De plus, elle leur fera faire des conferences, tantôt sur ce qu'elle

leur aura expliqué, tantôt sur quelque vertu dont elle connoîtra

qu'elles ont besoin; dans un tems sur l'extirpation de quelque vice, &

une autre fois sur la méditation passée, ainsi qu'elle jugera pour le

mieux.

Puis après elle leur fera faire quelques exercices corporels par la

maison; ou bien elle les fera travailler selon l'ordre que la Mere aura

donné, observant les heures du Choeur, & les tems de la meditation avec

les autres.

Et après la récreation, & l'examen du soir, ayant premierement demandé

la benediction à la Maîtresse, elles s'en iront reposer, se recommandant

à la bienheureuse Vierge, en récitant un _Ave Maris Stella_; avant que

de se mettre au lit, la priant de leur obtenir la benediction de son

très-cher Fils, & de leur donner la sienne.

Comme elle les doit instruire à la pratique des Coutumes Religieuses.

Chapitre XXVI.

Qu'elle ait soin de leur faire bien comprendre la grace que Dieu leur a

accordée de les retirer de la bassesse & de la corruption du monde, & de

les élever à la noblesse de l'état Religieux, & à la qualité d'épouses

de Jesus-Christ; & par consequent qu'elle les exhorte à quitter toutes

affections déréglées envers leurs parens, les aimant seulement avec

l'amitié que la charité bien ordonnée demande, ne se souciant point d'en

être visitées.

Qu'elle les exhorte à mépriser comme de la boüe toutes les richesses &

toutes les vanités mondaines, ne faisant aucun cas de ce qu'elles auront

quittées pour l'amour de Dieu, quand même elles auroient abandonnés tous

les royaumes du monde.

Et qu'elles évitent de parler des biens, ni des autres vanités qu'elles

auront laissé dans le monde, ni de peu estimer la moindre des Soeurs,

les reconnoissant toutes pour Epouses de Notre-Seigneur, lequel tient

comme fait à lui-même, ce qui leur est fait.

Qu'elle ait soin de les consoler & de les fortifier dans leurs

tentations; de corriger leurs défauts, & de leur ôter les mauvaises

habitudes qu'elles auront aporté du monde; de leur enseigner la

bienséance, & la façon d'agir convenable à des Religieuses; comme elles

doivent assister au Choeur avec une grande modestie & dévotion,

observant les ceremonies prescrites & à rester à table avec la politesse

Réligieuse.

Qu'elle leur aprenne à être humbles dans leur conversation, douces &

modestes, se taisant lorsqu'il n'est pas convenable de parler, à être

briéves en paroles, & à observer le silence aux tems ordonnés pour le

garder.

Qu'elles ne fuyent pas le travail, mais qu'elles y soient des premieres,

& qu'elles se portent volontiers à faire tous les exercices quelque bas

& viles qu'il puissent être pour l'amour & l'honneur de Notre-Seigneur,

lequel s'est si fort humilié, & a tant travaillé pour elles.

Qu'elles soient charitables envers toutes, principalement envers les

malades & mortifiées dans toutes leurs façons de faire. Bien instruites

des régles, des avis & des instructions qui sont donnés pour renoncer

aux vices, & pour acquerir les vertus; qu'elle les exhorte souvent à la

pratique de l'Oraison, à la dévotion envers la S. Vierge, à l'observance

des voeux, leur montrant combien ils sont importans, & qu'elle leur

fasse bien considerer ce qu'elles promettent, & tout ce que les

Constitutions prescrivent pour le regard des voeux.

Qu'elle ne permette à pas une Novice de servir une autre en quelque

chose que ce soit, & qu'entr'elles aucune familiarité ou amitié

particuliere ne prenne naissance.

Si elle s'aperçoit que quelque Novice soit attachée à quelques petites

choses, comme à un livre, à une image, ou reliquaire, ou autres

semblables objets, qu'incontinent elle fasse en sorte qu'elle lui soit

ôtée ou bien échangée contre une autre; lui enseignant combien il

importe pour la perfection, d'avoir un parfait détachement de toutes les

choses du monde.

Qu'elle aye soin que ses Novices ne fassent aucune mortification

publique sans la permission de la Mere. Quoique elle soit libre de leur

en donner au Noviciat avec la discretion & la prudence convenable.

Qu'elle les exerce souvent à l'anéantissement de leur propre volonté,

aux fonctions les plus basses de la maison, & à la parfaite observance

des régles communes & particulieres, leur faisant quitter quelque chose

que ce soit, commencée & non achevée pour pratiquer l'obéissance. Leur

montrant de quelle importance est cette sainte vertu. Et qu'elles ne

doivent pas se contenter seulement de faire promptement & entierement

les choses exterieures qui leur sont commandées; mais encore qu'elles

les doivent faire volontiers & de tout leur coeur. Et de plus obéir avec

simplicité, soumettant leur propre jugement à celui des Superieures,

pensant toujours que ce que la Superieure commande est le meilleur,

quand on n'y voit aucun peché manifeste, ayant continuellement Dieu en

vûë pour l'amour duquel elles obéissent.

Qu'elle soit soigneuse de les fonder principalement dans la sainte

humilité, leur faisant exercer les plus bas & plus viles offices du

Monastere.

Leur faisant quelquefois dire en public leurs défauts par un autre,

qu'elles écouteront en silence, quoiqu'elles se sentissent toucher en

quelque chose qui ne leur semblât pas véritable, demandant pardon à

toutes après la reprehension, remerciant la Soeur qui les aura reprises,

& lui baisant les pieds.

Qu'elles parlent à genoux à la Mere Prieure jusqu'à ce qu'elle leur ait

permis de se lever. Et qu'elles s'accoutument à lui découvrir leur

coeur, & à la Maîtresse avec une grande sincerité pour la gloire de

Dieu, & de sa sainte Mere, comme faisant un acte de grande humilité, de

mortification & de grand profit pour elles-mêmes, afin qu'elles soient

mieux, & plus assurément conduites & aidées.

Lorsque quelqu'une tombera dans quelque faute que la Maîtresse ne s'en

trouble pas, ni ne s'en étonne point, mais agissant avec douceur &

amour, qu'elle l'exhorte à quitter tel défaut, & à exercer la vertu

contraire, plûtôt en vûë de plaire à Notre-Seigneur son Epoux, & à sa

très-sainte Mere, que pour d'autre fin, celle-ci étant plus haute, plus

noble, plus méritoire & plus efficace pour bien faire toutes choses, &

avec plus de facilité, que toute autre; puisque l'amour surmonte toutes

les difficultés.

Lorsque quelqu'une sera trop fervente, & remplie de trop grands désirs,

elle la retiendra avec prudence autant qu'il sera nécessaire, la

renvoyant souvent à la Mere Prieure.

Et encore qu'elle l'avertisse souvent de la façon dont se comportent les

Novices, consultant avec elle sur les choses importantes, &

principalement lorsque quelqu'une sera tentée, afin qu'elle fasse prier

les Soeurs pour elle, sans la nommer, & que l'on lui donne les remedes

nécessaires en avertissant encore le Confesseur.

Dans le tems de la consultation pour la profession d'une Novice, qu'elle

n'y paroisse passionnée ni affectionnée; mais envisageant Dieu, qu'elle

dise son avis avec bonnes raisons, & non pas ce qu'elle voudroit selon

sa propre inclination parce que suposer à une Novice des vertus qu'elle

n'a pas par quelque affection particuliere; & au contraire par quelque

aversion, ou quelque mécontentement reçû par elle, l'accuser de ce qui

n'est pas, ce seroit un grand peché.

Et ce qui se dit de la Maîtresse se doit encore entendre pour les autres

Religieuses qui doivent donner leur voix pour la profession d'une

Novice.

Régles des Portieres.

Chapitre XXVII.

1. Il y aura deux Portieres, lesquelles assisteront à la porte, dont la

plus ancienne aura une des clefs; & lorsqu'il sera necessaire d'ouvrir

la porte, la seconde Portiere ira demander celle de la Mere Prieure, &

après s'en être servie elle la lui reportera.

2. Elles ne laisseront entrer aucune personne sans la permission par

écrit de l'ordinaire, remise premierement à la Mere Prieure, & après

avoir reçu d'elle sa permission.

3. Elles ne recevront que les choses qui ne pourront entrer par le tour,

selon que disent les Constitutions.

4. Quand le besoin obligera de faire entrer quelque homme, elles

donneront le signal avec la cloche avant qu'il entre, observant tout ce

qui est ordonné par les Constitutions.

Il est à propos qu'il y ait toujours doubles clefs, pour plusieurs cas

qui pourroient survenir; comme d'être rompuës ou perduës, & elles seront

telles, qu'elles ne puissent ressembler à d'autres ou facilement être

contrefaites.

5. Elles ne laisseront aller à la porte aucune des Soeurs sans la

permission expresse de la Mere Prieure.

Régles de la Procureuse.

Chapitre XXVIII.

1. Elle recevra tous les deniers du Monastere sous quelque titre que ce

soit qu'ils viennent à la maison.

Et elle aura soin de recevoir, de payer & de pourvoir aux necessités du

Monastére, faisant tout par l'ordre de la Mere Prieure.

2. Il y aura trois clefs differentes à la caisse, dont la Mere en aura

une, la Sous-prieure l'autre, & la Procureuse la troisiéme. Laquelle

aussi aura trois livres, l'un pour demeurer dans la caisse, dans lequel

elle doit marquer l'argent qui entre, & qui sort de ladite caisse.

L'autre des dépenses journalieres du Monastere, qui s'apellera le

journalier. Et le troisieme dans lequel sera raporté combien on aura

dépensé en chaque espace de tems. 1. Pour le regard de l'Eglise. 2. Pour

l'infirmerie. 3. Pour les provisions de la nourriture. 4. Pour les

payemens & pour les dépenses de ceux qui servent au dehors, & pour les

gages, ou apointemens du Chapelain & du Clerc.

3. Elle rendra compte tous les trois mois à la Prieure, & à deux

Discrettes, de la recette, & de la dépense du Monastere, comme les

Constitutions ordonnent: & deux fois l'année elle en rendra compte en

presence du Chapitre.

4. Il y aura une personne pour acheter laquelle doit être devote, &

propre à cet emploi, sçachant écrire, & au besoin intelligente pour la

Sacristie, laquelle ne dépendra après la Mere, que de la Procureuse dans

ce qui concerne les achats.

5. Elle lui ordonnera ce qu'elle devra acheter, & lui donnera de

l'argent suffisamment, laquelle écrira sur le livre du Journalier la

dépense qu'elle aura faite. Et la Procureuse se fera donner tous les

soirs led. livre, ou bien de deux en deux jours, afin de le calculer &

arrêter.

6. Et quand il lui arrivera d'acheter quelque chose au tour, elle le

fera avec édification, parlant d'une voix basse, & avec modestie, ne

disputant point sur le prix, mais après avoir répondu une fois ou deux,

elle le prendra, ou bien elle le laissera. Et ce qu'elle aura acheté

elle le remettra aux Officieres, comme les choses de la bouche à la

dépensiere; & celles apartenantes au vêtir, à la Maîtresse du travail &

à la robiere selon leurs Offices, & ainsi envers toutes les autres

Officieres.

7. Elle aura l'oeil sur tous les besoins du Monastere; lorsque la saison

sera de faire provision de bled, de vin, d'huile, de fromage, & de

toutes autres choses qui se peuvent acheter en gros.

8. Et pour plusieurs occasions qu'elle a de parler au tour, on pourra

voir s'il est à propos qu'elle soit une des tourieres.

Régles des Tourieres.

Chapitre XXIX.

1. Celles qui seront destinées pour Tourieres, ne seront pas moins de

trois, dont deux y assisteront toujours.

2. Elles ne laisseront aprocher aucune Soeur du Tour, ni ne permettront

en cet endroit des entretiens, ni des paroles inutiles.

3. Elles expedieront diligemment les commissions avec édifications, &

avertiront la Mere, des presens, des aumônes & des autres choses qui

seront envoyées, & puis elles en feront ce que la Mere leur dira. Mais

pour les lettres elles les porteront toujours à la Mere.

4. Dans les tems que l'on ne peut pas parler aux Soeurs, elles

congedieront modestement chacun, les contentant & les satisfaisant.

5. Pas une ne fera de commission de personne de dehors à aucune de la

maison, ni de personne de la maison à aucun de dehors sans la permission

de la Superieure.

6. Et quand on parlera au tour une d'elles y sera toujours pour entendre

tout ce qui se dira.

7. On n'avertira aucune des Soeurs pour aller au Tour sans l'expresse

permission de la Mere Prieure, observant parfaitement tout ce qui est

ordonné par les Constitutions.

Régles des Assistantes au parloir.

Chapitre XXX.

1. Il y aura deux ou trois assistantes, lesquelles seront des personnes

meures & sages; l'une d'elles assistera toujours aux discours que les

Religieuses (avec la permission necessaire) tiendront aux personnes de

dehors, faisant en sorte de bien entendre tout ce qui s'y dit, & qui s'y

traite, afin de le raporter à la Mere. Et si les Ordonnances seront bien

observées.

2. Elles ne manqueront pour aucun égard à bien faire leur office.

3. Et elles prendront garde de rompre toujours les discours quand on

fera le signal de l'Office, ou bien de quelqu'autre action commune,

auquel il est nécessaire de se trouver.

Régles de la Maîtresse du travail.

Chapitre XXXI.

1. La Maîtresse du travail doit être fort zelée pour assister les

pauvres Eglises, se representant que Notre-Seigneur y habite dans une

grande pauvreté, comme autrefois dans l'étable où il naquit, ayant

besoin de couvertures & de quelques petits drapeaux, qu'il la prie elle

& ses compagnes de lui vouloir fournir avec le travail des mains que

lui-même leur a donné, & qu'elles considerent la singuliere faveur qu'il

leur fait, de vouloir que par leur moyen sa divine Majesté soit

couverte, laquelle couvre le Ciel d'étoiles, la terre de tant de belles

& diverses fleurs, & tous les Anges & les Saints de gloire.

Et par consequent elle aura un soin singulier de tout ce qui est

necessaire pour travailler aux Corporaux, & aux Purificatoires destinés

pour les Eglises jusques à ce qu'ils soient entierement achevés pour les

donner à Monseigneur l'Illustrissime Archevêque, faisant en sorte qu'il

y ait toujours du lin pour filer, & lorsque toutes ne le pourront pas

faire pour être occupées à quelqu'autre travail de la maison, qu'il y en

ait au moins toujours quelques-unes, & le plus qu'il sera possible

(conformément au Jugement de la Mere Prieure) qui soient occupées à cet

Office.

2. Elle aura encore soin des ouvrages que l'on fera pour l'usage de

notre Eglise, prenant garde que l'on n'excede en rien ce qui est

prescrit à cet égard dans nos Constitutions, estimant qu'il est de la

plus grande gloire de Dieu d'observer la modestie propre à notre

Institut, en vûë d'honorer la pauvreté que Notre-Seigneur Jesus-Christ,

notre Epoux, embrassa en toutes choses, & pour mortifier notre

inclination qui nous porte toujours aux choses hautes & les plus

honorables aux yeux du monde, quoique quelque fois elle soit couverte du

prétexte de la plus grande gloire de Dieu.

3. Les ouvrages qui seront faits pour l'usage de la maison seront à ses

soins, & elle donnera avis du necessaire prévenant les tems, afin que

rien ne vienne jamais à manquer, conferant de tout avec la Mere; elle

aura encore soin de rapiecer les vêtemens, tant ceux d'esté, que ceux

d'hyver, ôtant ceux qui seroient trop vieux, & en faisant de neufs quand

il sera besoin; ne donnant pourtant rien de neuf sans l'ordre de la Mere

Prieure.

4. Et s'il arrive que la pauvreté contraigne à travailler pour les

personnes de dehors, elle recevra elle-même les ouvrages, les rendra, &

en recevra le prix en argent, marquant le tout ainsi qu'il convient sur

un livre fait exprès à cet effet, & remettra l'argent à la Procureuse,

comme les Constitutions ordonnent.

Régles de l'Infirmiere.

Chapitre XXXII.

1. L'Infirmiere doit être très-charitable, prudente, diligente,

patiente, joyeuse & de bonne santé, avec une ou plusieurs compagnes sous

elle, ainsi que la Mere jugera être necessaire.

2. Elle aura un grand soin des Infirmes, des Convalescentes, des Foibles

& des Vieilles, comme disent les Constitutions.

3. Quand on donnera le signal pour faire entrer le Medecin, elle s'y

trouvera presente avec la Mere Prieure, ou bien avec la Sous-Prieure,

afin de prendre garde à tout ce qui sera necessaire.

Elle aura encore soin de tout ce qu'il ordonnera pour ce qui concerne

les malades, tant par raport aux recettes que l'on doit envoyer à

l'Apoticaire, comme pour les ordonnances qu'il laissera pour la façon de

vivre & pour le gouvernement des infirmes, faisant en sorte que le tout

soit bien accompli & au tems convenable. Elle prendra garde que pas une

ne consulte le Medecin sans la permission de la Mere Prieure.

4. De même elle aura soin que les lits soient bien accomodés, & les

chambres bien nettes, avec les bonnes odeurs dont quelquefois il est

besoin.

5. Elle tiendra les infirmes joyeuses & dévotes, avec quelque livre

spirituel qui sera toujours prêt à l'Infirmerie. Leur faisant observer

les ordres du Médecin. Ne les laissant point lever sans permission,

quand il y aura du doute que cela leur pourroit nuire; & elle en aura

soin jusqu'au tems qu'elles seront remises avec la Communauté, selon le

jugement de la Mere Prieure.

Elle sçaura d'elle quelles Soeurs elle doit apeller pour visiter les

Infirmes; & que l'on prenne garde d'y parler avec édification, & de

choses qui puissent réjoüir la malade, & que ce soit d'une voix basse

afin de ne la point incommoder par le bruit & par le trop de paroles.

6. Lorsque l'infirmité sera dangereuse, elle fera en sorte avec la Mere

Prieure que tous les Sacremens soient administrés à la Malade à propos.

7. Et si la maladie étoit contagieuse, elle verra avec la Mere Prieure

comment elle & ses compagnes se doivent comporter, & qu'elle ne soit pas

indiscrette à prendre plus grande peine qu'elle ne peut porter, afin de

conserver sa santé, procurant les aides suffisantes, principalement

quand on en doit veiller quelqu'une jour & nuit.

Elle aura soin avec ses compagnes du corps mort jusqu'à ce qu'il soit

porté au Choeur.

Régles de la Sacristine.

Chapitre XXXIII.

1. Le devoir de la Sacristine est d'être fort dévote, en maniant des

choses benites, & qui sont dévoüées au Très-Saint Sacrement; &

conjointement amie du silence, ne parlant avec les Ministres de

l'Eglise, que lorsqu'il sera nécessaire & avec la modestie convenable.

2. On mettra ordre autant qu'il sera possible que la Sacristine ne parle

seulement qu'à celui qui aura soin de la Sacristie où les Prêtres

s'habillent, ou bien à quelqu'autre qui sera nécessaire, & qui lui sera

assigné par la Mere.

3. L'Office de la Sacristine sera d'avoir soin de tous les ornemens, &

de tout ce qui apartient à l'Eglise. C'est pourquoi lorsqu'elle entrera

en office elle les recevra par maniere d'inventaire, & de la même

maniere elle les remettra à celle qui lui succedera. Elle aura un livre

où tout sera écrit, & où elle écrira ce que elle aura acquis de nouveau

pour l'Eglise avec le jour & l'année, effaçant celles qui par leur

vieillesse ne pourront plus servir à cet usage.

4. Pour ce qui est des Messes ou autres choses, elle ne fera ni

ordonnera rien à l'insçu de la Mere.

5. Elle fera en sorte autant qu'il lui sera possible que Notre-Seigneur

soit servi avec propreté, tenant tous les ornemens de l'Autel, & ceux

des Prêtres nettement, & bien accommodés; changeant souvent les

Corporaux & les Purificatoires, lavant ceux qui auront servi après

qu'ils auront été lavés la premiere fois par quelque personne qui soit

_in Sacris_.

6. Elle aura soin que tant pour les ornemens, comme pour les Chasubles,

les Etoles & les Manipules des Prêtres, il y en ait suffisamment, & que

l'on mette au tems convenable les couleurs canoniques. Sçavoir le blanc,

le rouge, le vert, le violet & le noir, tant pour les fêtes comme pour

les jours de ferie.

7. Tous les matins elle donnera les Ornemens, avec le vin, & l'eau

fraichement tirés peu auparavant, prenant garde que tout ce qu'elle

donnera soit très-net.

8. Elle aura soin que le Clerc tienne la lampe allumée devant le

Très-Saint Sacrement. Qu'il y ait de l'eau benite à l'Eglise & dans la

maison, dans les chambres des Religieuses & autres endroits; & que tous

les ans à Pâques les saintes Huiles soient renouvellées pour les

Agonisantes.

9. Elle aura aussi soin de sonner ou de faire sonner dans leur tems, les

Offices Divins, conformément à l'ordre de la Mere Prieure. Et de faire

souvenir de l'intention pour laquelle on doit prier ou faire d'autres

dévotions selon l'ordre que la Mere lui donnera; & s'il est nécessaire

de mettre au Choeur une liste ou quelque avertissement, elle le fera.

10. Lorsque quelqu'une des Religieuses sera à l'agonie, elle aura soin

que l'on prie continuellement, & que tous les secours spirituels

ordonnés pour celles qui sont en cette extrêmité, lui soient administrés

par ordre, si la Mere Prieure n'en donne pas soin à quelqu'autre. Et

après qu'elle sera morte la Sacristine aura encore soin de tout ce qui

apartient aux obséques & à la Sépulture. Et que l'on fasse pour elle les

suffrages accoutumés.

11. Et parce que lorsque les Religieuses se confessent, il est

nécessaire ordinairement qu'il y ait un arrangement entr'elles donnés

par la Mere Prieure, pour sçavoir celle qui y doit aller la premiere, &

celles qui la doivent suivre, elle aura soin de le faire observer, & de

ne laisser aller aucune au Confessional sans permission si ce n'est

celle qui sera assignée pour se confesser à cette heure là.

12. Quant à ce qui est de préparer le monument de la semaine sainte,

elle fera attention de n'emprunter que le moins qu'il lui sera possible,

faisant quelques choses qui sentent la modestie & le recueillement, &

qui soit propre pour exciter les coeurs à la dévotion, sans y mettre

divers ornemens qui ne servent qu'à donner de la distraction.

13. Elle aura soin que la fenêtre pour la sainte Communion soit toujours

fermée, & que la Mere en ait la clef: La prenant d'elle dans le tems de

la Communion. Comme aussi de porter tous les soirs à la Mere Prieure les

clefs de l'Eglise & celles des grilles, les reprenant tous les matins

dans le tems convenable. Elle aura encore soin de faire ouvrir l'Eglise

au dehors au tems que la Mere l'ordonnera, & de la faire balayer une

fois ou deux la semaine selon le besoin.

Régles de la Dépensiere.

Chapitre XXXIV.

1. La Dépensiere aura soin de tout ce qui est au Monastere concernant la

nourriture, excepté des fruits qui ne sont pas de garde (comme en été) &

du pain & du vin qui sont de l'Office, & au soin de la Refectoriaire.

2. Elle prendra tous les jours l'ordre de la Mere Sous-Prieure, si la

Mere Prieure ne donnoit le sien, sur ce qu'elle doit faire pour les

repas, tant pour les saines, comme pour les infirmes, ou de celles qui

auroient besoin de quelque particularité. Faisant qu'elles ayent toutes

ce qui leur est nécessaire, selon l'ordre des Superieures. Elle

assistera à la cuisine durant le service de la premiere table, & sa

compagne y sera pour la seconde, afin que toutes soient pourvuës.

3. Elle distribuera au Refectoire, à la cuisine, & à l'infirmerie tout

ce qui sera nécessaire; tenant les viandes sous la clef bien conservées

comme les biens de Jesus-Christ, les visitant souvent, afin que rien ne

se gâte, & distribuant le premier ce qui sera en danger de se perdre.

4. Elle conservera diligemment les restes pour les employer en ce que la

Mere ordonnera.

Régles de la Robiere.

Chapitre XXXV.

1. La Robiere doit avoir soin de tout le linge de la maison, des

linceuls, des couvertures de lit, & les choses semblables, comme disent

les Constitutions.

2. Et comme en entrant dans son office, elle doit recevoir le tout par

maniere d'inventaire, de même en sortant de l'Office, elle le doit

remettre de la même maniere à celle qui lui succedera, avec ce qui aura

été fait de nouveau durant le tems de son Office, & de même elle en

effacera ce qui ne pourra plus servir au jugement de la Mere Prieure.

3. Elle rangera dans un endroit à part le linge qui est pour le

Refectoire, dans un autre celui de la cuisine, ailleurs celui qui est

propre pour l'infirmerie, & dans un autre celui qui sera à l'usage de

chaque Religieuse.

4. Elle fera un nombre, ou une autre marque à toutes les chemises & à

tous les habits, selon la mesure qui convient aux differentes tailles,

afin de les trouver plus facilement; & pour cela elle les tiendra en tel

ordre qu'il lui soit aisé de les connoître, elle séparera les étoffes

d'avec le linge.

Quant à ce qui ne demande point de mesure particuliere, elle mettra le

tout ensemble; sçavoir tous les linceuls à la fois, toutes les napes, &

ainsi du reste.

Elle tiendra à part tout ce qui aura servi pour les maladies

contagieuses, afin que les autres n'en reçoivent point de dommage.

Regles pour les officieres du monastere de l'Annonciade, fondé à Genes l'année de notre Salut 1604 · 第 2 / 4 段