _Ama-toyo-takara-ikasi-bi-tarasi bime_ (Kwan-kyok). 642-644
37. _Ama-yorodu-toyo-bi_ (Kau-tok) 645-654
38. _Ama-toyo-takara ikabi-tarasi bime_ (Sai-meï). 655-664
39. _Ama-mikoto-hirakasu-wake_ (Ten-di) 662-672
40. _Ama-no nuna-bara oki-no ma-bito_ (Tem-bou). 672-686
41. _Taka ama-no hara-hiro-no bime_ (Dzi-tô). 687-696
[60] _Ni-hon Syo-ki_, liv. IV, p. 4.
[61] L’érudition japonaise s’est occupée, dans ces derniers temps, de la
recherche des tombeaux de souverains antérieurs à Zinmou. De curieux
travaux ont déjà été publiés à ce sujet, mais nous manquons jusqu’à
présent des moyens de contrôler les assertions des savants du Nippon qui
cherchent à faire remonter les origines historiques de leur pays au-delà
du VIIe siècle avant notre ère.
[62] Sse-ma Tsien, _Sse-ki_ (Pen-ki), liv. VI, p. 17; _Kang-kien yih
tchi-loh_, liv. VIII, p. 5; _Koku-si ryaku_, liv. I, p. 12.
[63] _Nippon wau-dai iti-ran_, liv. I, p. 3; _Koku-si ryaku_, loc.
citat.
[64] _Nippon wau-dai iti-ran_, loc. cit.
[65] Le nom de _Siu-fouh_ est écrit dans le _Nippon wau-dai iti-ran_
avec le caractère _fouh_ «bonheur», au lieu de _fouh_ «genouillère»;
mais cette orthographe se rencontre également dans quelques auteurs
chinois.
[66] On pourrait peut-être faire quelques réserves sur cette opinion que
l’on trouve développée de la façon la plus intéressante dans le travail
de M. Ogura Yémon, intitulé «La Maison de Taïra» (_Mémoires de la
Société des Etudes Japonaises_, t. I, p. 2 et sv.).
[67] _Siraki_ est un des noms du pays plus connu sous celui de _Sinra_,
et appelé par les Chinois _Sin-lo_.
[68] _Ni-hon Syo-ki_, liv. V, p. 12; _Han-tyau si-ryaku_, liv. I, p. 6.
[69] _Ni-hon Sei-ki_, liv. I, p. 10.
[70] _Koku-si ryaku_, liv. I, p. 15.
[71] _Ni-hon Syo-ki_, liv. VI, p. 2; _Ni-hon Sei-ki_, liv. I, p. 12.
[72] _Ni-hon Syo-ki_, commentaire, liv. VI, pp. 3-4.
[73] _Au-tyau si-ryaku_, liv. I, p. 6.
[74] _Koku-si ryaku_, liv. I, p. 17.
[75] A la seconde année _Kien-wou tchoung-youen_.
[76] _Au-tyau si-ryaku_, liv. I, p. 8; _Nippon wau-dai iti-ran_, liv. I,
p. 6.
[77] Ce prince mourut à Isé, au retour de la guerre qu’il avait dirigée
contre les _Atuma-yebisu_, en 113 de notre ère (Mitukuri, _Sin-sen
Nen-hyau_, p. 16).
[78] _Ni-hon Syo-ki_, liv. VIII, p. 6.
[79] _Ni-hon Syo-ki_, liv. IX, p. 3.
[80] _Nippon wau-dai iti-ran_, liv. I, p. 11.
[81] _Ni-hon Syo-ki_, liv. IX, p. 6.
[82] _Dai Ni-hon si_, liv. III, p. 8.
[83] D’Hervey de Saint-Denys, _Ethnographie des peuples étrangers à la
Chine_, t. I, p. 56.
[84] La traduction de Titsing, revue par Klaproth, porte: «Deux fois
l’impératrice envoya des ambassades avec des présents à l’empereur de la
Chine de la dynastie des Weï, et elle reçut _souvent_ des ambassadeurs
et des présents de ce monarque». Le texte japonais signifie simplement:
«Il vint également à la Cour un ambassadeur du royaume des Weï; de part
et d’autre, on s’offrit des présents» (_Gi-no kum yori mo, si-sya
rai-tyau su; tagai-ni okuri-mono ari_).
[85] Voy. la _Carte de l’empire japonais_ au siècle de Iki-naga-tarasi,
à la fin de cette Conférence, p. 118.
[86] _Ni-hon Syo-ki_, liv. X, p. 3.
[87] _Ni-hon Syo-ki_, liv. X, p. 11.
[88] Certains dictionnaires chinois fournissent l’explication de plus de
100,000 signes différents; le dictionnaire impérial intitulé _Kang-hi
Tsze-tien_ comprend 42,718 caractères disposés sous 214 clefs. La
connaissance de 8,000 de ces caractères suffit généralement pour lire
les productions littéraires de la Chine ancienne et moderne. Voy., sur
ce sujet, le travail de M. F. Maurel, dans les _Mémoires de l’Athénée
oriental_, 1871, t. I, p. 143.
[89] Dans les _Actes de la Société d’Ethnographie_, t. VI, 1869, p. 171
et suiv.
[90] L’un des plus anciens monuments de l’antiquité chinoise est
l’inscription gravée sur un rocher du mont Heng-chan, par ordre de
Yu-le-Grand (XXIIIe siècle avant notre ère), en commémoration de
l’écoulement des eaux du déluge. Sur cette inscription, écrite en
caractères dits _Ko-teou_, et reproduite dans l’Encyclopédie japonaise
_Wa-kan San-sai du-ye_ (liv. XV, p. 30), on peut consulter: Hager,
_Monument de Yu_ (Paris, 1802, in-fol.); Klaproth, _Inschrift des Yü_
(Berlin, 1811, in-4º).