telle qu'avec trois parties de cet alcool et trois d'eau, on fait six
parties d'alcool ordinaire.
¤ ¤ ¤ ¤ ¤ ¤
SYNTAXE
La syntaxe française est incorruptible. C'est de là que résulte cette
admirable clarté, base éternelle de notre langue... On dirait que
c'est d'une géométrie tout élémentaire, de la simple ligne droite, que
s'est formée la langue française.
RIVAROL.
¤ ¤ ¤ ¤ ¤ ¤
SCIENCES OU LETTRES?
Votre république dose, mesure et règle l'homme; la mienne l'emporte en
plein azur; c'est la différence qu'il y a entre un théorème et un
aigle.
--Tu te perds dans le nuage.
--Et vous dans le calcul.
--Il y a du rêve dans l'harmonie.
--Il y en a aussi dans l'algèbre.
Je voudrais l'homme fait par Euclide.
--Et moi, dit Gauvain, je l'aimerais mieux fait par Homère.
--.........
--.........
--..... La république, c'est deux et deux font quatre. Quand j'ai
donné à chacun ce qui lui revient...
VICTOR HUGO.
¤ ¤ ¤ ¤ ¤ ¤
ADMIRATION
L'étrangeté de cette science m'étonnait; rien ne m'y avait préparé
dans ma vie. Tout était également nouveau, inattendu, comme si j'eusse
respiré sur une autre planète perdue aux confins de l'univers. Et je
n'étais pas assez fantasque pour ne pas jouir de ces vérités
inébranlables, les mêmes partout, les seules qui m'eussent donné
jusque là le sentiment de la certitude. C'étaient à mes yeux comme des
colonnes d'émeraude, fixes, immuables, qui se dressaient tout à coup
au milieu du chaos que mon intelligence enfermait. Je m'appuyais avec
sécurité sur ces colonnes; le monde se raffermissait à mes yeux, et
j'osais m'engager plus avant.
J'aimais comme un Pythagoricien la pureté incorruptible de la
géométrie. M. Clerc, intraitable sur les figures que nous devions
tracer comme au burin, faisait de cette incorruptibilité un devoir. La
langue de l'algèbre, mystérieuse et lumineuse, me saisissait. Ce que
j'admirais surtout dans cet idiome, c'est qu'il ne consent à exprimer
que des vérités générales, universelles, et qu'il dédaigne les vérités
particulières. Je lui attribuais en cela une fierté que je refusais
aux idiomes humains; à ce point de vue l'algèbre me semblait la langue
du Dieu de l'esprit.
Je comprenais assez bien aussi le genre de style propre à l'algèbre;
j'étais frappé de l'art avec lequel les mathématiciens éloignent,
rejettent, éliminent peu à peu tout ce qui est inutile pour arriver à
exprimer l'absolu, avec le plus petit nombre possible de termes, tout
en conservant dans l'arrangement de ces termes un choix, un
parallélisme, une symétrie qui semble être l'élégance et la beauté
visible d'une idée éternelle.
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Si l'algèbre m'avait frappé, je fus ébloui par l'application de
l'algèbre à la géométrie... L'idée, la possibilité d'exprimer une
ligne, une courbe par des termes algébriques, par une équation, me
parut aussi belle que l'Iliade. Quand je vis cette équation
fonctionner et se résoudre, pour ainsi dire, toute seule, entre mes
mains, et éclater en une infinité de vérités, toutes également
indubitables, également éternelles, également resplendissantes, je
crus avoir en ma possession le talisman qui m'ouvrait la porte de tous
les mystères.
EDGARD QUINET.
¤---¤---¤
E. Quinet s'est préparé à l'École polytechnique, comme Victor Hugo et
Sully-Prudhomme.
¤ ¤ ¤ ¤ ¤ ¤
EN MORALE
Les mathématiques rendent l'esprit juste en mathématiques, tandis que
les lettres le rendent juste en morale.
J. JOUBERT.
¤ ¤ ¤ ¤ ¤ ¤
PASCAL
Il y avait un homme qui, à douze ans, avec des barres et des ronds
avait créé les mathématiques; qui, à seize, avait fait le plus savant
traité des coniques qu'on eût vu, depuis l'antiquité; qui, à dix-neuf,
réduisait en machine une science qui existe tout entière dans
l'entendement; qui, à vingt-trois, démontra les phénomènes de la
pesanteur de l'air et détruisit une des plus grandes erreurs de
l'ancienne physique; qui, à cet âge où les autres hommes commencent à
peine à naître, ayant achevé de parcourir le cercle des connaissances
humaines, s'aperçut de leur néant et tourna toutes ses pensées vers la
religion.
CHATEAUBRIAND.
¤---¤---¤
Peut-être ce singulier phénomène (la supériorité de Pascal comme
écrivain) doit-il en partie s'expliquer par l'influence même des
études abstraites qu'avait embrassées Pascal à une époque où ces
hautes connaissances, destituées encore de la perfection et de la
facilité des méthodes, imposaient à l'esprit l'effort d'une création
continuelle. Tout était originalité dans une étude incomplète et
renaissante. Une sorte d'enthousiasme et d'imagination élevée
s'attachait à tous les essais de la science. L'amour de la vérité est
une source sublime à laquelle Pascal puisait; il en tira son
éloquence. Le bon goût, le mépris des faux ornements et de la vaine
Rhétorique naquirent pour lui de la grandeur des objets dont il avait
occupé son intelligence. L'originalité le suivit de la Géométrie dans
les lettres; il inventa son langage comme il avait trouvé ses
méthodes en géométrie, et il enleva à sa science favorite cette
vigueur de déduction et ces raisonnements irrésistibles qui devinrent
les armes de sa parole.
VILLEMAIN.
¤ ¤ ¤ ¤ ¤ ¤
HEUREUX
Que les Géomètres sont heureux!
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Oh! produire une indiscutable beauté, comme celle d'un théorème
démontré avec une simplicité ingénieuse, avec élégance en un mot, et
d'une si haute portée que la prédiction d'un mouvement céleste en
dépende! Vous est-il permis, à vous autres artistes, à vous surtout
poètes, de goûter jamais le tranquille orgueil d'une création
pareille?
SULLY-PRUDHOMME.
¤ ¤ ¤ ¤ ¤ ¤
BEAUTÉ DE LA SCIENCE
De l'oeuvre d'un Fresnel, d'un Ampère, d'un Cauchy, d'un Chasles, d'un
Bernard, d'un Pasteur, d'un Berthelot, pour ne citer que des noms
appelés à rester l'éternel honneur de notre pays et de notre temps,
pouvons-nous admirer la beauté moins que la grandeur et l'utilité
incomparables? En lisant les mémoires de Gauss, dont l'âge bientôt
séculaire n'a pas encore terni l'exquise fraîcheur, ne retrouvons-nous
pas à la fois, dans les détails, ces splendides arabesques enlacées
par l'imagination inépuisable des artistes de l'Orient; dans
l'ensemble, un de ces temples merveilleux que les architectes de
Périclès élevaient aux divinités helléniques?
CH. MÉRAY.
RÉSULTATS
NOMBRES CURIEUX
M. Badoureau, ingénieur des Mines, donne les nombres suivants, dans
son livre _Les Sciences expérimentales en 1889_: l'aile de la mouche
peut faire 230 révolutions par seconde.--La vitesse des trains atteint
quelquefois 30m par seconde et approche de la vitesse maximum des
hirondelles.--Le zéro absolu serait à -273°: on n'a pu refroidir aucun
corps jusqu'à cette température.--L'homme brûle actuellement 400
millions de tonnes de charbon par an.--La distance des deux molécules
voisines d'eau liquide est de un millième de micron (Tait).--Ne
produisent de la lumière que les vibrations d'éther dont la durée est
comprise entre 1/394 et 1/758 de trillionième de seconde.--Nous voyons
des corps situés à 100 quintillions de mètres.--Le nombre des
molécules dans un mètre cube de charbon, à la surface de la Terre,
comprend 26 ou 27 chiffres.
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PATIENCE
Un américain a consacré, pendant trois ans, huit heures par jour à
compter les versets, mots et lettres de la Bible. Il a trouvé 31.175
versets, 773.692 mots, 3.556.480 lettres, 6.855 fois le nom Jehova,
46.227 fois la conjonction _et_, etc.
Les Musulmans ont, de leur côté, un tel respect pour le Koran qu'ils
savent jusqu'au nombre des mots et même des lettres qui le composent:
77.639 mots et 323.015 lettres.
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UN COMPTEUR
Un homme qui consacrerait sa vie à énoncer ou à écrire la suite des
nombres atteindrait à peine un milliard: le temps lui manquerait pour
aller plus loin.
Notre dette publique exige 1.292.319.475 francs par an sur un
budget qui s'élève à trois milliards onze millions neuf cent
soixante-quatorze mille huit cent vingt-huit francs.
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PYRAMIDES
La grande pyramide carrée présente des particularités qui supposent
une science avancée(?)
Chaque face triangulaire est équivalente au carré de la hauteur de la
pyramide.
La section méridienne est à l'aire de la base dans le rapport de 1 à
[¯pi¯].
Son poids est à celui de la terre dans le rapport de 1 à 10^{15}.
Elle est exactement orientée suivant le méridien et le parallèle à 30
degrés.
Elle contient les éléments de la distance de la terre au soleil, etc.,
etc.
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LOXODROMIE
Les navigateurs ne suivent pas le plus court chemin sur la sphère, qui
est l'arc de grand cercle entre les points extrêmes, mais la courbe
appelée _loxodromie_ qui coupe tous les méridiens sous le même angle
et qui est figurée par une droite sur la carte marine: ce qui permet
de diriger facilement le navire.
Cependant sur les bateaux à vapeur, on réalise une économie de charbon
en suivant l'arc de grand cercle.
La raison commerciale l'emporte ainsi sur la raison démonstrative.
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CALENDRIER
Le bourgeois gentilhomme de Molière demandait à son maître de
philosophie de lui enseigner le calendrier. Ce n'est pas si simple
qu'on croit et on peut consulter sur le sujet une notice scientifique
d'Arago.
Lorsqu'en 1582, le pape Grégoire XIII fit sa célèbre réforme, les
protestants résistèrent d'abord, préférant, a-t-on dit, être en
désaccord avec le soleil que d'être d'accord avec le pape.
On craignait des objections populaires, lorsqu'en 1816 le temps moyen
fut substitué au temps vrai pour les horloges et les montres, mais la
réforme passa inaperçue.
Ne réglez pas votre montre sur un cadran solaire. Il obéit au soleil
et marque le temps _vrai_, tandis que nos horloges marquent le temps
_moyen_: l'écart peut atteindre vingt minutes.
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ÉQUATION DU 45e DEGRÉ
Un fait qui se rattache à la vie scientifique de Viète, et que je vais
vous raconter, révèle en même temps l'estime dont Henri IV honorait
son savant conseiller. Ce roi montrait, un jour, à Fontainebleau, à un
ambassadeur de Hollande, les splendides et coûteuses curiosités du
palais, et l'entretenait en même temps de quelques-unes des célébrités
de son royaume. L'ambassadeur se permit de faire sur ce dernier sujet
une réserve aux éloges du roi: «Sire, dit-il, vous n'avez pas
cependant ici de mathématicien. Un géomètre flamand, nommé Adrien
Romanus, vient de publier un ouvrage dans lequel il défie tous les
savants de l'Europe de résoudre un problème qu'il leur propose, et de
tous les mathématiciens de notre temps cités dans son livre, je n'en
ai trouvé aucun qui fût français.»--«Si fait, si fait, répondit
vivement le roi, nous en avons un excellent; qu'on aille quérir M.
Viète.» On soumit à notre savant qui avait suivi la cour à
Fontainebleau, le problème de Romanus. Pour tout autre que le savant
et érudit Fontenaisien, l'énigme eût été embarrassante. Il ne
s'agissait de rien moins que de résoudre une équation du 45e degré,
renfermant 24 termes dont l'un est arbitraire et dont les autres sont
multipliés par des nombres, la plupart de neuf chiffres, c'est-à-dire
de plusieurs centaines de millions d'unités.
Viète, après avoir examiné attentivement cette équation, eut le
plaisir de retrouver une ancienne connaissance. C'était une des
nombreuses équations auxquelles donne lieu la division des arcs de
cercle en parties égales. Il aperçut aussitôt la solution qui faisait
seule l'objet du problème d'Adrien Romanus...
... Mais ce qu'il y eut de plus piquant, fut la remarque de Viète que
ce problème admettait vingt-deux autres solutions auxquelles le bon
Romanus n'avait pas songé.
ALLEGRET.
¤ ¤ ¤ ¤ ¤ ¤
STATISTIQUE FUNÈBRE
Il meurt un être humain par chaque seconde, sur l'ensemble du globe
terrestre, soit 86.400 par jour, soit environ 31 millions par an, ou
plus de 3 milliards par siècle.
¤ ¤ ¤ ¤ ¤ ¤
UNIFICATION DE L'HEURE
On a distribué à la Chambre des députés un projet de loi, contresigné
par tous les ministres, ayant pour objet l'adoption de l'heure, temps
moyen de Paris, comme heure légale en France et en Algérie. C'est, en
langage vulgaire, l'unification de l'heure sur toute l'étendue du
territoire français, en Corse et en Algérie, que propose le
gouvernement.
La diversité des heures, dit l'exposé des motifs, se justifiait à une
époque où la vie locale était prédominante, où les relations
extérieures ne comportaient pas les mêmes exigences que de nos jours,
où, du reste, les moyens pratiques d'avoir rapidement l'heure de la
capitale eussent fait défaut. Le développement du commerce et de
l'industrie, l'établissement des lignes télégraphiques et des chemins
de fer ont désormais rendu inévitable l'adoption de l'heure unique.
Déjà, tout ce qui tient aux relations par lettres ou par télégrammes,
c'est-à-dire presque toute la vie active, a continuellement besoin et
se sert de l'heure de Paris. L'administration des postes et
télégraphes règle les pendules ou cartels de tous ses établissements
d'après l'heure, temps moyen de Paris. Cette heure est transmise, au
début de la journée, dans les bureaux télégraphiques et les bureaux
mixtes. Elle est prise aux horloges des gares de chemins de fer et
portée par des courriers aux bureaux de poste non pourvus de
télégraphes. Il en résulte que la plupart des agglomérations ont les
plus grandes facilités à avoir l'heure, sans observations, sans
cadrans solaires et sans calculs.
D'ailleurs, l'unification horaire est adoptée déjà par de nombreuses
villes et le monde savant réclame instamment cette réforme qui a fait
l'objet de voeux émanant d'associations scientifiques et du bureau des
longitudes.
L'exposé des motifs fait remarquer que cette modification sera à peine
sensible sur la plupart des points du territoire et que l'inconvénient
passager qu'elle présente aura pour contrepoids des avantages positifs
qui le compenseront largement. Il répond au surplus à la principale
objection par l'observation très judicieuse qui suit:
Quant à l'objection qu'après la réforme le midi légal ne coïncidera
plus jamais avec le passage du soleil au méridien, on ne voit pas en
quoi ce nouveau midi, milieu du jour, perd à ne point s'accorder avec
la culmination du soleil. Ce phénomène astronomique n'arrive à Paris à
peu près à midi que _quatre fois par an_, au moment où l'équation du
temps s'évanouit, et ce ne sera point la différence de hauteur du
soleil à ce moment qui pourra, sans instruments, indiquer la
modification survenue dans l'heure du lieu. Il n'y aurait de réelle
objection que si l'adoption de l'heure unique devait modifier la
régularité de la vie agricole, le soleil réglant d'ordinaire les
travaux des champs. Mais cette régularisation de la journée par le
soleil n'est pas absolue; le paysan n'a besoin de l'heure qu'à une
demi-heure près; il se lève même, l'été, avant que le soleil paraisse,
et les changements apportés à ses habitudes ne seront pas
appréciables.
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Voici l'article unique de la loi promulguée le 14 mars 1891:
«L'heure légale en France et en Algérie est l'heure temps moyen de
Paris.»
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ANCÊTRES
Des esprits peu réfléchis se doutent-ils qu'il n'est pas un de nous à
la 20e génération par exemple, qui n'ait 1 048 576 ancêtres? Ce simple
calcul, très connu dans la doctrine de la consanguinité, établit
véritablement cet étonnant résultat. Tout le monde peut s'en
convaincre par une progression géométrique dont le premier terme est 2
et qui doit toujours croître en raison double, puisque chaque individu
a deux premiers ancêtres, son père et sa mère, qui doivent aussi le
jour à deux personnes. Cette progression est donc [÷÷] 2, 4, 8, 16,
32, 64, 128, 256..., etc. On trouvera, en la suivant, que chaque homme
a, dans le vingtième degré de parenté ou la vingtième génération, un
million quarante-huit mille cinq cent soixante et seize ancêtres.
Cette combinaison a été donnée pour exacte dans un ouvrage de
Mirabeau. _Lett. de cachet_, p. 281.
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FIL DE SOIE
Un curieux a fait le calcul ci-après, qu'il est peut-être peu facile
de vérifier.
--La ville de Lyon consomme annuellement un million de kilogrammes de
soie montée ou tordue de différentes manières. Il faut quatre cocons
pour produire un gramme de soie; la consommation lyonnaise en absorbe
donc à elle seule 4 milliards 200 millions. La longueur du fil de soie
d'un cocon est en moyenne de 500 mètres. Les quatre milliards 200
millions filés annuellement pour l'industrie lyonnaise formeraient
ensemble, d'après cela, un fil de 2100 milliards de mètres ou 2
milliards 100 millions de kilomètres.
Cette longueur fait quatorze fois la distance de la terre au soleil,
et 5494 fois celle de la lune à la terre. Elle ferait aussi 52505 fois
le tour de la terre sur l'équateur, et 200 mille fois le tour de la
lune.
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MORTS
Un oisif a calculé que depuis la création du monde, il est mort 26
quatrillions 628 trillions 843 billions 285 millions 75 mille 840
individus de l'espèce humaine. Nous récrivons ci-dessous ce grand
nombre:
26 628 843 285 075 840.
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THÉORÈME MILITAIRE
Deux troupes s'équivalent quand le produit de leur coefficient
mécanique par leur courage et par le carré de leur effectif est le
même.
STÉPHANOS.
Le courage est-il une grandeur mesurable?
FANTAISIES
LA SAVANTE
Vous devriez....
M'ôter, pour faire bien, du grenier de céans,
Cette longue lunette à faire peur aux gens,
Et cent brinborions dont l'aspect importune:
Ne point aller chercher ce qu'on fait dans la lune
Et vous mêler un peu de ce qu'on fait chez vous,
Où nous voyons aller tout sans dessus dessous.
MOLIÈRE.
¤---¤---¤
Elle résout d'un mot, en plaçant sa fontange,
Ces grandes questions qui terrassent Lagrange.
On voit sur sa toilette un Euler, un Pascal,
Salis et barbouillés de rouge végétal.
Elle trouve en Newton je ne sais quoi d'aimable
Et l'algèbre a pour elle un charme inexprimable.
Le soir dans un donjon, d'un regard curieux,
Au bout d'une lunette interrogeant les cieux,
Son oeil observateur y poursuit la comète;
Lalande tous les ans lui vole une planète.
COLNET.
¤ ¤ ¤ ¤ ¤ ¤
UN OUBLI
Le régiment d'artillerie en garnison dans notre ville est parti pour
les grandes manoeuvres, _en oubliant d'emporter les trajectoires_.
(_Extrait d'un journal de Toulouse,
lors de la guerre de Tunisie_.)
¤---¤---¤
D'après J. Janin: M. Arago, l'oeil à la lunette, voit la planète
décrire, _à la fois_, les deux axes de son ellipse.
¤ ¤ ¤ ¤ ¤ ¤
VENGEANCE
Tout le monde a entendu parler des automates de Vaucanson, des joueurs
de flûte, de tambourin ou d'échecs; des canards qui barbottaient,
avalaient le grain et le digéraient, etc. L'ingénieur mécanicien
inventa aussi des machines pour la fabrication des soieries de Lyon,
mais les ouvriers s'ameutèrent contre lui. Il répondit en construisant
un âne qui exécutait une étoffe à fleurs.
¤ ¤ ¤ ¤ ¤ ¤
NEPTUNE
On cite quelquefois ce vers de Lemierre, poète oublié,
Le trident de Neptune est le sceptre du monde.
Ce vers (solitaire) a été appliqué à l'astronome Le Verrier, tout
puissant sous le second empire. C'était un savant illustre, le
continuateur de Laplace: on lui a élevé une statue dans la cour de
l'Observatoire de Paris.
¤ ¤ ¤ ¤ ¤ ¤
MADRIGAL ALGÉBRIQUE
Sans doute vous serez célèbre
Par les grands calculs de l'algèbre,
Où votre esprit est absorbé:
J'oserai m'y livrer moi-même;
Mais, hélas! A + C - B
N'est pas = à je vous aime.
VOLTAIRE.
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PLUS QUE PROBABLE
Un bonhomme, ayant rêvé qu'il gagnerait un terne à la Loterie,
consulte un ami sur le choix du numéro. L'autre est d'avis qu'un fou
pourra, sur ce point, donner un bon conseil. Ils vont aux
Petites-Maisons. Le pensionnaire les écoute attentivement, puis il
écrit un chiffre sur un bout de papier... et l'avale. «Revenez demain,
dit-il, je vous assure que le numéro sera sorti.»
¤ ¤ ¤ ¤ ¤ ¤
VIEUX REFRAINS
Te souvient-il alors
Du théorème de Taylor?
Nous n'y vîmes tous deux
Que du feu.
Par des témoins je me suis laissé dire
Que parfois Sturm et le bon Gérono
Allaient chercher, pleins d'un charmant délire,
Un théorème au fond d'un vieux tonneau.
¤ ¤ ¤ ¤ ¤ ¤
DIPLOMATIE ET POLITIQUE
Quelques-uns affirment encore, dit en souriant le diplomate, que le
plus court chemin est la ligne droite. N'en croyez rien, mon jeune
ami.
¤ ¤ ¤ ¤ ¤ ¤
LES MODÉRÉS
Deux et deux font quatre, assure l'un; l'autre réplique avec énergie
que deux et deux ne font que trois; l'homme du juste milieu conclut
que deux et deux font trois et demi.
¤ ¤ ¤ ¤ ¤ ¤
SOURD PARLANT
La Condamine est aujourd'hui
Reçu dans la troupe immortelle;
Il est bien sourd,--tant mieux pour lui!
Mais non muet,--tant pis pour elle.
PIRON.
¤ ¤ ¤ ¤ ¤ ¤
ZÉRO ACADÉMIQUE
Quant Labruyère se présente
Pourquoi faut-il crier haro?
Pour faire un nombre de quarante
Ne fallait-il pas un zéro!
Variante:
Trente-neuf joints à zéro,
Si j'entends bien mon numéro,
N'ont jamais pu faire quarante;
D'où je conclus, troupe savante,
Qu'ayant à vos côtés admis
Cottin, cette masse pesante,
Le digne cousin de Louis,
La place est encor vacante.
Dans le même ordre d'idées, on peut citer ce madrigal de Boufflers à
Mme de Staël:
Je vois l'Académie où vous êtes présente;
Si vous m'y recevez, mon sort est assez beau.
Nous aurons à tous deux de l'esprit pour quarante,
Vous comme quatre et moi comme zéro.
Les variantes sont nombreuses:
Ils sont là quarante qui ont de l'esprit comme quatre.
N'oublions pas le distique de Fontenelle:
Sommes-nous trente-neuf, on est à nos genoux,
Et sommes-nous quarante, on se moque de nous.
¤ ¤ ¤ ¤ ¤ ¤
TIERS ET DEMI
Quel est le tiers et demi de cent?
C'est cinquante, puisque le tiers d'une chose plus la moitié de ce
tiers, c'est tout simplement la moitié de la chose.
¤ ¤ ¤ ¤ ¤ ¤
AMUSETTES
1º [¯pi¯] est incommensurable, en effet: vache = [¯bêta¯][¯pi¯]; d'où
vachel = [¯bêta¯][¯pi¯]_l_; changeant l'ordre des facteurs, cheval =
[¯bêta¯][¯pi¯]_l_; d'où [¯pi¯] = cheval/[¯bêta¯]_l_=cheval/oiseau.
2º bouteille 1/2 pleine = bouteille 1/2 vide, d'où, en divisant les
deux membres par 1/2, bouteille pleine = bouteille vide.
3º 10 centimes = 2 sous; d'où, en élevant au carré, 100 centimes ou un
franc = 4 sous.
4º Pour peupler un colombier, il suffit de décrire une circonférence
avec un jonc pour rayon; en effet, on a ainsi: deux pigeons.
5º Dire l'étendue et le prix d'un champ où du champagne a été bu à
minuit par trois cardinaux.--Réponse: 1 hectare, 7 ares, 3 centiares.
6º Si six scies scient six cigares, six cent six scies scient six cent
six cigares: ce n'est plus une règle de trois, c'est une règle de six
ou de scies.
7º Trois joueurs jouent ensemble toute une nuit. Après la dernière
partie, il se trouve qu'ils ont gagné chacun 20 fr.--C'étaient trois
joueurs de violon.
8º Obtenir le nombre 21 avec trois villes de France et seulement 20
en ajoutant une quatrième.--Troyes, Foix, Cette, Autun.
Etc., etc.
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BON PLACEMENT
«Voilà de l'argent bien placé!» s'écria le duelliste, en sentant la
balle s'aplatir sur une pièce de cinq francs, placée dans la poche de
son gilet.
MÉRY.
¤ ¤ ¤ ¤ ¤ ¤
SPECTACLE TOURNANT
Quelquefois, par exemple, je me figure que je suis suspendu en l'air,
et que j'y demeure sans mouvement, pendant que la terre tourne sous
moi en vingt-quatre heures. Je vois passer sous mes yeux tous ces
visages différents, les uns blancs, les autres noirs, les autres
olivâtres. D'abord ce sont des chapeaux, et puis des turbans, et puis
des têtes chevelues, et puis des têtes rasées; tantôt des villes à
clocher, tantôt des villes à longues aiguilles qui ont des croissants,
tantôt des villes à tours de porcelaine, tantôt de grands pays qui
n'ont que des cabanes; ici de vastes mers, là des déserts
épouvantables; enfin toute cette variété infinie qui est sur la
surface de la terre.
FONTENELLE.
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OISEAUX
De six oiseaux, en tuant trois, combien en demeure? Il n'en demeure
aucun, les autres s'enfuient.
TABARIN.
¤ ¤ ¤ ¤ ¤ ¤
JOUETS MATHÉMATIQUES
E. Lucas nous a encore donné récemment la Fasioulette, la Pipopipète,
la Tour d'Hanoï, l'Icosagonal et l'Arithmétique diabolique. C'est
drôle et instructif.
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X, Y ET Z